Oratio in Auxentium de batilica non tradenda, i
mentes Qel animi /idem candidam et puram sequentes ? x> Déjà en Orient, dès la plus haute antiquité, la colombe figurait comme un animal symbolique, et à ce titre elle jouait un grand rôle dans la religion des Syriens ^ C'était Femblème de la génération et de la chaleur animale, en même temps que celui de la pureté. En effet, ces idées ne sont-elles pas intimement unies ? La pudeur et la chasteté ne sont-elles pas les gardiennes de la fécondité et de Tamour ? Et ces sentiments et ces vertus ne devaient-ils pas se confondre en un môme emblème? Voilà pourquoi, dans la symbolique chrétienne, c*est tantôt sous limage du feu, de la chaleur, tantôt sous celle de l'oiseau timide, que se manifeste le Saint-Esprit'.
i. Creazer, trad. Guigniaut, liv. lY, c. 9. p. 36 et sq. La colombe te rattachait aussi au culte des Samaritains. Cf. J.-Ch. Friederich, Diacuuionum d€ Chrittoiogia Samaritanorum liber, cum appendice, de Columba dea Samaritanorum (Llpsi», 1811, p. 81 et sq.) Trigland, De eecta Karaorum, p. SOS. — Sylv. de Sacy, Mémoire $ur Cétat actuel des Samarilains, suivant Tinterprétation des Pères do TEglise. — La colombe, dont il est question dans le Cantique dei Cantiquet, représente allégoriquement le peuple de Dieu. Dans le Tractatut Sohar., t. Il, f. 51 Céd. Amsterdam), la colombe est dépeinte comme la protectrice d'Israël {patrona ltraeU$)f et il est question d'une représentation dans laquelle on voyait la colombe tenant étrcint Tépervier, allégorie qui figurait la victoire du peuple de Dieu sur le paganisme exprimé par l'oiseau de proie : peut*ôtre aussi cet oiseau, sacré chez les Egyptiens, était-il l'emblème dace peuple. Alors l'allégorie eût eu trait à la délivrance d'Israël de la terre de Mesralm. Dans la description merveilleuse du temple de Salomon. que donne l'auteur du second Targum E»thei\ en la comparant avec celle du premier livre des rois, il est parlé d'un sujet analogue. L'adoption de la colombe comme symbole de la virginité et de la pureté, donna naissance à la légende d'après laquelle on raconte qu'une colombe s'échappa de la verge do Joseph et vint se placer sur sa tête pour le désigner comme l'époux futur de Marie. Cf. Protevangile S. Jacques, cap 9, Evang, infant, S, Mariœ, chap. 8. Les colombes, que l'on offrait à la mes»e de la canonisation, étaient primitivement une imago de la pureté du saint (Victon, Canoniêation deeeainle, chap. 26, p. 233), aussi bien que celle qu'offrait chez les juifs l'accouchée, le jour de la Purification. Lévitiq, XI 1.8.
2. Quoique les évangiles ne fassent mention do l'apparition du Saint-Esprit sur terre sous la forme d'une colombe qu'au baptême de J.-C„ les artistes le représentèrent aussi sous cette forme entrant dans l'oreille de Marie, comme on peut le voira Sainte-Marie-Majeure (Cf. Gori, Thésaurus, tab. XXX, 1. 111), pour une représentation de cette sorte. On pensait exprimer ainsi que la Vierge n'avait été unie à TEsprit saint que par une union purement spirituelle. Mais cette allégorie figurée fut prise à la lettre, et l'on s'imagina que la mère du Sauveur avait réellement conçu par l'oreille. Sur le parement d'autel niellé de KIosternenburg, fait par Nicolas de Verdun (xiie siècle), on voit l'Annonciation représentée comme suit : l'ange Gabriel étend la main droite vers Marie, et des extrémités de ses doigts s'échappent deux rayons qui se dirigent vers l'oreille de la Vierge. Voyez J . Arneth, ouv, cit.^ p. 11. — « Deus per angelum loquebatur, dit saint Augustin, et Virgo per aurem imprxgnebatur. Sermo de Tempore^ XXII. Saint Ephrem dit aussi : « Quemadmodumex parvulo sinu illius auris ingressa et infusa est mors;
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Dans les représentations de YAnnonciation^ au moyen âge, on voit toujours la colombe descendant vers la Vierge sur un rayon de lumière. Le mythe dans lequel les évangiles nous représentent la troisième personne de la Trinité descendant, sous la forme d*une colombe, au-dessus de la tête de Jésus, pendant son baptême, repose encore sur cette même pensée d'association ^ Voilà pourquoi les artistes chrétiens conservèrent, sur leurs sarcophages, les colombes qui figuraient sur ceux des païens, comme attributs de Vénus Libitina, colombes mystérieuses qui becquetaient des fleurs, s'abreuvaient dans un même vase *, images auxquelles les néophytes attribuaient un sens nouveau et que le moyen âge reproduisit encore parfois dans des bas-reliefs, sans doute sans en saisir le sens '. Les Juifs comparaient aussi les païens qui se convertissent à la religion de Moïse, à quelqu'un qui se met sous les ailes du Saint-Esprit ou Chechina,
Ainsi, dès la plus haute antiquité chrétienne, la colombe fut à la fois le symbole de l'Esprit saint et celui de l'âme sage, pure et fidèle *. Partout où l'on voulut rappeler ces idées, on peignit la figure de cet oiseau tendre et chaste que l'opinion
ta et per novain Mariœ aurein întravit alquo infusa est vita ». Dans le bréviaire des Maronites, on lit cette formule : « Verbum patris per aurem benedictae intravit», et Agobard s'écrie en termes semblables. De Correctione antiphonarii, c. VIll : (( Descendit de cœlis missus ab arce patris, introlvit per aurem Yirginis in regionem nostram indutus stola purpurea et exivit per aureara portam lux et Deus univorsœ fabricae mundi. » Dans la croyance des Mongols, leur Bouddha. Cbigemouni, choisit la plus parfaite des vierges, Mahaenna. et, pendant son sommeil, il pénétra dans son corps par l'oreille droite. Voyez Norlk, Bibdtche Mythologie. Stuttgart, 1843, t. Il p. 64.
1. Strauss, Vie de Jésus, trad. Littré, t. I, part. 2, p. 417.
2. Cf. Boldelti, Osservazioni sopra i cimiteri de sancti Martiri, p. 339 et sq. Mémoire de M. Raoul Rochette, Sur l archéologie chrétienne, dans le t.XllI, p. 207, de la collection des mémoires de l'Académie des inscriptions ; et D* de Clarac, Catalogue du musée, n*' 515, 814.
3. On voit deux colombes buvant dans un vase à Saint-Hihlcbert de Gournay. Cotman's, Archit. antiq. ofNormandy, t. 1, pi. 41. On retrouve le môme sujet sur les chapiteaux de l'église de Monreale en Sicile, ainsi que sur ceux de la cathédrale du Mans; mais, là, ces oiseaux sont devenus fantastiques. Bulletin monumental t. VI. 1840, p. 34U.
4. Phi Ion regardait aussi la colombe comme l'emblème de la sagesse, IIpô; 0£ TouTOiç ipi^ova TE xa\ ;;£ptaT£pàv, ttJv ts Osi'av xoti ttJv ivOpw-tvr^v aosiav. Quis rer. divin, haei:, c. 44.
populaire disait être sans fiel', et auquel elle attribuait une sorte de vertu prophétique '. Au-dessus des baptistères, on en plaça Timage pour rappeler que le Saint-Esprit répandait ses dons sur le catéchumène, comme il les avait répandus sur le Christ *. Youlut-on exprimer les sept dons que Tesprit divin envoie à Fhomme, on peignit sept colombes qui entourent une colombe plus grande ^ ; ou bien se proposa-t-on de rendre sensible aux yeux le fait même de Tinspiration, on représenta cet oiseau venant parler à Toreille du personnage inspiré. Chercha-t-on enfin à faire voir Tesprit de Dieu versant ses grâces sur celui qui reçoit le caractère sacré du sacerdoce ou de Tépiscopat, le symbole de la colombe fut encore employé et placé au-dessus de la tète du prêtre ou du prélat.
1. « ut natura Spiritua Sanctl declaretur per animal simplicitatiaet innocanti», quod etiam corporaliter ipao (elle careat columba. » Tertullieiit De baptUmate, c. 8. Cf. Kochart, Uieroz. lib. 1, c. 4, p. 21.