Origène, Opéra, 1. 1, p
5. S. Grégoire le Grand, Epittola 74, ad Euseb. Thess., Ilb. XI, ap. Opera^ tll, col. 1178 (Paris, in-fo, 1705).
322 LES LÉGENDES PlEtJSBS
dans les signes cursifs, ainsi que du défaut de morale et de délicatesse sur le respect dû aux écritures, naissait une immense facilité et par conséquent une immense tentation de falsifier les écritures. Cette facilité était portée au comble par le matériel même de récriture ; car si Ton écrivait sur la peau, in memhranis^ c'était pire encore, tant il était aisé de ratisser et d'effacer ^ ». Aujourd'hui encore les théologiens ne sont d'accord ni sur l'authenticité des sept Épttres de saint Ignace, ni sur la valeur relative des Canons et des Constitutions apostoliques.
En face de faits si nombreux et si concluants', de tant d'exemples du défaut de critique chez les docteurs même les plus éminents, de la facilité du peuple pour se laisser aller à admettre ce qui confirmait sa croyance, et, d'un autre côté, en réfléchissant à l'extrême difficulté, à une époque où Timprimerie n'existait pas, de conférer les textes et de retrouver à la piste les faussaires, comment accorderait-on une confiance réelle à des Vies de saints, à des Actes qui fourmillent de faits incroyables et absurdes ? L'Église a-t-elle jamais eu les lumières suffisantes pour exercer cette critique ? Les faits sont là pour nous montrer qu'elle a adopté longtemps ce qu elle a rejeté plus tard et que ses erreurs ont été journalières. A n'en donner qu'une preuve, rappellerons-nous le sixième concile anathématisant le pape Honorius pour ses lettres entachées de raonothélisme et supposées, après sa mort, par le patriarche Sergius à l'appui de YEcthèse ? Que de fois rÉglise a été ou a voulu être dupe des faussaires ! Peut-on donc s'arrêter à la considération que les faits dont