‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 218 sur 251 · SUR LA MORT DE MOÏSE ET LES RITES FUNERAIRES · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE MOÏSE ET LES RITES FUNERAIRES

CHEZ LES JUIFS {Légendci piewet, p. 168. — Ire édit., p. 78, noie ajoutée par Tautour).

On voit dans la Vie de Moïse, publiée par M. Gaulmin, ]ue Saniaël, prince des démons, attendait le moment marqué

1. Fleury : Hisloire ecclmaglipie, \\, i\; Vicelius : Hagiologium, fol. 112; .obiiieau : Vie des saints de Itretngnc, vio do saint Friard, t. I, p. 321.

2. Molanus: Uisloria sanctorum im'iginum, éd. Paqnot, lib. 11, 29, p. 81. .3. Van Praol : H^vhercUes sur Louis de Diugcs, p. 101-102.

4. Jacques de Voragine : Légende dorée^ trad. Brunet, I, 245.

pour la mort de Moïse, afin de le tuer et de lui enlever son àiue. Mais Dieu ordonna à Tange Gabriel d'aller lui rendre cet office. Gabriel s'en excusa, disant qu'il n'osait l'entreprendre. Michel s'en excusa de même, ainsi que Zinghiel, en sorte que Dieu y envoya enfin l'ange du mal, Samaël. Mais Moïse le chassa deux fois, l'aveugla par l'éclat de sa gloire et, enfin, pria Dieu de ne pas le livrer à l'ange de la mort. Dieu l'exauça et vint lui-même, accompagné de Michel, de Gabriel et de Zinghiel, pour appeler son âme à lui, et il la retira par son baiser, suivant cette parole : Mortuus est Moïses, serçus Domini, Jiibente Deo, ou, en serrant l'hébreu de plus près : super os Domini, c'est-à-dire Moïse, serviteur de Dieu, mourut sur la bouche du Seigneur. — Le vrai sens de cette expression est qu'il « mourut suivant l'ordre du Seigneur ».

Les rabbins enseignaient que l'ange de la mort se tient sur la tête du malade ou du moribond, ayant en sa main un glaive étincelant et prêt à frapper. Le moribond, le voyant, est saisi de crainte et la frayeur lui fait ouvrir la bouche, dans laquelle l'ange du mal fait aussitôt couler trois gouttes mortelles, qui sont à la pointe de son épce. L'une de ces gouttes le fait incontinent mourir ; l'autre le rend pâle et livide et la troisième le dispose à être réduit en poussière. Dès que le malade a expiré , l'ange de la mort accourt au premier vase d'eau qu'il rencontre ; il y trempe son épée pour la laver et infecte ainsi ces eaux d'un poison mortel. C'est pourquoi les juifs répandent alors toute l'eau (jui est dans la maison, de peur que quelque animal n'en boive el ne s'empoisonne. Ils croient de plus que Tàme du mort vient souvent visiter le corps qu'elle a quitté. C'est pourquoi ils allument pendant sept jours une lampe dans la chambre mortuaire , afin que l'àme y trouve de la lumière. Lorsque le corps est enterré, l'ange de la mort vient s'asseoir sur le tombeau, lait rentrer pour un moment l'àme dans son corp^ afin qu'elle le tienne droit. Alors le mauvais ange tenant une cliaîiie dont la moitié est chaude et l'autre froide, en frappa' trois fois le cadavre ; du premier coup, il lui brise les os, à\\ deuxième il les disperse, et du troisième il met tout le corps

en poussière. Après cela, les bons anges viennent rassem- Uer tons les os épars et donnent de nouveau la sépulture au

corps.

DE LA REPRÉSENTATION FIGURER DES ANGES DANS LES ÉGLISES LATINES ET DANS LES ÉGLISES GRECQUES {Légendes, p. 176. — !'• édit., p. 8*, note 3 et p. 83. note 1.)

Saint Jean Chrysostome a dit à ce sujet: Kai y^p 6 Faôpi^X tTauevo; :paiV6Tai, oux èittiOT] xrEpi 7r£pt tov i'^ytkov, a)X tva »JLaOY)ç ^ti sx 5v ul^yjXoTGtTWV yo)pt(i)v xai t'ov ofvo) Starpi^wv irpoç t/jV avOpcf)iitVY)v

iTxTflii 9uatv, etc. *. Omnis spiritus aies est : hoc angeli et vmones igitiir momento ubiqne sunt^, dit TertuUien ; et le irdinal Borromée développe la môme idée dans son Traité ; la peinture sacrée : ALv advelocitatem indicandam addunr ; vestLsy modes tiœ causa ; oris humani specieSy quia nulla ia perfectlor, figura juçenilis est ad çim potentiamque dicandam quam nulla senectutis tabès attingit ^ . Chez les lostiques les ailes attachées aux épaules et aux pieds faiient allusion au pèlerinage de Tâme dans des régions supéeures. La jeunesse donnée aux anges avait aussi pour but indiquer la pureté de leur essence et l'éternité de leur vie *. 'usage d'attribuer des vêtements blancs aux anges est venu 1 désir d'exprimer, comme nous Tavons dit, la pureté de ur essence, motif qui fit également adopter par TÉglise les [•nements blancs, les jours de fête des vierges et des confesîurs ^. Néanmoins, dans TOrient, la couleur bleue, symbole issi de la pureté, comme étant celle du ciel, a plutôt préalu, ainsi qu'on peut le voir dans les peintures des manus- •its grecs. Le nombre d'ailes a été, par la même raison, roportionnel au degré de perfection et de spiritualité de essence des hiérarchies angéliques. Voilà pourquoi, dans les

f. De iticomparabili Dei nalura (Homélies, III. c. 5) ± ApoloyeticuSf c. 22.

3. Livre II, o. 6, p. 65. — Cf. J; H. Ru bel. De Dirinis officiis, lib. 1, c. 5.

Page 1