Aclc I. scciio I, in fineni
La fête du printemps portait le nom à'Eostur; à l'avèneent du christianisme, Eoster devint le nom sous lequel on isigpna la fête de Pâques. Les feux de joie qu'on allumait à
fête d'Eostury en l'honneur de Freya, donnèrent naissance IX feux de Pâques, Osterfeuer^ de la Belgique et de TAllelagne et aux feux de la Saint-Jean, en 'France *. Le souvenir e ces deux grandes fêtes subsiste encore dans les tradions féeriques.
Suivant la croyance populaire de l'Irlande, les elfes céèbrent deux grandes fêtes dans Tannée : l'une est au comnencement du printemps, quand le soleil approche du soltice d'été; alors le héros O'Donoghue, qui jadis régna sur la erre, monte dans les cieux sur un cheval blanc comme le îit, entouré du cortège brillant des elfes. Heureux celui qui aperçoit, lorsqu'il s'élève des profondeurs du lac de Killarey! Cette rencontre lui porte bonheur. A Noël, les esprits >uterrains célèbrent une fête nocturne avec une joie sauvage ■ qui inspire la frayeur. Les esprits des forêts courent dans s clairières, revêtus d'habillements verts ; l'oreille distingue
mugissement des bœufs sauvages, le trépignement des levaux. Lorsque le peuple entend ce vacarme, il dit que c'est troupe des chasseurs furieux : das wiithende Heer, die ''Ithenden Jœger, Dans l'île de Moen, on appelle ce bruit le '*onJette; en Suède, c'est « la chasse de Wodan ». Plu- &urs poèmes du moyen âge renferment des allusions à ce Chasseur sauvage » que le poème de Roland, composé par inrad au xiii^ siècle, appelle « l'hôte que le diable envoie îvant lui*. » On le retrouve aussi dans les légendes du Chasseur éternel », du « Chasseur sauvage », de 1' « Esprit i Hœselberg », du « Chasseur nocturne » des Riesengebirge ^, i grand veneur de la forêt de Fontainebleau, de la chasse de lint-Hubert et du « Chasseur infernal. » Ces différentes rendes ont fourni à Bûrgcr le sujet de sa ballade du « Chasur féroce », der wilde Jœger. Le nom de Ifellequin, qu'on
Schayos . F.gsai lUtlorique sur les usages^ croyances el tradilions des Belges, ixeljcs, 188i, cliap. ii, p. 15.
. Crofton Croker, ouvr. cité, tome III, p. 93.
Griram, ouvr. cité, tome I, p 293, 2y6, 432, 470.
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lai donnait an moyen 'âge et qni w pcnf'^tre qneiqae Bap{»of% OL-yrec'cehn à^Etfen-Kœfdg'^ le roi des dUTes* a passé enau^A Tnn des personnages dn tfaéftti^ bei^^aniasqae, Arleqttm i.
DB L*ORIGXNS PAIbNNB DU SABBAT AU XOTBN AGB
(Féêi, p. 39. - i~ édit., p. 60, note i.)
• La défense dn ooncile d'Aix-la-Ghapelle ne laisse ancvi dbntie sur Forigine païenne dn sabbat :
lUud etiam non admittendum^ dit nn de ses eanmtfi quod quœdam mnlieres seeleraUB^ rétro post Satanam cos^ ^ersœ, credant se etprofitentar cum Diana^ paganorum ifoi et innumera muUerum maltitadine^ eqnitare beetias el hioUa terrarnm spatia intempesiiçœ noctia mIenUo pertroMMt, Jttssionibus çelut dominœ obedire et eertis noctibas ad ejui serçitatem eoocoH.
On voit, par ces paroles, qne les funenses équipées de s^htcières remontent an culte de Diane ou de HoUa. Cette HoUa était la même divinité que Frej^, UIndiculas semble FaToir eu en vue, quand il parle de la lune, sur laquelle des femmes exercent un pouvoir magique. Cette lune est Diane, c'est-àdire Holda; ce pouvoir exercé sur la lune par des femmes est une superstition qui se rencontre chez les Grecs; on Tattribuait aux magiciennes de la Thessalie *. Les Capitulaires condamnent également les assemblées nocturnes.
Nous renverrons le lecteur à l'intéressante dissertation de Georges Zimmermann, intitulée : De mntata Saxonutn çeterum religione (Darmstadt, 1889 , in-4**), pour de plus amples détails sur cette déesse Holda ^ identifiée par les Romains à Diane et à Vénus; on Fappelait aussi Bensozie, Pharaïlde ou Hérodiade, Ce dernier nom est posté-
1. Voy. J.-J. Ampère : Histoire littéraire de France avant le xik tiècle^ loroell, p. 138 el suiv.
2. Pline: Histoire naturelle, xxx, 1. Virgile, Eglogtie viii, 9. Horace, Epùdft. Ode V, vers 45-46.
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rieor à rétablissement du christianisme; il lui fut donné d après la tradition, répandue au moyen âge, qu'après la mort de Jean-Baptiste, la femme d*Hérode fut condamnée à errer chaque nuit dans les bois, sans pouvoir prendre de repos, depuis minuit jusqu'au chant du coq. D'après l'auteur, cette tradition remonterait au culte de Holda, dont elle ne serait qu'une transformation ; aussi bien que les légendes relatives au « Chasseur sauvage » et du « Grand Veneur » citées plus haut.
Les vacations nocturnes, utisëtur, se rencontrent aussi chez les Scandinaves; elles se rattachaient,, ainsi que les voyages chez les Finnois , finforar^ aux opérations théurgiqaes et spécialement au seldr ou art de revêtir telle forme ou peau d'animal qui vous plaisait. Après avoir été, chez les peuples du Nord, considéré comme la science des dieux, le ^^Hr fut pris en horreur, regardé comme la science des loles^ -est-à-dire des ennemis des dieux et défendu sévèrement, -«s codes Scandinaves punirent les opérations magiques ^mme des crimes, et Olaf le Saint brAla traîtreusement ^ns un festin, après les avoir enivrés, tous les magiciens, ministres du seidr.
DR l'identification DU DIEU AVODAN AVEC MERCURE
{JFèçiy p. 41. — Irc cdil., p. 63, note 1).
Beaulieu, dans son Archéologie de la Lorraine, se fon- [int sur la ressemblance qui existe entre le surnom de Wodan . le vieux mot saxon ivood, qui signifie bois, en a conehi le Mercure- Wodan était le dieu des forêts, que les Gaulois 3S Vosges et des bords du Rhin adoraient, comme ceux de \rmorique et des Pyrénées faisaient le Mercure Teutatès. DUS ne partageons pas l'avis de cet antiquaire et Tassimilnon d'Odin et de Mercure nous semble reposer sur des rai- )ns plus solides. Partout où Wodan recevait un culte, à and, dans l'île de Walcheren, en Germanie, les annalistes
latins le désignent sous le nom de Mercure. On peut s'en assurer en lisant la vie de l'archevêque d'Utrecht, saint Willebrord, écrite par Alcuin*. Le dieu à qui les Alemanni oflraient, près du lac de Zurich, des libations de cervoise dans une coupe immense, est appelé Wodan par Jonas, abbé de Bobbio, et il ajoute qu'il est le môme que Mercure * : or, ces libations dans le vase nommé kufe, kuebeU étaient particolières au culte d'Odin. Au viii* siècle, Paul Wamefried, l'historien des Lombards, écrit que Wodan ou Godan était la principale divinité de cette nation avant sa conversion au christianisme ^.
Or, on sait que la religion des Lombards, venus des bords de la Baltique, était la même que celle des peuples du Nord, ce qui prouve que Wodan est bien l'Odin des Scandinaves. D'ailleurs, comment douter que ce Dieu n'ait été bien réellement la divinité principale des Alemanni^ quand Walafricd Strabon, auteur contemporain de Louis le Débonnaire, écrit dans sa Vie de saint Gall, qu'à l'époque du saint, c'est-à-dire au début du vu* siècle» ces peuples avaient trois grandes idoles qui représentaient leurs trois grandes divinités *. Ces idoles étaient certainement celles de la triade Scandinave, composée d'Odin, de Thor et de Frigga, et qu'r^ric Olaus' nous apprend avoir été longtemps adorée à Upsala : Le mercredi, Merciirii dieu, fut désigné par les peuples de souche germanique, sous les noms de ivodestag, iCodungS' iag, ivodenstag, noms qui se sont conservés en flamand et en hollandais sous la forme wocnstagj en anglais sous celle de ivednesday^'.
On sait que la semaine planétaire, c'est-à-dire rancicnne période de sept jours, à laquelle on a appliqué le nom de sept planètes, d'après la correspondance astrologique établie entre les planètes et les décans du zodiaque, est d'une origine
\. Mabillon : Acla nnnctorum ordinisS. lienedirli, siPC. III. pars prima.