‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 236 sur 251 · R. Abdiam : In oratione mischem, p · texte numérisé non relu

R. Abdiam : In oratione mischem, p

semblable aa corps. Dans Flliade, Tâmc de Patrode apparaît à Achille toute semblable au héros qu'elle avait animée :

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Quoique la majorité des Pères ait regardé Tàme comme une substance complètement incorporelle, sans néanmoins concevoir Tincorporalité d une manière parfaite» cependant quelques docteurs lui attribuaient volontiers une forme: « Characterem corporis^ dit saint Irénée', in quo etiam aicfiantur^ custadiunt eumdem, habentque hominis figuram^ ni etiam cognoscantur ». Saint Augustin, tout en tenant Tâme pour incorporelle, croit cependant qu'elle peut avoir Fapparence d'un corps' et ne peut se représenter l'âme incorporelle. Le « Maître des Sentences » enseignait aussi que Tftme avait Tapparence d'un corps qu'elle pouvait porter en enfer, qoe les âmes des morts ne sont pas privées de leurs sens, et qu'elles peuvent encore éprouver une foule d'affections, telles que l'espérance, la tristesse, la joie et la crainte : Hanc sinUlitudinem (corporis) etiam apud inferos gerit^ non corpo" ralem, sed corpori similem. — Probatur animas defunctorum^ non solum suis sensibiis non prlvari, sed nec ipsis affectibiis, scilicet spe, trislitia, gaiidio ac meta carere^, » Mais quelles qu'aient élé à cet égard les opinions des docteurs, il est certain que le peuple ne se représenta jamais Tâme autrement que sous une forme corporelle, et il prit toujours au propre ce que l'Evangile dit de Tàme de Lazare et que saint Thomas entendait au figuré^. C'est ce qu'on peut reconnaître par une foule de passages des Actes 'des Martyrs, dans lesquels on voit souvent reparaître cette expression : « Les esprits bienheureux le vinrent prendre dès qu'il eut expiré, et le portèrent dans le ciel, comme ils y avaient autrefois porté Lazare'».

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