Max Muller, ibid
DES AUYAS.
« pendant l’abondance ne suit pas ses efforts. La (vache) « magique (du sacrifice) ne donne point de lait. Il ente tend la (sainte) parole, mais elle est inféconde et sans « vertu.
« La (sainte) parole n’est point en celui qui trompe « ainsi les espérances d’un ami. S’il entend, ce n’est « que pour l’apparence. Mais il ne connaît point la « voie par où l’on arrive aux fruits.
« Les amis ont des yeux et des oreilles ; leur âme est « pour les œuvres, aveugle et sourde... Quand de tels « prêtres sont vos amis pour le service divin, quand (( pour des œuvres qui exigent une âme vive et sage, « vous n’avez que de pareils lacs (desséchés); les saintes « ordonnances sont violées, et les ministres du sacrifice « s’égarent dans leurs routes.
« Les malheureux qui ne vont ni avec les hommes ni « avec les dieux, ne sont point dignes de porter le nom « de prêtres, ni de verser la libation. Ils souillent la « (sainte) parole de leur (voix) pécheresse; les insensés « sont comme le tisserand qui voudrait faire sa toile « avec un contre.
« Tous les amis réunis pour le sacrifice se réjouissent « en voyant arriver les offrandes. Mais la libation qui « sent le péché n’est qu’un simple ornement qui ne « produit aucun effet. » Ainsi parle Vribaspati ‘.
Ou voit ici respirer le sentiment religieux et moral le plus pur. L’Arya se fait de la Divinité une notion qui sanctionne la morale , et d’un autre côté son Dieu n’est pas un juge inexorable; il est plein de commisé-
1. Riij-Véda, sccl. viit, lecl. 2, h. (0, t. IV, p. 69 cl 207.
LA RELIGION
ration et de douceur; il pardonne à la faiblesse humaine *. Tel est surtout le caractère de Varouna, spécialement préposé à la garde du monde moral En présence d’une pareille religion, où de la multiplicité des personnifications physiques jaillit l’idée de l’unité divine, où le dieu se montre plein de haine pour le péché, d’amour pour le juste, l’éminent auteur de Y Histoire de f ancienne littérature sanscrite proclame le védisme une véritable révélation®. Toutefois, cette morale si pure qu’accusent les versets de tant d’hymnes, ne fut pas toujours celle des pâtres aryas. Leurs désirs étaient souvent grossiers, leurs prières intéressées, ainsi que celles des charnels Hébreux. Ce qu’ils veulent surtout par la récitation de ces chants et l’accomplissement du sacrifice, c’est s’attirer la faveur des dieux. Et dans cette pensée ils s’attachent minutieusement à l’observation des rites transmis par leurs pères. « Les anciens qui nous ont précédés, « dit un chantre védique, en s’adressant à Indra, ô « dieu connu par tes exploits et invoqué par tous, ont « agi comme aujourd’hui et sont devenus tes amis. Ainsi « ont fait ceux du moyen âge, ainsi font les nouveaux; « je viens après eux; daigne penser à moi^. »
Ces idées sont le point de départ de la morale védique, comme de la morale de la plupart des populations primitives. L’homme même non policé a la
1. Il est plein de commisdrallon , même pour celui qui a commis le péchd, dit un hymne védique cité par Mu Huiler, o. c., p. 540.