‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 59 sur 251 · I,a VilkMiiuniuc, Itarzaz-lireii, 4<* cUil. t. l, p · texte numérisé non relu

I,a VilkMiiuniuc, Itarzaz-lireii, 4<* cUil. t. l, p

4, Ibid., t. I. p. 'i3.

Ces idées défavorables reparaissent sans cesse dans les traditions relatives à ces femmes mystérieuses. La beauté est, il est vrai, un des avantages qu'elles ont conservés, et cette beauté est presque proverbiale dans la poésie du moyen âge*. Mais, à ces charmes, elles unissent quelque secrète difformité, quelque affreux défaut; elles ont, en un mot, je ne sais quoi d étrange dans leur conduite et leur personne. La charmante Mélusine devenait, tous les samedis, serpent depuis le nombril jusqu'au bas du corps. La fée que donne pour ancêtre la légende à la maison de Haro avait un pied de biche et elle n aurait été en réalité qu'un démon succube.

Les fées ont perdu peu à peu les prérogatives divines, les prérogatives qu'elles avaient en qualité de Parques, c'est-àdire de maîtresses des destinées humaines. Elles ont été graduellement réduites à la condition plus humble de l'humanité. Toutefois, on ne les a pas entièrement dépouillées de leurs privilèges ; il leur est resté une sorte d'immortalité :

Perché una fata non puô mai niorir mai, Sinché non giunge il giorno del giudizio,

aditBoiardo dans VOrlando innamorato ^. Mais cette immortalité est triste comme celle de Tithon, elle n'est pour elles qu'une longue vieillesse, une série de maux auxquels le trépas ne doit point apporter de terme. Ariostc fait dire à la fée Manto, dans son Orlando furioso^ :

Nascemmo a un punlo che d'ogn'allro maie Siarao capaci, fuor chè délie morle.

Ma giunto è con queslo essere immortale Gondizion non men del morir forte.

'• Le roi Mériadus, en voyant la mio de Gugemcr, la prit pour une fée latil *^JIt eUiii belle :

Dedenz uni la dame trovéc, Ki de biauté resanblait fee.

{Pnrsies (le Marin de France, éd. Roquefoil. 1. 1, p. 100.) ^ Partie II. c. 26, str. 15.

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