Ribadeneira, trad. Gautier, 30 mars, p
260 LES LÉGBNDBS PIEUSES
que la licorne a été sans cesse confondue avec le cerf, au moyen âge et dans Tantiquité * ; la seconde, c'est que les premiers chrétiens s'imaginaient voir sur le front du premier animal, la marque du Thau ', le signe de la croix. A ce titre, ce timide et paisible habitant des forêts fut regardé conmie le symbole du Christ et, de la confusion de ces idées, naquirent les légendes qui nous représ entent, d'une part, des cerfs portant réellement sur leur tête Tinstrument de la passion, de l'autre, ces mêmes cerfs étant des métamorphoses sous lesquelles se cachait le Sauveur. Le cerf, confondu avec la licorne, non seulement exprimait emblématiquement Jésus- Christ, mais encore était l'image de l'âme, altérée de la parole divine, d'après ces paroles du psaume XLI, i : « Quemadmodum desiderat cen^us ad fontes aquarum^ ita desiderat anima mea ad te, Deus. x> Voilà pourquoi cet animal figure dans une peinture des catacombes, représentant le baptême du Sauveur et où on le voit se désaltérer dans les eaux du Jourdain '.On trouve aussi quelquefois le même animal sur* les lampes des premiers chrétiens ^.
On comprend aisément maintenant l'origine de ce crucifiiez placé entre les bois du cerf, dans les légendes que nous avon^ citées. C'est l'empreinte mystérieuse de l'instrument de l£»^ passion qui aura été transformée en un crucifix réel ; ce son *• les paroles mystérieuses de l'histoire de la conversion d^ saint Paul: «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?» qia.îauront été reproduites au sujet d'un cerf qui, représenté peutêtre lui-même auprès du saint, avec le crucifix symbolique? , rendait ainsi plus visible le stigmate qu'il portait sur le
1. Cf. Slalparl van derWiel, Ofcicruaiio/iM rariores medicorum anat. chiiurg-, t. 1, p. ÎC3, Leydo, 1727, in-12.
2. MovoxsptuTo; y*P ^-i^^'^ ojoîvo; aXXoy -pay^*'®» ^ T/iJuaio; ïfv. «v t;,' £iKiTv x*i àîroSetÇa», i\ [xrj toj tj'Oj o; tÔv ŒTaupôv ÔEtxvuatv. S. Justin martyr. Dialogus cum TryphonCf Éd. Jebbs, p. 275 in-8o. Londini, 1719. Cf. Tertullien, Adv. Ju'l , c. 10; S. Irenoe, Adveisu* hœreses, II, 42 (éd. MasNuet).