Girault de Prangey, Souvenirt de Grencule, pi
6. Les cerfs semblent être des tragélaphes^ d'après les caractères que leur assignent les propriétés des bétes au Roman d'Alexandre: «Les tragélaphes sont bcstes monstrueuses et contrefaites, qui sont moytié bouge et moytié cerf... C'est une beste qui a grans oreilles velues et longue barbe comme ung bouge souitz le menton. Hz ont les cornes tortues^ les piez entiers comme ung cheval ; hault et grand comme ung cerf et plus puissant des membres.» F. Berger de Xivrey, TradiUont tératologiques, p. 557.
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ment byzantin dn xu* siècle, dont tons les snjets figurés rappellent cette même idée da combat dn diable contre la vérité et Thomanité, on voit des cerfs poorsidyis par des sagittaires ^ Nous avons va plus haut que le sagittaire, autrement dit le centaure, était une des formes sous lesquelles apparaissait Fange de ténèbres et qu*on était, par conséquent, dans rhabitude de la lui attribuer comme emblème.
Dans les superstitions des premiers Ages, le cerf était encore regardé comme un ennemi acharné du serpent, Tiyante image du démon*, et cette idée fut un motif nouveau pour que le cerf devint un symbole de Jésus-Christ '.
Une ancienne croyance, dont Torigine doit être puisée dans l'antique religion des Perses, faisait de la licorne Temblème
1. A. de Laborde, MonumtnUdê la Frtmei, U II, pi. 1S8. Dans oerUliMt comme à Tournay, on voit, au milieu de auJeU (antaatiquea ou a7mbollqiiaa«i« l'image d*un cerf vivement barcelé par dea chiena (V. Lemaiatre d'AaIaii Heeherehm tur VégUn eathidrak de Notn-Damê de Toumay, Tournai, <Mlt t* h
page 999).
S. Origèue, Homil, XVII in Gtnaitn, c 5, dit que le cerf aent lea lieux où aonl cachés lea serpenta, et que, a'étant mia à rentrée de leur trou, en tirant lialoine, il lea attire à soi d'une telle force, qu'ils sortent et se jettent entre dents, où il les dévore ; qu'aussitôt après les avoir mangés, il en est si altéré qu'il court ven les fontaines pour se rafraîchir, et s'il demeure trois heures saoi boire, il meurt aussitôt.— Ai4>aXsov 7:(5; STctv, dit saint Jean GhrysostOme, sXa^o; xai $tà to3to ouve/w; xp^y si Itzi xiç 7:r,Yà; xwv di^ocXsov 8s "iftveTan xo otno T^; ç'jascj; xai iizo xou tou; o^st; xaTsaOùiv xal xoT; èxs^vcov Tp^^eoOc a(ô|JLa<Ti. — FsXpoiiiio in Pt. XLl, Opéra, t. V, p,138(édit. Montfaucon).— a Non imi rito animal comparatum est fldelibus, dit saint Bruno, est enim prius innoxiui deinde velocissimum, tertio siticulosum ; serpentes naribus trahit quoa ut vor^ verit, aestuante vcneno, ad fonleni festinat. Hoc nos admonet ut quando veoer» hauhmus antiqui serpentis, ad fontem divinœ misericordiœ festinemus. »
3. Ceci fait dire à Philippe de Taon, dans son Bestiarius^ ap. Wright, p. v. 360:
Par cest cerf, par raison Jhcsu Crist entendum ;
L'Eve sapience est, ki en sa bûche est,
E Sainct Esptremen entent par sifflement
E par serpent diable, par semblant est venablc.
Il dit aussi en parlant de la licorne:
Monoscerosgrui est, en françois un corn est; Besto de tel bai II le Jhesu Crist signifle Un Deu est et serat e fuct et parmaindrat En la virgene se mist e par hom charn i prîst * A virgeue so parut et virgene le conceut Virgene est et sera c tuz jurz pcrmaindrat.
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de la pureté ^ Lorsque cet animal est poursuivi, il va, disaiton, se réfugier sur le sein d*une vierge '. Dans d'anciennes peintures, TAnnonciation et la Conception sont Ogurées allégoriquement par une licorne s*élançant dans le giron de Marie *. Nul doute, par conséquent, que le cerf et la licorne
I. Chei les Penet la licorne (unicorne), ou Tâoe sauvage de Ctésias, était un symbole du règne entier des animaux purs, comme le montrent les attributs dlvers.qai lui étaient donnés. A la tête du règne impur figurait, au contraire, cet être fantastique décrit par Ctésias et par Blien, qu'on nonme le Martichoras, ou le meurtrier des hommes. Ce martichoras est devenu, pour les chrétiens, le serpent, type du démon (Creuzer, trad. Guigniaut, 1. 1, p. 340).
2.«Ceete beste estre si forte qu'elle ne puisse est prinze par la vertu des veneurs, sinon par subtilité. Quant on la vieult prandre, on fait venir une pucelle au lieu où on scet que la beste repaist et fait son repaire. Si la licorne la veoyt et soit pucelle, elle va se coucher en son giron, sans aucun mal lui faire et illec s'endort. Alors viennent les veneurs, qui la tuent au giron de la pucelle. Aussi, si •Ile n'est pucelle, la licorne n'a garde d'y coucher, mais tue la fille corrompue et non pucelle. » Un chapitre du a Beitiaire » de R. de Fournival est intitulé : De lunieome qu'une jeune fille téduiet, Paulin Paris: M anuicriU français, t. IV, p. 95. Propriétés des bétes, extraites du neuvième livre du Boman d'Alexandre^ ap. Berger de Xivrey, Traditions tératologiquesy p. 559. Ce sujet de la licorne poursuivie se voit sur un chapiteau de Saint-Regnobert de Caen. Dans quelques anciens zodiaques, la Vierge est, pour cette raison, accompagnée de la licorne. Cf. Delarue, Essais historiques sur Caen, t. I, p. 99. Beda, in Ps. XXL. S. Isidore de Séville, OHotnef, lib. Xll, c. 2. Un ancien poète allemand a dit:
Oas Sinhorn in der Mdgde Schoos Gtebt der Keuschheit seinen Leib.
Manesse, Minnesinger-Sammlungy 1, 224.
8. Des représentations de ce genre se voient à l'église de l'hôpital de Grimmenthal (Cf. Rudolphi, Gotfui diplomntica^ t. Il, p. 310), à Rrunswick, dans la cathédrale (Cf. RIbbentrop. Besehreibung der Sladt Braunsc/iweig, pi. 2), à la bibliothèque de Weimar. Dans le tableau do cette dernière ville, l'ange Gabriel est représenté donnant d'un petit cor ou cornet, et du cornet sort une banderolle, sur laquelle on lit ces mots: <t Ave, gralia pUna, Dominais tecumn. De l'autre bras, Gabriel porte une lance et tient en laisse qusitrc chiens, de la gueule desquels s'échappe, pour chacun, une banderolle avec ces mots: veritas, pour le premier chien, qui est noir : miser icordia, pour le second, qui est brun foncé ; pajr, pour le troisième, qui est blanc ; et justitia, pour le quatrième, qui est noir. Cf. Curiositœten der Physisch-Uterarisch, etc., Vor-und-Aaiwelt, par Berluch, t. Vil, n» 2. 1817, p. 135. A Brunswick, dans le sujet semblable, peint sur le retable de l'autel, on lit dans la bouche de l'ange, ces mois, qui font allusion à la licorne , symbole du Christ : a Quii quem cœli capere non possunt , in tuo gremio eontulisti ». Un grand nombre de passages d'auteurs de différentes époques ne nous permettent pas de douter que la licorne ne fût Timage de J.-C. : tf Dilectus quasi fllius unicornium. Quid fliio Dei similius quam unicornis? Captusest et ipse amore virginis et majestatis oblitus, carneis vinculis irretitur. » S. Thomas de Villanova, In Nativit. Domin. Conc, IV. Conrad de Wurtzbourg a dit aussi :
Dass suchtest du der Jungfrau Schoo»
Wie's Einhorn, wild, in seiner Noth
Zu einer Jungfrau fliehest.
Manesse, M innesinger -Sammlung , 11,201.
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niaient longtemps servi à indiquer la pnretév la rerta, r«ltachement ponr le Sauveur des saints personnages pris desqueb ces animaux étaient placés K Plus tard» confondant et le oerf et celui dont il est remblème, substituante cette sorte de croix, qui surmonte le front de la licorne» le crucifix lui-même» ou forgea les légendes dont nous avons parlé précédemment. La vertu prophétique déjà attribuée à cet animal aura accrédité davantage ces histoires dont le merveilleux était plus qu'un appât suffisant pour la crédulité du vulgaire. Les saints auront été transformés en chasseurs» comme saint Eustache et saint Hubert et le cerf mystérieux sera devenu le Sauveur qui leur était apparu sous cette forme '.
LA GOLOMBB
La colombe a été, dès les premiers temps du christianisme» le symbole de la pureté» de la chasteté et de la candeur : k Soyez prudents comme des serpents et simples comme des colombes »» dit saint Mathieu, X» i6. « Colomba pro signo dilectionis ponituri»^ écrivait saint Augustin'» et saint Ambroise s*écriait^: « Quid sunt columbœ niai sùnpUces
i. Sainto Justine était représentée avec une licorne à ses pieds, ainsi qa*on peut l'observer dans le tableau de Pordenono, de la galerie de Vienne. Mutée Réveil.t t. V. A. l'abbaye de Saint-Riquier, saint Fîrmiu est figuré ayant deux licornes à ses pieds. Cette circonstance a fait adopter, plus tard, ces animaux pour armes de la ville d'Amiens. Saint Hubert était, lui, toujours représenté avec le cerf ; tantôt le saint était à cheval, donnant du cor, et ayant ranimai devant lui, comme on le voit dans un bas-relief de Sainte-Croix de Saint-L^ (Cotman's, Architectural an tiquitiet of Sormandy^ pi. 88); tantôt le saint, dans son costume d'évôque, portait ranimai sur son livre de prières, ainsi que Ta peint maître Wllhem, peintro flamand du xyi« siècle, dans un tableau qui se voit dans la pinacothèque de Munich.
S. La comparaison du chrétien et du chasseur s'offre assez souvent chez len écrivains du moyen âge: aVox vestra sit quasi tuba.— Bgredere in silyam meam cum canibus et fac animalia audire sonum tubœ et déterre ea|clamorc tuo. Servi igitur audientes sonum tubas dixerunt: Ecce hœc est vox venatori9 nostrlDomini.Surgamusergofestinanter, non simus jam timidi, nec négligentes . manus nostra sit prompta jam in pcrcutiendo, vox altlor clamandi, etc. Venatav vero signiflcat justitinm Dci manire«tandam, cujus vox erit talis. Canes auierra sequentcs sunt viri iniquitatis, quibus Deus quumvis sint mali, utitur a^ bonum. » S. Brigitte, Revelatiofiêt^ lib. YIII, c. 18.