‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 243 sur 251 · LA FÊTE DES ROIS-MAGES · texte numérisé non relu

LA FÊTE DES ROIS-MAGES

{U'ijenUeg, p. i^i. — W- cdil., p. a>5-î07, iiuto.)

L'origine de cette fête, que le peuple désigne sous le nom de Fête du liai boit, remonte aux rois du festin dont parle Horace :

Non régna vini sortiere lalis*.

Cette dignité bouflonne du roi du Festin était appelée par les Grecs : ouuTroai'jip/oçpaaiXeùç et par les Romains: rexnwdimpe' rator '. Pierre de Natalibus dit que des trois rois mages, le premier avait Go ans, le second, 4^, le troisième, 20 *. On lit dans les Collectanea, faussement attribués à Bède le Vénérable : Dicitur fuisse primus senex et canus, barba prolixa et capiUis, aurum obtulit régi Domino. Secundus, jut^enis, imberbis, rubicunduSj thure quasi l)eo oblatione digna, Deum honorât. Tertius fu.scus, intègre barbatus^ per myrrham Filiuni hoiainis miindo professas est ».

Suivant la légende qui avait cours au moyen âge, les Mages reçurent le baptême des mains de saint Thomas et souffrirent le martyre dans Tlnde. L'hymne suivante, chantée le jour de l'Epiphanie, rappelait la prétention de Cologne :

Hyinnis lauduin |)raeconiis, Deuin colc Colonia, Trium reguin reliqiiiis Dilata Doi gralia *.

11 y a au reste peu d'événements du Nouveau-Testament qui présentent autant de difficultés liistoriques que l'histoire des Mages. Aujourd'hui, l'Eglise célèbre la fête de l'Epiphanie après la fêle des Innocents, et cependant le massacre

\. Livre VII, odo 4.

i. Hain|>H)ii : Cal^ndarium mediiievi. Londres, 18H, in- 8, l. I, p. 136.

li. Catnlotjus siinrlorum^ lib. Il, c. 48.

». H. -A. Daniel. Themmrux hifmnolotiirfu. l. I. p. i78.

des lunocents, d'après l'Évangile, suivit l'adoration des Mages. Pour faire accorder ces deux faits, il faut donc admettre qu'ils ne se sont pas passés la même année. Mais alors, comment expliquer l'intervalle de temps qui séparerait l'arrivée des Mages du massacre ordonné par Hérode? Les sarcophages des premiers chrétiens en nous montrant, par leurs bas-reliefs, Jésus déjà âgé d'environ un an, lorsqu'il reçoit les présents de ces personnages mystérieux, confirment l'hypothèse qui tendrait à supposer qu'une année s'était déjà écoulée depuis la naissance du Christ, à l'arrivée de ceux-ci, et cette opinion a, sans aucun doute, été fort accréditée chez les premiers chrétiens ; elle est d'ailleurs formellement soutenue par saint Epiphane ' ; elle a été adoptée par Faber, Osiander, Bollandus. 11 faut joindre à ces autorités celle d'un ménologe grec de l'empereur Basile Porphyrogénète, de Vaxi mille environ, qui fixe au 26 septembre la fuite en Egypte. Au moyen âge cette tradition avait encore cours. A Saint- Eustorge de Milan, l'enfant- Jésus est représenté déjà grand, dans le sujet des Mages.

Dans plusieurs bas-reliefs on le voit prendre lui-même les présents. D'après Le Nain de Tillemont*, on assignait en Orient le G janvier pour date de la naissance du Sauveur, et l'on célébrait en ce jour, nommé Epiphanie ou fête des lumières, la Noël et l'adoration des Mages. D'après Cassien, on célébrait aussi en même temps le baptême de J.-C, dont aujourd'hui on ne fait pas mémoire dans l'église latine. Saint Grégoire de Nazianzc ajoute encore à cette fête la purification de la Vierge. En sorte que l'église grecque honorait en un seul jour tous les mystères de l'enfance de J.-C. Saint Jean Chrysostôme, en parlant de la fête de Noël, dit formellement : « Aujourd'hui les Mages sont venus adorer Jésus-Christ. » Les Grecs honorent encore actuellement l'arrivée des Mages le q5 décembre, et célèbrent la fête du baptême du Sauveur, le 6 janvier.

Une série de bas-reliefs, situés au-dessus de la porte de

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