‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 177 sur 251 · Idem · texte numérisé non relu

Idem

6. IX^Ti] est formé par les initiales des mots : Ir,aoi35 Xpiaroç 0£oî Yiè; ^^ojTTjp. Cf. MUnter, Sinnhilder, 1. 1, p. 50. Saint Prosper d'Aquitaine a dit : a Dei fllius, Salvator, piscis in sua passionc decoctus, cujus ex interioribus remediis quotidie illuminamuretpascimur.»— Voyez dans Boldetti, la représentation des poissons dessinés sur les tombeaux des premiers chrétiens. C'était, en général, le M pompile », comme l'observe M. A. Berthelot. De la pcche sur la côte oaidentaie d'Afrique^ Paris, 1840, in-8». Or ce poisson, d'après Élien, était consacrés Neptune et, en Samothrace, aux dieux, sans doute aux Cabires (Elien, Dénatura animalium^ XV, 23). Comp. Didron. Iconographie chrétienne^ p. 352.

7. « Ichthijs. in quo nomine mystice intellïKimur Christus, eo quod in huju» morlalilatis abysso, velul in aquarum profunditate vivus, h. e. sine peccalo esse potuerit » S. Augustin, De civitate Dei, lib. XVIII, c. 23. —« Hic est piscis, qui in baptismale per invocationem fonlalibus undis inscritur, ut quas aqua fuerat, a pisce etiam piscina vocilelur. « Optai, ap MUnter, I, p. 53.

8. « Pour sa nourriture cl sustentation en celte solitude. Dieu faisait un miracle admirable et continuel; car, encore qu'il se contenlast de quelques morceaux

une figure frappante du mystère de TEucharistie, de cette nourriture spirituelle dont Dieu, le pain vivant descendu du ciel, forme l'essence, nourriture toujours intacte et entière et satisfaisant sans cesse au besoin des fidèles? Évidemment on aura substitué au Christ son emblème, soit par reffet de quelque image, soit à cause de certaines paroles dont on n*aura pas saisi le sens figuré. On sait que les premiers chrétiens aimaient à graver cet hiéroglyphe du poisson sur leurs sarcophages, sur leurs pierres sépulcrales. C^était à la fois, pour eux, le symbole du Christ et celui de la nourriture spirituelle qui avait remplacé ces aliments grossiers auxquels ces mêmes représentations faisaient allusion sur les monuments païens ^

Ces poissons lui rappelaient le miracle de la multiplication, nouvelle image pour eux de TEucharistie, et le poisson qui rendit la vue à Tobie, miracle qui n'était lui-môme que la figure du miracle plus éclatant, par lequel Jésus est venu apporter la lumière au monde et dissiper de devant nos yeux les ténèbres de Tidolâtrie '.

de gros pain qu'il mendiait quelquefois es villages prochains, et quelques herbes et racines sauvages que la terre produisoit d'elle-mesnie, sans travail ni industrie humaine. Dieu lui envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel, tous les matins, se présentoit au saint qui en coupoit une pièce pour sa pitance et lerejetoit dans Teau, et tout à Tinslant il se trouvoit tout entier sans lésion ni blessure et ne roanquoit tous les matins à se présenter à saint Corentin qui faisoit toujours de mesme. n Albert Legrand, Viet (les saints de Bretagne, édiU Miorcec et Gravcran, p. 779.

i. Les anciens plaçaient sur les tombeaux, comme pour y servir de repas aux morts, des plats ronds, nommés Il^vaxg; xotXoi, sur lesquels ils représentaient des poissons. R. Rochette, 2e Mémoire sur les antiq, chrét., t. XIII, des Nouv. Mém, de CÀcad. des insc. et bell.-lett., p. 228. Cf. Boldetti. Oss., p. 360, 364, 370.

2. oEst enim Christus piscis ille qui ad Tobiain ascendit de flumine vivus, cujus jecore per passionem assato fugalus est diabolus et pcr amaritudinem fellis afflatus est cscus et ille illuminatus est mundus. n S. Augustin. Sermo IV de SS. Pauh et Petro, in-12. — Au souvenir de ce miracle pouvait encore se rattacher le souvenir de la pèche miraculeuse. Le pécheur se voit, à titre de symtx)le, sur des sarcophages chrétiens. Bottari, 1, pi. 42, Cf. Munler, 1, p. 58. ^ Od sait que le miracle de la pèche de saint Pierre et de saint André avait particulièrement frappé les chrétiens. Il a été reproduit dans la vie do saint Bonnet (£lo/it<t»), évéque de Clermont. Bollandisteit, Acta, XV jan., p. 1073. Suivant la légende, des pécheurs durent à la vertu du saint la prise d*un énorme poisson. Celte fable, au reste, pourrait bien avoir été fabriquée sur le nom du saint évèque lul-mdme, qui est en même temps celui d^un poisson de l'espèce des

Plus tard les chrétiens conservèrent encore Tusage de graver sur les fonts baptismaux ^ les poissons mystiques , emblèmes du néophyte qui vit parTeau du baptême. nAquœ çiçœ piscis ChrLstus, » dit saint Paulin* ; et Tertullien' disait aussi : « Sed nos pisciculi sccundum lyOîv nostrum in aqna nascimur, nec aliter quant in aqua manendo salvi sumus, »

Bien d^autres raisons, d'ailleurs, que celle tirée du sens symbolique du poisson, ont contribué à faire de cet animaL le sujet de plusieurs légendes. Dans la religion de la Syrie :, le poisson jouait un rôle important. On sait que les croyances de cette contrée n'ont pas été sans exercer une influence seimt sible sur les idées chrétiennes . Les Syriens attachèrent aus au poisson des idées de salut. Comme le Christ, Oannès, poisson-homme, s'était fait connaître à l'humanité, poi enseigner la sagesse. A Bambyce, une tradition religieux

rapportait qu'un grand poisson y avait un jour sauvé Der -z ceto ^. Le fameux dieu des Philistins Dagon était un die^^i

poisson ^.

La célèbre aventure de l'anneau de Polycrate* a fourni sl^wjêx légendaires le sujet d'un miracle, qui n'est que la reproduEction de cette fable, et qu'on voit figurer dans la vie de saint

scombres pélamydcs. Ce môme miracle a été encore reproduit dans la vie de sainte Anne. Bollandistes, ^c^f, XXVI jul., p. 291, dans la vie de saint Autonin, idem. 11 maii, p. 3^i2, et dans celle de sainte Bolride, XXVIll jul., p. 637.

1. Manier cite des fonts baptismaux qui se trouvent dans une église d'un village de Sélande, près de Ringsted, et sur lesquels on a sculpté trois poissons formant un triangle. 11 est très probable que l'on a voulu figurer symboliquement la Trinité. Sinnbilder, t. I, p. 49, fîg. îi6. — l'-e même hiéroglyphe se retrouve dans certaines armoiries, par exemple, dans celles de la famille Lucy de (>harlecote. Tb. Moule, HeraUh'^j of fîsli, votices on Ihe principal familkit bearing fi*fi in f/ieir arm», p. 55 (London, 1842). On doit i-galement reconnaître un emblème de la Trinité, dans les trois poissons à une seule tùie que certaines familles allemandes, telles que les Kreckwitz et les Dernheim de Silésie, les HUnderdc Franconie, portent dans leurs armoiries. Cf. Moule, ouv. cit., p. 81. Voyez aussi 1«» poissons figurés sur les fonts baptismaux des églises de Boulogne^sur-Meridc Gemona (Frioul), de Pisano (Istrie).

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