Eginhard, Vita Karoli Alaqni, p. 33 (in-4», Lipsiœ
8. Annales Fuldenscs de Gestis Ludovici PU (anno 840), D. apud Bouquet.
9. Suivant Guillaume de Tyr (liv. Ylll, p. 459). à la prise de Jérusalem par les Croisés, les morts sortirent de leurs tombeaux comme au moment où le Christ expira sur la croix. Et il cile, parmi ces ressuscites, Aimar, évoque du Puy. qui apparut, suivant l'historien des Croisades, à un grand nombre de personnes. Pu(s il ajoute : « Et comme, lors de la résurrection du Seigneur, beaucoup de saints, ensevelis dans le sommeil, s'étaient relevés et avaient apparu à beaucoup de gens dans la cité sainte, de môme, au moment où les fldëles délivraient le lieu de la sainte résurrection des superstitions des gentils, il était digne d*un si grand événement que les anciens miracles fussent renouvelés, et que Pou crût voir ressusciter en esprit ceux qui s'étaient si religieusement consacrés au service du Seigneur, ressuscitant lui-mOnie une seconde fois. »
rhîstoire sacrée et les prodiges qui avaient signalé ravènement da christianisme. Tout nous montre la pensée de Dieu et du ciel, dominant les moindres œuvres de cette époque de naïve et crédule simplicité. D*ailleurs n'était-ce pas le moine, le clerc qui constituaient alors les seuls écrivains? Qu'y a-t-il d'étonnant que le sujet habituel de leurs méditations, de leurs études, se reflétât sans cesse dans leurs ouvrages? Partout reparaissaient à l'imagination Jésus et ses saints : cette image, Tesprit Taccneillait avec soumission et obéissance; il n'osaitpas encore envisager ces célestes pensées avec l'œil de la critique, armé de défiance et de doute ; au contraire, l'intelligence les acceptait toutes indistinctement et s'en nourrissait avec avidité. Ainsi s^accréditaient tous les jours de nouvelles fables. Une foi vive veut sans cesse de nouveaux faits qu'elle puisse croire, comme la charité veut de nouveaux bienfaits pour s'exercer. A peine si nous pouvons concevoir aujourd'hui un pareil besoin, aujourd'hui que l'esprit éloigne sans cesse, comme des erreurs, ce qu^ila longtemps cru comme des vérités. Ce mouvement intellectuel opposé s'explique par l'opposition de la conception de Dieuàcette époque etde nos jours. Actuellement l'idée de Dieu nous frappe davantage par sa divine simplicité ; j adis c'était dans la multitude des manifestations que l'on recherchait la même idée. Maintenant, c'est dans la permanence elFunité de ses lois que se montre l'Etre Suprême ; jadis c'était dans le nombre de ses prodiges et l'instabilité de ses volontés. Enfîn tout ce qui ne porte pas le caractère d'unité, de généralité, d'éternité, de raison, n'est pas Dieu pour nous : car ce sont là ses caractères, et là où ils n'existent pas, on est hors de Dieu. Jadis circonscrit à la terre, en vue do laquelle il avait créé l'univers, dans lequel elle n'est pourtant qu'un point ; modelé sur l'homme, mobile et passager comme lui dans ses volontés, adversaire de larai3on, qui était, pour ainsi dire, une ennemie dressée contre lui, tandis qu'elle en est le plus sublime attribut. Dieu différait radicalement du Dieu d'aujourd'hui. C'est que rintelligence de l'humanité, ainsi que celle de l'individu, se fortifie avec les
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années; à mesure qu'elle grandit, ses idées primitives et erronées, mais pourtant poétiques et touchantes, s'envolent une à une. Voilà rœu\n:*e du temps : il nous conduit à la vieillesse et à la froide réalité, hommes comme nations ; mais tout en déplorant la fuite de nos illusions, nous sentons le besoin de la vérité et nous la poursuivons sans cesse de nos travaux et de nos efforts.