‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 12 sur 251 · ET SA CHAIRE DU COLLEGE DE FRANCE XXV · texte numérisé non relu

ET SA CHAIRE DU COLLEGE DE FRANCE XXV

un livre intitulé Les Forêts de la Gaule et de l'ancienne France, il passa en revue Tétat de nos anciennes forêts, la condition des putations qui les ont habitées, les traditions et les croyances i s*y rattachaient, les règlements dont elles furent l'objet. Cet vrage, qui témoigne d*une érudition singulièrement variée, fut *squ'il parut Tobjet d'un certain nombre de critiques, et Ton se lignit notamment du peu de rigueur de certains rapprochements, rtout au point de vue étymologique. On ne peut méconnaître pendant les services qu'il a rendus, en inaugurant chez nous un dre d'étude fort intéressant, et il n*est pas téméraire d'ajouter ;e, sans l'exemple de Maury, ni M. de Maulde, ni M. Guyot, auraient entrepris peut-être les ouvrages plus complets, plus rs, qu'ils ont composés, celui-ci sur les forêts de la Lorraine, lui-là sur les forêts de l'Orléanais.

Si l'on a discuté Les Forêts de la Gaule et de V ancienne France ^ monde savant a été unanime à louer son beau travail, la Terre l'HommCy qui parut pour la première fois en 1856 et dont trois litions nouvelles ont été revues et augmentées par l'auteur, vétable encyclopédie du globe terrestre, dans laquelle il étudie ccessivement la création, la terre dans son état actuel (l'atmothère et les mers), les parties solides du globe, les fleuves, la stribution des minéraux et des végétaux à la surface du globe, lie des animaux et des races humaines, les langues et leur réparion géographique, la naissance et la distribution des croyances ligieuses, la constitution de la famille et de la société, enfin les emiers besoins de l'homme. C'est là un livre que nul autre que i n'était en état de faire, chez nous du moins, et qui, s'il est mais remplacé, ne pourra l'être que par l'œuvre collective de usieurs savants.

Je ne crois avoir omis, dans cette rapide revue de l'œuvre de on éminent et regretté confrère, aucun livre signé de son nom, cun du moins de ceux qu'il importe aux érudits de connaître, aury ne s'enorgueillissait cependant pas d'un tel faisceau œuvres réellement importantes et oubliant, dans une modestie li n'avait rien d'affecté, les services qu'il avait plus d'une fois ndus à la science en frayant des voies nouvelles, il prétendait le ses travaux seraient tôt oubliés. Il avait, disait-il volontiers, sprit de curiosité et de recherche plutôt que l'esprit d'invention.

XXVI ALFRED MAURY

et, par un effet de cette tendance naturelle, il prenait un véritable plaisir à faire part au grand public des dernières découvertes de Térudition au lieu de poursuivre la résolution des problèmes d*arcbéologie ou d'histoire qui sollicitaient son attention. Plus d*un, parmi ceux qui appréciaient son érudition à la fois sûre et variée, regrettera qu'il se soit si souvent laissé entraîner par un penchant très marqué à la vulgarisation ; maisjene pense pas que ce sentiment soit partagé par les auditeurs auxquels il a été donné d'entendre habituellement, en cette enceinte, la parole claire et abondante du professeur. Seule, en effet, sa vive curiosité j)Our tout ce qui touche à l'histoire ou aux études qui s'y rapportent pouvait lui permettre d'aborder successivement, au Collège de France, les matières les plus diverses.

Il serait assez difficile, sans le secours des programmes que le Collège publie pour chaque semestre, de se faire une idée nette de la variété qu'offrit, durant vingt-neuf années, l'enseignement de Maury. Le titre même de la chaire qu'il occupait, non moins que la nature de son esprit, semblait l'inviter à traiter tour à tour les sujets les plus dissemblables, à envisager la vie des peuples sous ses aspects les plus divers, à consacrer ses leçons tantôt à la période la plus lointaine de l'histoire, tantôt, au contraire, aux événements des temps modernes. Il ne faillit point à ce qu'il regardait comme un devoir.

Plusieurs des sujets qu'il exposa au Collège de France se rapportent à l'histoire générale, en même temps qu'à l'histoire du développement moral et intellectuel de l'humanité : tels, par exemple, l'étude des phases successives de la civilisation, l'histoire comparative de la civilisation morale et matérielle dans l'antiquité et dans les temps modernes, auxquelles se rattachent, par un lien assez étroit, l'histoire de l'écriture chez les populations de l'Europe etson influence sur la marche de la civilisation, l'histoire de la civilisation européenne dans ses rapj)orts avec le progrès des connaissances géographiques, et, même, l'examen des données historiques que renferment les noms propres. L'ethnographie, qui l'avait captivé dès son début dans la carrière de l'érudition, lui fournit à plus d'une reprise la matière de ses leçons : on le vit alors, utilisant les découvertes de l'archéologie et celles de la philologie comparée, étudier les origines et les premières migrations des races

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