‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 164 sur 251 · LE PORC · texte numérisé non relu

LE PORC

Le porc, animal impur, frappé de réprobation par les Juifs ^ et les Égyptiens'; le porc, dans le corps duquel rÉvangile' nous montre le démon allant chercher un refuge au sortir du corps du possédé, devait naturellement devenir un symbole du diable^. Il fut particulièrement destiné à représenter le démon de la gourmandise, de la volupté et

I. II, pi. LXXXVIII. Il peut, au reste, y avoir dans le démon aux grandes oreilles un souvenir du Mercure Wodan, représenté avec des oreilles semblables. Cf. Heaulleu, Becherclies arcUéologiquei et historiques sur lecotnté de Daichbourg, auj. Dabo, pi. V (1836, in-S»). — Raoul Glaber décrivant, lib. V, c. 1, le diable tel qu'il lui apparut dans une vision, lui donne des oreilles droites et pointues qui rappellent celles de TAne et aussi celles des satyres, qui faisaient dire à Horace :

et aures

Capripedum satyrorum acutas.

Lib. II, od. i9.

Il résulte même des paroles de ('assion, que les solitaires prirent quelquefois des singes pour des démons, à raison de l'excessive resseinj^lance que ces animaux prcsenlent avec les satyres, et par conséquent avec les diables. On sait, (lit cet écrivain, que quelques-uns d'eux, que le peuple appelle des fcUines, sont tellemenl boulTons, (]ue, sans faire aucun mal aux personnes qui passent dans les lieux el dans les chemins qu'ils assiègent, ils ne se plaisent qu'à leur faire mille singeries, à les tromper par quelques loursde passe-passe, à se rire d'eux el à se diveilir de leur peur, et A courir après eux plutôt pour les effrayer que pour leur nuire. H en «'sl d'autres qui se (!onlenlent dMnquiéter les hommes durant les nuits sans leur faire d'autre mal. D'autres sont si furieux et si cruels que, ne se contentant pas de déchirer ceux qu'ils possèdent, ils se ruent encore sur ceux (|ui passent et tâchent de leur faire les dernières violences. Conférence 7, i8i.

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