Suitsattiques, III
Les Faia se rattachaient en outre aux Junones, aux Campestres, aux Nymphœ^ à toutes les divinités champêtres. Le .nom de Fatuœ^ souvent donné aux nymphes, était emprunté à la même racine que le nom de fatum^. Ce radical^^ renfermait ridée d'avenir et de destin. Les Parques tenaient ainsi à la fois des divinités champêtres et des divinités généthliaques ; et si, d'une part, elles partageaient avec Lucine et It^Junones les fonctions d'obstetrices*, de Tautre, elles étaient redoutées des habitants des campagnes, et c'était dans les Tallées de la Phocide qu'on plaçait leur séjour^.
Les Fatuœ ou plus anciennement Fe/i^Aa*, étaient les épouses des Fatui^ appelés aussi Fauni, divinités champêtres habitant les bois, les lieux sauvages et qui tantôt protégeaient les hommes, les troupeaux, tantôt les tourmentaient et persécutaient. Leur nom était dérivé de celui d'un dieu auquel on avait originairement prêté les caractères que les poésies saturniennes attribuèrent ensuite à plusieurs^. Faunus et Fauna étaient des divinités fatidiques : Quidam deus Fatuus^ dit un mythographe latin'; hujus uxor Fatua^ idem Faunus eteadem Fauna. Dictisunt autem Faunus et Fauna a vaticinando ; unde et fatuos dicimus, inconsidéré loquentes. Ces dieux étaient représentés sous la figure d'êtres velus ; on les supposait identiques aux incubes qui produisent les cauchemars. Faunus infernus dicitur deus et congrue ^ dit un autre mythographe'; nam nihil est terra inferius, in qua habitat et responsa dat, Ipse est et Fatuus ; hujus uxor est Fatua ; idem Faunus et eadem Fauna a vaticinandOy id est fandc, Fauni autem sunt qui vulgo incubœ velpilosi appella-
\. Vos«, Erklarung VirgiCs IV, 46. Cf. Harlung, Die Religion (1er /{orner, t. Il, p. 231 et suiv.
2. Aî'.vai Osai a^ptiuiai;, a dit Thoocrilc, Idylles, XIII, v. 44.