Nève, Études, p
DES ARTAS.
Cantiques et rites furent it^gués en môme temps d une génération à l’autre et se conservèrent dans leur intégrité, môme alors que le chef de famille eut perdu une partie de ses attributs sacerdotaux laissés d’abord au pourohita, l’ami et le conseiller du chef, dont les fonctions étaient héréditaires *, môme après que l’on eût distingué les adhvaryous, qui préparaient le sacrifice du ritvidj ou prêtre ordonnateur de la cérémonie, du hotri, de Youdgâtri, qui chantaient les hymnes*.
Telle fut la chaîne qui rattacha la société hindoue à cet état primitif où les hommes, groupés par tribus et par familles, erraient dans le Sapta-Sindhou, chantant les louanges de leurs dieux et sollicitant leurs bienfaits. Le respect religieux des traditions du culte était, aux yeux de l’Ârya, comme il est encore aux yeux de l’Hindou, la garantie de la protection divine : « In- « dra , tu as fait le bonheur de tes chantres anciens, « dit l’hymne védique*. » — « Je suis fort contre mes « ennemis, des chants que je tiens de ma famille et que « m’a transmis mon père Gotama, » s’écrie Vâmadéva
Ailleurs l’hymne développe davantage cette pensée. Craignant de voir coupée la chaîne de leur race, et souhaitant de conserver le pouvoir viril de leurs pères, ces chefs de famille veulent, par leurs libations, se concilier la faveur d’Indra et d’Agni *.
« J’ai récité, ô Agni, dit Viçvâmitra, ces anciens