‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 165 sur 251 · Matth. Viii.30et .ss · texte numérisé non relu

Matth. Viii.30et .ss

4. On rencontre souvent le cochon, comme emblème du diable, sur les basreliefs qui décorent les chapiteaux d(»s églises romaines. J'ai vu cette année (18^2) à l'église en ruines de l'Ile lona, dans les Hébrides, des hommes luttant contre des cochons, sculptés sur des chapiteatix, sujet qui semble représenter — allégoriqucment la lutle du pécheur contre le Tentateur. Chez les Orientaux le=^ démon est aussi désigné par le nom de porc.» Plus inconsidéré que le démonm^ditsM

un proverbe arabe de Meidani. El Ebn-Alahrabius nous apprend que le mol Afi

employé pour signifier le démon, veut aussi dire porc. Cf. Arabum Proverbia,

cdit. G. W. Freylag. t. Il, p. 49. Bonn, 1839, in-8".

. L.teRNDES INYBNTéBS POUR EXPLIQUER LES SYMBOLES, ETC. 255

des plaisirs immondes*; de là, la croyance populaire que Tesprit tentateur grogne comme un porc- et se montre sous cette forme dans ses effrayantes apparitions^. Le porc, placé aux pieds d*un saint, signifie donc le démon et les voluptés vaincues, asservies*; voilà pourquoi on le donna pour attribut à saint Antoine^. Cette clochette môme, attachée au cou de ranimai, servait à désigner plus clairement son esclavage^. Tout ce sens symbolique fut promptement oublié. Le peuple ne vit plus, dans le cochon de saint Antoine, qu'un animal qae le saint s'était attaché par un bienfait.

1. « Et vitam quidem voluptuariam porcorum csso D. Chrysostomus diserte tra-

<IH: Neenon S. Nilus in opère de octo vitiis, cura do gula : Obosus belluo, inquit,

Porcusestad cœdem paratus. Prœiverantque Novatianus et Clemens Alexandri-

i^Qsatque Lactantius, inquirentes quorsum Deus suem Judaeis edulem essepro-

«iiberet: «Cum lex, inquit Novatianus, suem cibo prohibet assurai, reprchendit

^ Qtique cœnôsam et iuteam et gaudentem vitiorum sordibus vitam, bonum

^^ suuni non in animi generositate, sed in sola carne ponentem. » Clemens vero

''^ eamdem sententiara disserenî> ait idcirco vetitum fuisse porco vesci : « Nam

^ porcus, quod est animal voluptati deditum etimmuudum, ciborum cupidita-

^ tem et salacem in se venerea iibidinem adinquinatam significat intemperan-

^ tiam, materialemque et* in luteo jacentem et qu8e ad cœdem pinguescit et

^ interitum. » R. P. Tli. Raynaud, in stjmboUcas S. Antonii magni imaginée

^ovmentarius, p. 31, in-i«, 1659. Anima idolatrorum, quœ venit a spiritu

^tnmundo, vocatur porcus, Jalkut Rubenij 10, 2 (cité dans Wetstein).

1 Dans les Dialogwê de aaint Grégoire le Grand,lib. liI,c.4,on litquealediable ^'ogit comme un lion, brait comme un âne, silHe comme un serpent et gronde ^omme un pourceau. » Le diable, dit Luther, se montre sous la forme d'un chien H grogne comme un porc. Mémoira^ trad. Michclet, t. III, p. 189.

3. Saint Jean Cbrysostôme dit dans le « De Providentia ad Stagyrum monacAiim», le diable qui occupait par intervalles le corps du religieux Stagyrus, fksraisaait sous la forme d'un pourceau couvert d'ordures. — Sur un des basreliefs de la châsse dasaint Taurin, qui représente les trois formes que prit Satan pour chercher à faire rebrousser chemin au saint évoque avant son arrivée à Évreux, l'artiste a substitué un pourceau à un ours : preuve que ces deux formes étalent regardées comme pouvant être également prises par le démon. Mémoire de M. A. Le Prévost, Antiquités de Normandie^ t. V, p. 349. — On lit dans les Diorlogueê de saint Grégoire, lib. 111, c. 21, qu'une religieuse guérit un possédé et envoya le démon dans le corps d'un pourceau. Cette légende est empruntée à l'Évangile, toujours d'après un système d'imitation que nous avons fait connaître dans la première partie de ce livre.

4. « Sus ad pedessancti Antonii dénotât sensuales voluptates quas ille conculcaveraL o J.-B. Gasalii, De Veteribus Sucris ChrUtianorum ritibut,

5. Protrita bujus symboli notione sic discussu, occurrit quod ait Molanus, appingi beato Antonio porcum sub ejus jacentem ut significetur subactus ab eo viriliter daeraon. Nam esse porcum genuimam dsemonis imaginera, neminem latet. Th. Raynaud, In iymbolicas Antonii imagines, p. 24.

6. C'était pour exprimer la même idée, que l'on représentait saint Théodore ayant à ses pieds un déraon qui portait une cloche. La tradition rapportait que ce saint avait contraint le démon à |)orter une cloche de grand poids que lui avait donnée le pape Léon. CUrislUcfie Kunstsymbolik und Ikonographie, p. 74.

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