‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 209 sur 251 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

DE l'origine païenne DES FÊTES DE NOËL, DE PAQUES ET DE LA SAINT-JEAN-BAPTISTE

iFéct, p. 35. — Irc édition, p. 56, note 2.)

La Saint-Jean correspond au solstice d*été et les Gaulois, les Germains et les Scandinaves célébraient, à Tépoque des solstices, des fêtes solennelles. Ou, pour mieux dire, il existait, chez ces deux peuples, deux grandes fêtes : celle d'hiver qui, suivant les lieux, variait du 25 décembre au mois de février et celle du printemps, qui variait de l'équinoxe du printemps au solstice d'été, c'est-à-dire de Pâques à la Saint- Jean. La fête d'hiver s'appelait loule^ lole ou loeU c'est-à-dire la fête du soleil. Hiaul et hoiil signifient encore soleil, dans les dialectes de la fiasse-Bretagne et du Cornouailles. A l'établissement du christianisme, cette fête, sans changer de nom, ni d'époque, a changé d'objet et, dans les langues septentrionales, jaul signifie aujourd'hui la fête de Noël. Ce nom n'est pas la seule trace qui soit restée de l'origine païenne de cette fête. Ces mascarades, ces déguisements bizarres, usités dans le commencement de l'hiver, sont certainement un reste de l'usage, où étaient les Germains, dans la fête de

loule, qui dorait chez eux du 19 janvier au 6 février, de se revêtir de peaux de bêtes et de courir sous un accoutrement bizarre. Cet usage n*était pas particulier aux Germains; il existait chez les anciens peuples de Tltalie, à Tépoque des Saturnales, qui se célébraient précisément dans le même temps, et il s'est perpétué dans le carnaval des modernes.

Les Germains immolaient un porc à Freya^ la déesse des moissons, parce que, disaient-ils, cette déesse était, dans ce jour de fête, traînée par des sangliers d'or. Cette oflrande s'appelait bulling-buste * . Le nom de Sparkelmonat, mois du porc, donné encore par les Flamands au mois de février, est dû à cet antique usage. C'est à la célébration de cette fête que se rapporte la défense du concile de Leptines (§ 3, de spurcalibiis infebruario).

Chez les Scandinaves, la fête de loule avait lieu principalement à Noël, au solstice d'hiver; elle était annoncée par une trêve solennelle et des chants joyeux. Devenus chrétiens, les Scandinaves observèrent les mêmes prescriptions à l'époque de Noël, qui remplaçait pour eux la fête de Noël, de là ces vers que Shakespeare, dans sa tragédie de Hamlet, met dans la bouche de lloratio ' :

Sonic say, thnt ever'gainst ihat season comcs Wliei'cin oiir Savioiir's l)irtli is celcbratod, Tins l)iril of dawiiiiig singetli ail night long; Awà tlicn, tlîoy say, no s|)irit dares stir ahroad ; The niglits arc Avholesonie ; tlicn, no planets striko No fairy takcs, nor Avitcli liatli poAver lo charin, So lialIowM and so gracions is the tinrie.

Il est à remarquer que c'était à Tépoquc de Noël qu'avaient lieu, au moyen àgc, toutes ces fOtes moitié sacrées, moitié boufTonnes qui, dans rorigine, remontent sans doute aux Saturnales. Le jour de Noël, on célébrait la fête de l'Ane ; le î2() décembre, celle des diacres; du i*^*" au (> janvier, celle des fous.

1. Sluflncli, EiUla Smininulis (h'x W'eiscn, [larlio I; p. 85, notes.

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