‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 191 sur 251 · In Matth. XXIir, Hom. XXVI · texte numérisé non relu

In Matth. XXIir, Hom. XXVI

jours de Tannée ^ On a cru longtemps que Févangile de la nativité de Marie avait été écrit en hébreu par saint Mathieu et traduit en latin par saint Jérôme. Ce qui démontre d'ailleurs que les évangiles orthodoxes ne sont eux-mêmes que des recueils de légendes qui avaient cours chez les chrétiens, c'est que, dans leur ensemble, ils sont loin de présenter une histoire suivie et complète de Jésus. Un grand nombre de faits rapportés par Tun des quatre ne Test pas par les trois I autres, et tous quatre ils n'offrent guère que des faits épars maladroitement recousus. Les plus récents des évangélistes se sont aidés de ceux qui les avaient précédés. Saint Marc, ou plutôt Fauteur de Févangile selon saint Marc, a rédigé en grande partie son livre d'après Févangile selon saint Mathieu, qu'il a abrégé et enrichi de quelques traditions^. Plusieurs faits importants de la vie du Christ ont été passés sous silence. Ceci s'explique en admettant que les livres orthodoxes étaient complétés sur plusieurs points par les évangiles apocryphes; on en a un exemple dans la fuite en Ég^te, sur le^ détails de laquelle les orthodoxes se taisent et dont Fhistoir^ circonstanciée se trouve dans Févangile de l'Enfance. Origèn observait déjà de son temps que plusieurs faits, plusie paroles de Jésus-Christ ne se trouvaient point dans les livres canoniques. Le mot du Christ : « Il y a plus de bonheur i donner qu'à recevoir», et rapporté par saint Paul, ^c^es XX 5i, n'est pas dans FEvangile ^. Un grand nombre de sentence

1. Entre autres traditions du moyen âge qui liront leur source de cet evangil ^^< il faut citer Tusa^e adopté par les peintres de donner des habits sacerdotaux. ^ Siméon dans les tableaux de la Présentation. Thilo, Codex apociyphiu, t. /• p. 270.

2. Saint Augustin nomme hii-môme saint Marc Tabréviateur (epitomalor) ^i' sJint Mathieu « Usum esse Marcum Matthœi evangelio. apertum facit collalio^- Grot. ad Marc. 1, 1. Voyez, sur la composition des Ëvangiles, l'ouvrage intitule: 0 Untersuchunq Uber den Vrtprung des Cfiristeuthumsn, traduit de l'anglais de C.-C. Ilennell (Stultpart, 4840, in-8o).

3. Le pseudo-saint Clément, dans ses Connlitulions apostoliques ( \S ^ 3), rapporte la même phrase en termes un peu différents, et on lit immédiatement après une sentence également attribuée à Jésus-Christ par le même auteur, et qui ne se trouve pas non i>lus textuellement dans les Evangiles. Cf. Journal des SavanU. 1833, art. de M. Hase. p. 342.

du même gem:*e se trouvaient dans le livre intitulé : Les Traditions ou la Doctrine des Apôtres^ At^a^ryi tôv ' Atco^oXwv *.

L'authenticité des livres canoniques est un point qui a soulevé, même dès les premiers temps du christianisme, les opinions les plus opposées. Eusèbe*, faisant le catalogue de ces livres, ne place parmi ceux qui sont reçus d*un commun consentement que les quatre Évangiles, les Actes des apôtres, les Épltres de saint Paul, de saint Jean et de saint Pierre ; et il ajoute : « L*Épltre de Jacques, TÉpltre de Jude', la seconde de Pierre, la seconde et la troisième de Jean, soit qu'elle ait été écrite en effet />ar Vévangéliste ou par un autre du même nom,, ne sont pas reçues de tout le monde, bien que plusieurs s'en servent. Il faut tenir pour faux et supposés les Actes de Paul, le Livre du Pasteur, la Révélation de Pierre, FÉpître de Barnabe et les Institutions des apôtres. On peut mettre si Ton veut au même rang F Apocalypse de Jean, que quelquesuns ont effacée du nombre des livres saints, et que d'autres croient y devoir maintenir. Plusieurs comptent au même ordre Tévangile selon les Hébreux, qui platt extrêmement aux Juifs qui ont reçu la foi ». Eusèbe parle ensuite de livres qu'il regarde comme évidemment publiés par les hérétiques, tels que les évangiles de Pierre, de Thomas, de Matthias, les Actes d'André, de Jean et d'autres apôtres. On voit par ce passage d'Eusèbe, que nous rapportons, quelle incertitude régnait alors sur les livres vraiment authentiques. L'Apocalypse paraît surtout avoir soulevé le plus de doutes. Dans une autre partie de son histoire ^, Eusèbe revient encore sur

i. Cet ouvrage, cité par Eusèbe et par saint Athunase {Epitlola FeitaUs, n* 39}. a été retrouvé par M. Philothée Dryennios, métropolitain de Sèvres (Roumélie) entre 1872-1873. Saint Augustin dit : Multa sunt quœ univerta tenet Ecclesia et ob hoc ab ApoitoUt prcpcepta bene creduntur, quanquam tcripta non repermntur (,De baptitmOj contra Donalistas, lib. IV, chap. xxiv à n* 3.

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