G. Hermant, Vie de S. ÀmbroUe, liv. IV, c. 16, p
1 «Qui manducat meara carnem, habet vitam aeternani », Jean, VI, 55; XIII, '^' Cf. G. Lassus, Commentaire pkHosopfiique sur l'Évangile S. Jean, p. 258.
(^. VhWon, sanctorum legum Allegoria, lib. III, p. 120, t. 1, éd. Mangey, et ^- Augustin, in Joannem^ c. 0, tract. 26, 1. Cf. Vincentius Bellovaccnsis, Specu- ^^^ Hi$iorialef lib. XXVI, c. 97, de sapore et nutrimenlo verbi Del. — Sur un des 'Vitraux de l'abbaye de Saint-Denis, on voyait représenté, par une allégorie semblable, Tapôtre saint Panl occupé à tourner un moulin, et les prophètes ^PPoriaot des sacs de blé pour le réduire en farine. On lisait au-dessous cette •nscripiion :
Tollis agendo molam de f urfure, Paule, Farinam Mosaics legis intima nota facis : Fit de tôt granis verus sine furfure panis Porpeluuroquecibus nosteret angelicus.
Cf. Langlots, Euai historique descriptif sur la peinture sur verre, p. 138.
moyen âge. Cest dans cette métaphore qu'il faut aller chercher le sens de ces trois pains mystérieux, qui ont suffi à sainte Marie TÉgyptienne pendant quarante-huit ans S et sans doute aussi l'explication des faits analogues consignés dans les vies de saint Hugues de Grenoble', de saint Amoul', de saint Diègue^. Nous ne saurions voir non plus que le résultat d'une figure de langage mal comprise, dans le dogme, admis de bonne heure par les docteurs de l'Eglise, de la transsubstantiation. Le protestantisme se révolta, au nom de la raison humaine, contre cette idolâtrie grossière, qui transformait l'hostie en une véritable divinité, et ne voulut voir dans les paroles du Christ qu'une simple figure : « Quod si in isto sermone, » dit Zwingli, « hoc est corpus meuih vel hoc est sanguis meus metonymia est, nibil auferes, quam quod dicitur : Scyllam vitans in Charybdim cadis. Quum enim negare vis m est » pro <c significat » accipi, facis per metonymiam tuam, quod symbola ista, panis et vinum, non magis sunt ipsa caro et sanguis Ghristi, quam vinum et panis sunt ipsi Bacchus et Gères ^. » Le peuple ne tarda pas à aller plus loin, il voulut que les deux espèces devinssent un pain et une chair véritables, non seulement aux yeux de l'esprit, mais à ceux du corps, et il raconta phi s d'une fois le miracle du Saint- Sacrement transformé en pain et en chair réels ^.
L'argent qui se multiplia sous la main charitable de plus d'un saint, n'est-ce point encore la réalisation de cette idée chrétienne, que la charité multiplie les moyens? l'interprétation à la lettre de cette sentence morale, que l'homme a toujours de quoi donner? Ce miracle de la multiplication de l'argent, n'en sommes-nous pas tous les jours témoins, ne