‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 201 sur 251 · Korbi fiiulumi, llb. V, c · texte numérisé non relu

Korbi fiiulumi, llb. V, c

*. Opéra, i. V, De potentin dinboU in coriwe. Aritlophsno appoltu ]mo3ti)iw:> le plus haut d^ré de [ollo. JnsCphe croyait que lee démon*, qui entra le ni d»» le corps de* hommes, étaient les flmes des méchants morts, et il indique l> racine Baara» pour cbassor ces mullus esprits. Ces esprits ou domons panlai'>>> répondre aux Dlenans ou Djinns des Arabes. Il nous dit que Salnmod •<•'> appris de Dieu l'an de chasser ces démons (Oralio ml Gracot. p. 16)

i. CoUrgium catuale In riklNia niiniM. Swldmltri, lïït, In-i-.

6. En Allemagne. M. Heiorotli et d'autres spi ri tua listes professent In doctrine que la folle no dépend pas d'une causa physique, qu'elle n'est p« un' maladiu du carpe, mais de l'esprit, et qu'elle »t l'eBel d'un péubo. Lcun*. Traité moral lit la folir, p. IW,

Mais il n*est aucun livre où apparaisse plus frappante Fidentité entre les possédés du démon elles maniaques ou monomaniaques que le Nouveau Testament, les Évangiles et les Actes des apôtres. Nous y voyons en effet les démoniaques, en proie à des accès terribles de fureur et de rage S se rouler à terre et écumer comme les épileptiques ', se croire euxmêmes tourmentés par des esprits malins et répondre d'après cette conviction '. Aussi on les enchaîne pour rendre impuis-

i. a Au pays des Géraséniens, on amena à Jésus deux possédés qui étaient «t fwieux que personne n'osait passer par le chemin. Ils se tenaient au milieu des rapulcres. a Math., VIU, 28.

2. 0 Et un homme d'entre le peuple, prenant la parole, lui dit: Maître, je t'ai amené mon flls qui est possédé d'un esprit muet et, en quelque lieu qu'il se saisisse de lui, il le jette par terre, et l'enfant écume, grince des dents et dépérit. J'ai prié tes disciples de le chasser, mais ils ne l'ont pu... Ils le lui amenèrent, et il n'eut pas plutôt vu Jésus, que l'esprit commença de l'agiter avec violence, et il tomba par terre, où il se roulait en écumant. J^us demanda au père de l'enfant : a Combien y a-t-il do temps que cela lui arrive? » — a Dès son enfance, dit le père, et l'esprit l'a jeté tantôt dans le feu et tantôt dans l'eau pour le faire périr... i> Et alors cet esprit ayant jeté un grand cri, et l'ayant agité par de violentes convulsions, sortit, et l'enfant demeura comme mort, de sorte que plusieurs disaient qu'il était mort. » (En rapprochant ces détails des symptômes de Tépilepsie, il est impossible de se méprendre sur l'identité de ces deux phénomènes. Voici, en effet, comment débute une attaque d'épilepsie : le malade jette un grand cri, et tombe subitement comme une masse; dès lors, Il devient insensible à tout (V. Georget : Physiologie du système nerveux, t. II, p. 381 ; comp. Chevallier : Essai sur l'épilepsie, Strasbourg, 1820.) Mais Jésus l'ayant pris par la main et le soulevant, il se leva. Lorsque Jésus fut entré dans la maison, ses disciples lui dirent en partirulier : a D'où vient que nous n'avons pu chasser ce démon? » Et il leur répondit : a Ces sortes de démons ne peuvent se chasser autrementque par la prière et par le jeûne. » Marc, IX, 17 et suiv.— Ces dernières paroles, en môme temps qu'elles semblent indiquer que la guérison n'était pas opérée, mais seulement que l'épileptique était sorti de sa crise, rappellent tout de suite le conseil que donne Celse (lib. III, c. 18), pour faire évacuer les démons qui agitent les malades : c'est de mettre ceux-ci au pain et à l'eau, et de leur donner des coups de bâton. Porphyre pensait de môme que c'était par Tabstinencc, un régime sévère, la continence, que l'on se préservait des attaques du démon {De l'abstinence, livre II, p. 293, 417, 418) Saint Hubert ordonnait les bains aux possédés (Lebrun, Histoire des pratiques superstitieuses, t. Il, p. 28), autre preuve que les possédés n'étaient ({ue des malheureux en proie à des maladies nerveuses. Un calmant était le plus puissant exorcisme.

3. « Un homme possédé de l'esprit impur vint à lui, sortant des sépulcres, où il faisait sa demeure ordinaire, et personne ne pouvait le lier, môme avec des chaînes; car souvent, ayant des fers aux pieds, il avait rompu sa chaîne et brisé ses fers, et nul homme ne pouvait le dompter. Il demeurait jour et nuit dans les sépulcres et sur les montagnes, criapt et se meurtrissant lui-même avec des pierres. Jésus lui dit : u Esprit impur, comment t'appelles-lu? ». A quoi il répondit : « Je m'appelle Légion... ». Et plusieurs étant venus à Jésus, ils virent celui qui avait été tourmento assis, habillo et dans son bon sens. Ce qui les remplit de crainte ». (Marc, V, 2). — II est impossible de ne pas reconnaître ici un de ces fous qui développent dans des accès de fureur une force herculéenne. On sait qu'une exaltation sensible de la force musculaire est souvent un caractère

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sants les effets du méchant démon qui les possède *. Qnd^ qa*aQ yient-il à produire sur leur esprit une impression soudaine et puissante, leur accès se calme, la raison leur rerient pour quelques instants, et le peuple s*écrie que œt homme a chassé le démon '.

de cerUinet affections nerveutes, el notamineiit de la folie. AnMi a-l-oa vmei même phénomène a« présenter dans Textase. Cette partienlaritéde eeitalnafloos, de reclierclier les sépulcres, a été observée par A vieenne, qui rappelle « lyesathrople B. (Abugalis flili Sinie, vulgo Avicenns, De wiorhii w^mUi Iroctofiit. McrprêU YaUerio, Paris, 1659.)

I. « Une fois, à Lincoln, il arriva qu'un habitant tomba dans un tel état de Mit que huit hommes étalent chargés de le garder. Tout lié quMl était. Il dooaaltdai signes d*une si violente fureur qu*il menaçait sa femme el aea eofaats de la déchirer avec lea denta. Bufln on l'attacha * un chariot, et on ramena* l'homme de Dieu (Ungues, évéque de Lincoln). L'évéque, après l'avoir examiné, l'aspefSM aussitôt d*eau bénite, et adjura l'esprit malin de sortir de cet homme el dans plus le tourmenter à l'svenir. Le malade fut guéri, s Gr. CkrtmIqMêdê MtUtkk» Pari», trad. Huillard-Bréhoiles, L II, p. SM.

I Robert de Térouenne étant, vers midi, pendant Pété, seul dans aon ehamp pov en visiter le travail, fut soudain saisi par le démon, et teileroont lonmenté qafU était prêt à tout briser et même à dévorer les hommes. Ses trois IMres, ayait Jeûné les Quaire-Temps, conduisirent, en Juin, Robert enchaîné an tomheaads aaint Josse; ils y restèrent du mercredi su samedi. Dès Ion, le malade esameoça à être plus tranquille, et, ayant guéri, il devint à perpétuité le aervitesr du saint. • (Orderic Vital, liv. III, p. 181)

S. « Une fois, on amena à Jésus un possédé qui était muet et, apfès qnele Christ eut chassé le démon, le muet parla. » Mattb.. IX, It et saiv. — Cétalt lA éridemment un de ces insensés qui se refusent obstinémentiproféreraucnne psnMb et qui, par l'impression que le Christ sura produite sur lui, se mit A parler, it peut-être mêm«) fut guéri instantanémenL Dé)è Celse avait remarqué qu'un des moyens de guérir les aliénés, c'était de frapper fortement leur attention : « Isterdumetiain cliciendu Ipsius altcntio » (lib. IV, c. 10). Il est probable queli plupart de ces guérisons n'ont dû être que momentanées. Nous apprenons, par un dialogue do saint Grégoire le Grand, que le démon rentrait quelquefois dan^i le corps des possédés, môme après qu'on avait ciiassé l'esprit impur. DiatogU lib. 111, c. 83, et lib. Il, c. 16; autrement dit, qun la folie reprenait le malade qu'avait ramené à la raison, seulement pour quelques instants, l'impression profonde produite sur lui par l'exorcisme. (Voyez un article sur la maison dessliéoés de GhecI, par M. S. Moreau. Revue indépendante^ septembre 1849, p. 678). — Vt» autre preuve à l'uppui de cette observation, que les guérisons n'étaient pas radi^ cales, et que le bon sens n'avait reparu souvent que pour un instant chex l'aliéné regardé comme possédé, c'est l'iiistruclion môme donnée par le Rituel portii^' « Les démons, dit ce livre, se cachent quelquefois après s'être manifestés, ^ ils laissent le corps du malade sans le faire souffrir, afin qu'il fMiratsie ^^^ en e»t enlièremenl délivré; mais l'exorciste ne doit pas, sur ces apparenoesi abandonner le malade et cesser ses fonctions, jusques à ce qu'il ait aperçu les vrais signes de la délivrance ; quelquefois aussi les démons font lost ce qui leur est possible pour empêcher que U malade ne ta êoumette o^ exorcitmes; iU tdchent même de lui pernuder que te» infirmité» »ùnt naluréit^ — (Ne voit-on pas par ces paroles le malheureux malade se débattant contre des prêtres qui veulent l'exorciser pour des maux dont il sent fort bien la raose physique?) — ; ils font dormir fré(|ueroment le malade au milieu de l'exorcisme. Le démon quelquefois laisse en paix le malade et lui permet de recevoir iasainle Eucharistie. » Cf. Hiluel parisien, p. 481 (in-4«, 177), et Daugis : Traité »w lamagU^

Conduite par rÉvangile, TÉglise admit nécessairement ridée que des démons peuvent entrer dans le corps des hommes, des animaux même ^. Elle institua un ordre sacerdotal, spécialement chargé de chasser le malin esprit'. Placé dans Téglise, vers la porte, hors de la vue de Tautel, à genoux, pieds et mains liés, Tétole du prêtre passée autour du cou ^, rinfortuné malade est interrogé par des paroles menaçantes qui s*adressent au démon, aspergé d'eau bénite, ainsi que tons les assistants, qui se garantissent ainsi du démon luimême, car celui-ci pourrait entrer malicieusement dans le corps de quelques-uns des exorcistes. On lit les litanies, Tévangile selon saint Jean; on se signe sans cesse. Il est aisé de comprendre qu'une telle cérémonie dut produire souvent sur Tesprit du malade, convaincu lui-même par reflet de la croyance générale qull était possédé par le démon, un eflet salutaire, et même amener sa guérison. Cet appareil religieux et effrayant dont le malade était entouré, en agissant fortement sur rimagination déjà altérée, devait produire ces phénomènes d'extase et de catalepsie, qui, en ajoutant à Tétrangeté des symptômes déjà manifestés, donnaient plus de force encore à la persuasion où Ton était de la présence du diable. «Qu'on se figure, dit le judicieux docteur Alexandre Bertrand^,

1. Voyez ce que nous avons dit plus haut sur le système du P. Bougeant. Les anciens aussi ont cru que les animaux peuvent être tourmentOs par des démons. Végèce (Mulomedicina^ 1, 20, 3), indique des moyens d'en préserver les bête^ de somme. Suivant Apulée (De virtute hcrbarum, c. i), Tarmoise et l'aristoloche sont les plus sûrs préservatifs pour ces animaux.

S. Voyez Bibliothèque populaire de Claudius, Maladie* tnentalet^ p. 56etsuiv.

3. Ceci rappelle que c'est Tétole passée autour du cou, qu'on représente, dans toutes les traditions de dragons que nous avons examinées, le monstre chassé par révoque : nouvelle preuve de l'identité de ces dragons avec le démon. Le malheureux aliéné, à force de coups, de menaces, d'exorcismes qui avaient pour but de contraindre le prétendu démon à parler, parlait en elTet, et ses paroles étaient regardées comme les réponses du malin esprit (V. Minucius Félix). La croyance aux possessions existait aussi chez les Caraïbes; ils s'imaginaient que les femmes étaient possédées par les démons; les Boyes ou magiciens les forcent de parler et les interrogent. Elle se retrouve aussi chez les Indiens de l'Amérique du Nord : certains malades écuraant et se tordant, les sorciers usaient d'exorcismes pour les guérir. V. Rochefort, Histoire naturelle et morale de$ Antilles, Rotterdam, 1665; Gookin, Historical collection of thelnUians in New^ England, Boston, 1806.

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