‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 41 sur 251 · IN- 11- D- D H DEABVS NVMPHIS' SIGNA • ET H ARAM* G* CARAN · texte numérisé non relu

IN- 11- D- D H DEABVS NVMPHIS' SIGNA • ET H ARAM* G* CARAN

snr Tordre d'un songe, consacre un ex-voto aux sylvains et aux nymphes du lieu* ; une autre fois ce sont des charpentiers (Jtignarii) de Feurs qui réparent un temple de Sylvain *, Ne sont-ce pas là des monuments qui attestent que le culte des bois, des eaux et des fontaines s'était encore conservé dans la Gaule pendant la domination romaine? Dans ce lac dédié à Apollon et situé près de Toulouse, lac qui recevait les offrandes d'or et d'argent qu'y venaient jeter les Tectosages, ne retrouTe-t-on pas également l'antique adoration des eaux^?

Non seulement les peuples de la Gaule et de la Germanie adressaient leurs vœux aux agents physiques de la nature qui étaient pour eux les manifestations de puissances divines cachées, mais chaque ville plaçait encore son territoire sous la garde d'une divinité particulière avec laquelle cette ville, ce territoire étaient pour ainsi dire identifiés. Cette croyance à des divinités autochtones et topiques, vestige épuré du fétichisme plus grossier dans lequel la terre elle-même recevait un culte, exerçait une heureuse influence sur le patriotisme des Gaulois ; elle attachait, par le lien le plus sacré, Thomnie au sol qui l'avait vu naître en transformant ce sol même en une divinité qui vivait en lui et en protégeait les habitants. Les dieux ne faisaient qu'un avec la patrie : abandonner son toit, sa cité, c'était quitter sa religion. Cette idée empêcha plus d'une fois le Gaulois, prêt à émigrer, de délaisser un sol ingrat pour une terre plus féconde ; elle contribuait aussi à réveiller, dans l'âme de celui qui avait quitté sa demeure, la pensée du

TINIVS 1 MATERNV H S • PRAEFFXT || VS- AQVE- |! V-SL LM (Inscription trouvée à Kastel, près de Mayenoe (Brambach, Corpun insc. r/i.^ n» 1329).

1. SILVANO- Il SACR. [i ETNYMPHIS • LOCl. Ii ARETEDUVIS- H ANTISTITA- i! SOMNIO-MONITA- || D — Inscription trouvée, dit-on, à Metz , apwl. Robert et Caj;;nat, Épigraphie de la Moselle, p. 89; elle a disparu et son autlienticiié peut élre contestée.

2. NVMIN- AVG- DEO- SILVANO i' FABRI • TIGNVAR || QUI • FOR. SEGVS- CONSISTVNT. li D- S' P* P- (Aug. Bernard, Description du pays des SegusiavfS, page 5i).

3. Aulu-Gelle, lib. IIÎ, ch. ix; — Orose, lib. V, cli. xv: — Cicéron, De naturn Deorum, lib. III, n» 21.

retour. 11 n'y avait pas, sans doute, que les Gaulois et les Germains qui eussent ainsi divinisé leurs villes, afin d'y attacher davantage les citoyens ; dans toute Tantiquité, chaque peuple eut ses dieux, comme ses lois, distincts de ceux des autres peuples ; dieux qui prenaient fréquemment leur nom de celui de la nation ou de la cité qui les invoquait. Athènes et Rome, personnifications des deux plus célèbres villes de la Grèce et de ritalie, étaient regardées comme des déesses. Mais chez les Gaulois, cette localisation religieuse était le fondement même de leur mythologie ^ Chaque divinité était affectée à une ville, à laquelle elle empruntait son nom : Nemausus veillait sur Nîmes, Vesontio sur Besançon, Luxovius sur Luxeuil, Bibracta sur Beuvray. Plus souvent, c'étaient plusieurs divinités réunies qui étendaient à la fois leur protection sur une peuplade, sur un territoire. On ne les désignait pas par un autre nom que celui de cette même peuplade, de ce même territoire. A Rumenheim, elles s'appelaient iîfima/ieA^^; à Hamm, HamaoehcB^; à Trêves, Treoerœ'*; Fa^aZmeA^ à Wachlendorf^; chez les Gallaici ou Callaici, Gallaicœ ®; et lors même qu'on ne reconnaît pas quel était le peuple qui les honorait d'une manière spéciale, la terminaison seule de leur nom indique qu'il est dérive d'un nom de peuple ou de ville '.

Ces divinités étaient ordinairement représentées par trois femmes portant dans leurs mains des fleurs, des fruits ou des

1. C'est ce qui nous est démontré par les fréquentes inscriptions que Ton trouve dans la Germanie et la Gaule, et qui sont consacrées au genius lod. Les Homains avaient substitue cette divinité, qui appartenait à leur religion et auquel ils associaient toujours un grand dieu, à la divinité topique. (Fr. Lchne, SœnimUic/ie W'erke herausgegebenn von Kulb, t. 1, p. 190 et suivantes).

± Brambach. Corpus inscripiionum rhenanartinit n»« 297, 565 et 6(M.

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