‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 2 sur 251 · IV AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

IV AVANT-PROPOS

Mais à un certain moment, il a dû renoncer à cette idée. Les éditeurs ont eu soin, dans la présente publication, de faire entrer toutes ces notes, qu'on trouvera les unes au bas des pages, les autres, celles qui étaient trop étendues, à la fin du volume ^ .

L'autre essai, sur les Fées du moyen dge^ qui a précédé le volume des Légendes pieuses de quelques mois, est un travail de mythologie comparée. L'ampleur du savoir, sur ce domaine si différent, n'est pas moins étonnante. Non seulement il voit dans les fées un reste de l'ancienne mythologie gauloise, mais sur un grand nombre d'autres points il remonte plus haut et devance la science de son temps. Sur d'autres points, la philologie a fait quelques pas en avant. On rapprocherait encore aujourd'hui les trois Nomes germaniques des trois Parques grecques, mais ce ne serait plus pour y voir la preuve d'une primitive parenté. Nous avons appris depuis que la mythologie germanique et Scandinave cache plus d'une infiltration gréco-latine, et même plus d'un emprunt chrétien.

Les conclusions du livre sur les Fées sont remarquables et peignent bien la philosophie de Tauteur. « Ces divinités cachées, dont la mère redoutait jadis la colère pour son fils au berceau, leur histoire est devenue un moyen d'égayer nos enfants. La réflexion de l'homme se fortifiant sans cesse, les croyances d'hier sont devenues des hochets. L'homme ne cherche plus en dehors des lois de l'univers la cause des phénomènes, ni en dehors de lui-même la règle de la morale. Le moi pensant est devenu la raison dernière des choses... Déjà l'on entrevoit une société où le sentiment du devoir envers Dieu et notre semblable sera notre seul guide. »

Voltaire, Locke ou Lessing n'auraient pas dit mieux.

Même après un demi-siècle écoulé, ces deux livres paraîtront encore riches en enseignements de toute sorte. Ce que l'auteur disait de l'état d'abandon où le public laisse un si important ordre de recherches, n'a malheureusement pas perdu de son actualité.

1. Ckil exemplaire, qui avait passé aux mains de M. Pelersen, de Copenhague, a élé mis gracieusement par lui à la disposition de la famille, pour servir à la présente édition.

AVANT- PUOPOS V

A part quelques intrépides travailleurs, nullement aides, nullement encouragéSy qui, chez nous, s'occupe d*exégèse hagiographique ? Si le folk-lore a ses enthousiastes et ses adeptes, la voie plus ardue qu'Alfred Maury avait ouverte en abordant la critique des Âcta sanctorum et en scrutant les sources de Ticonographie religieuse, reste à peu près délaissée ^ Espérons que la lecture de ces pages suscitera de nouveaux disciples à une branche d'étude sans laquelle la théologie manque de fondement et l'histoire reste incomplète.

Il faut remercier M. Auguste Longnon, l'élève prçféré d'Alfred Maury, et M. Bonet-Maury, si dévoué à sa mémoire, pour avoir entrepris, sur l'invitation de sa veuve, cette nouvelle édition '. Leur principale récompense sera de rappeler aux jeunes générations une mémoire qui, à plus d'un titre, mérite de rester toujours honorée. On sait qu'Alfred Maury a été initiateur dans plus d'une direction. Sans parler de ses grands ouvrages historiques, son livre sur le Sommeil et les rêves a commencé d'ébranler bien des théories convenues et d'introduire des vues nouvelles en psychologie ; ce n'est pas un médiocre honneur pour un homme d'avoir préparé à la fois et plus qu'à moitié annoncé Ernest Renan et Hippolyte Taine. Quant à ceux qui ont eu le bonheur de connaître ce noble et vaste esprit, ils reliront avec émotion les deux essais où il se fit d'abord connaître et sur lesquels il a déjà nais l'empreinte de ses qualités distinctives : l'amour du vrai, la sincérité.

Michel BRÉAL.

!• n faut faire une exception pour la vaillante confrérie des Bollandistes, qui ^ ^nl signalés en ces dernières années par quelques découvertes heureuses. V.n ï'rance. le principal représentant de ces éludes est M. Henri Gaidoz, qui donne le •"^fc exemple, dans cet ordre de recherches, d'une vie toute de désintéressement ^l «Je travail. Citons aussi un magistral article de M. Gaston Paris sur la légende de Barlaam et Josaphat.

^- U lâche était difficile, à cause de la quantité des additions. Quelques notes au *•** des pages appartiennent aux éditeurs, aiusi que la précieuse bibliographie qui ^'jointe à la notice. M. Longnon a sensiblement retouché VEssai sur les Fées en ^'nspirant surtout d'un article de ï Encyclopédie moderne, qu'Alfred Maury publia «0 1848.

ALFRED MAURY

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