Orelli. n
Brarobach, Corpus inscriptianum rliennnnruia, w 6'»7; et Orelli, n^lGoO. 9. Cf. Am. Thierry, Histoire des Gaulois, 2« cdit., l. II, ch. i, part. 2, p. 69; el Orelli, JnteripUones latirtœ sclecla\ n° 1651.
4 LËÔ ï'ÉES
Grannus, sous ceux des déesses Damona ou Sirona \ etc. Rome, qui plaçait dans son Panthéon les dieux de tous les peuples qu^elle soumettait à son empire, confondit dans son vaste polythéisme les divinités de la Gaule et de la Germanie, et lorsque les inscriptions nous révèlent Texistence de divinités topiques, de croyances locales, elles nous les montrent déjà transformées par l'influence latine. Le nom du dieu romain est joint à celui du dieu gaulois avec lequel il offrait quelque analogie. C'est ainsi qu'Ogmius devint Hercule Ogmius; Grannus, Apollon Grannus; Camulus, Mars Camulus ; Abnoba et Arduinna, Diane Abnoba et Diane Arduinna; Visucius, Mercure Visucius. La racine de ces vocables divins, étrangère au latin, dénonce la confusion que le peuple-roi s'eflbrçait d'opérer entre toutes les religions, pour les ramener à la sienne et étreindre par un même lien sacerdotal ceux qu'il étreignait déjà par un même lien politique '. Quelquefois le nom primitif du dieu a tout à fait disparu ; le nom latin est resté seul. Mais malgré cette substitution d'un nom nouveau, il est presque toujours aisé de reconnaître la divinité nationale originaire. Que de fois on a retrouvé dans la France et l'Allemagne des inscriptions qui sont relatives aux Nymphes, aux Suleviœ, aux Sylvains, aux Junones, et qui font voir combien le culte de ces divinités secondaires était répandu dans les contrées gauloises et germaniques ! Tantôt c'est un Prœfectus aqiiœ qui, sur les bords du Rhin, dresse un autel aux nymphes qui président aux ondes sacrées du fleuve^; tantôt c'est une druidesse, Arété, qui,
1. Brambach, Corpus imcr. rhen., n«» 919 et 1597. Lorsque le culte romain eut remplacé le paganisme (i^aulois, Vnnus Anadyomène fut substituée peut-être à Damona et à Siroua, tout comme Apollon à Borvo et ù Grannus; au moins le grand nombro de statuettes de cette déesse, qu'on a trouvées dans des thermes établis par les anciens près des sources minérales, le donnerait à penser. Plusieurs de ces statuettes ont été -lécouvertes ù Vichy.
2. ((Home se soumit elle-même aux divinités étrangères ; elle les reçut dans son sein, et par ce lien, le plus fort qui soit parmi les hommes, elle s'attacha des peuples qui lu regardèrent plutôt comme le sanctuaire de la religion que comme la maltrciise du monde.» (Moiiti'squieu, Politique des Romains dans In religion,)