LE POISSON
Le poisson n*a pas été chez les chrétiens un symbole moins significatif que le serpent et la colombe. Son nom grec ixeri, qui se composait des initiales du nom du Sauveur ^, le fit adopter de bonne heure comme emblème de Jésus-Christ; c*est ce que nous attestent plusieurs passages des Pères de rÉglise ''. Cet animal devint donc un attribut chrétien destiné, comme tout ce qui portait un caractère symbolique, à être dénaturé par le vulgaire et à devenir Forigine de légendes plus ou moins bizarres. Quelle autre idée qu*une allégorie, que le peuple avait cessé de comprendre, irons-nous chercher dans ce poisson de saint Corentin, toujours entier et suffisant chaque jour à la nourriture du saint évoque'? N'estrce pas
passe sur la terre, par deux corbeaux qui s'envolent tous les matins, vont parcourir Tunivers et reviennent lui raconter à l'oreille ce qu'ils ont vu. Lexicon mytholog. ap. Edda sœmiind., p. 518. — Co furent deux corbeaux qui guidèrent l'armée d'Alexiindrc dans le désert et. suivant la tradition populaire, la sauvèrent ainsi des dangers dont la menaçaient des trombes de sable et des torrents de pluie. Diodore de Sicile, XV11,50. Strabon, lib. i, part. 49,5i>.
1. Genltie, Deutsche Didttungen des Mittelalters, t. I, p. 279.
i. ChristUdi. KuTistsymboUk, p. ?