‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 63 sur 251 · IbideiUf 1, p. 158 et ss · texte numérisé non relu

IbideiUf 1, p. 158 et ss

3. On divise les IrolU ou Irolds en troUls des bois, skovlroUU, et trolds des monta^nos, bjerg-trolds. Dans une foule de mots composes danois ou irlandais, la prépositive troll implique l'idée de magie, d'enchantement.

4. Miebelungen (!'• aventure). — Les gnomes fuient la présence du jour, habitent sous les pierres, comme nous l'apprend VAvisin(jl :

By ek fur jorth nelhan A ek, undir stciui, stath;

et dans les cavernes, ainsi qu'on le lit dans les Niebelungen :

Von wildcn Getwergen han ich gehoret sagen Sie sin in Holn bergcm.

Plusieurs légendes racontent comment des gnomes ont été décou\erls sous des

LES ESPRITS FANTASTIQUES DES PEUPLES DU NORD io

Ed géoéral, ces esprits fantastiques sont dépeints comnie des nains ; mais on ne leur attribue pas exclusivement, comme aux fées, le sexe féminin. Celles-ci sont, de leur côté, représentées quelquefois comme fort petites, idée qui nous paraît étrangère aux Grecs et aux Latins. Le nom de fée est pris parfois dans le sens masculin, et le génie auquel ce nom est attribué, comme dans la légende du Fée amoureux^ est mâle\

Les esprits familiers, appelés aussi au moyen âge follets^

lutins ou goblins en France, kobolds et kaboiiter, mannekens

par les Allemands, prenaient soin du bétail, veillaient sur

les maisons. Ces follets semblent du reste avoir emprunté

leur nom des fatui latins. A Bonlieu, en Franche-Comte, on

attribue les mêmes fonctions aux fées^ A certains de ces

esprits était commise la garde des trésors que recèle la terre ;

c'étaient les gnomes, dont Alberich, le guerrier des Nicbc-

lungen, est le plus fameux. On attribuait également en

Franche-Comté la garde des richesses déposées au fond des

cavernes à la fée Mélandre^.

Ce sont les elfes qui odVcnt les traits les plus particuliers de ressemblance avec nos fées françaises. Leur roi, Elfen- Konig, dont une faute lypogi'aphique a fait le « roi des Aunes », ErlcnKonig'\ semble être le prototype du petit roi Auberon de nos romans du moyen âge, d'où Wieland Ta tiré pour lui donner une vie nouvelle \ Les femmes des elfes sont regardées en Allemagne comme

l'iiTris. (Icrriorc U'Sfiuelk's ils cldicMil blottis. Telle est la lOejoiide dans ln(|uollc il est question d'un do r(?s nains, (ju'un .«Mine herjjter trouva près de Diesd»'. S"UsuiH' pierre, etqu'il employa des lorsà^ardersestroupeaux.fGrimm. Trdiiilionn "^Iffnavdes. tratl. Tlieil. t. Il, i . 65). Celte légende rappelle le Tagès des Etrusques. W Sortit, sous la forme d'un enTanl. d'un sillon qu'un laboureur creus lit prés J'' Tanjuinies. mais (jui était doué de toute la sagesse d'un vii'illard.

1. Mil»- Botjuel, la Sormniidie romanesque et men'eillcuse, p s6.

-• ■^'inuirea ik CAcmlémi; Ut liesaiiron^ ls36, p. ^3.

•• ti faute tvpo,;;rapli!que a elc eoniini-e dans un Lied publié par llerder, en ^"'^liiniiun der Volker. (^'est là que Gcetlie a pris VErli'n-kiniigy (lui, grâce à lui, ^'^•1 auiunl (|ue le monde.

^- ?Mtiis k' nom d'()l)eron. variante de ecliii d'Aiiheron, (jui fait sa première ''Hwr.iioii \ers la lin du xiii»? siècle dans le poème de Uuon de Bordeaux.

aussi habiles que nos fées à tourner le fuseau. Une foule de traditions rappellent ces mystérieuses ouvrières. Telle est la légende de la jeune fille de Scherven, près de Cologne, qu'on voit la nuit filer un fil magique*; telle est celle de damcHoUé, que la croyance populaire place dans la Hesse, sur le mont Meisner. Dame Hollé ou Holda est une création de l'imagination germanique, évidemment due au souvenir des Nornes, des elfes et des esprits des eaux. Gomme les Maires antiques, Hollé distribue des fleurs, des fruits, des gâteaux de farine et répand la fertilité dans les champs qu'elle parcourt*; comme les Parques et les fées, elle excelle à filer, et c'est pourquoi elle encourage les fileuses laborieuses et punit les paresseuses; comme les fées, elle préside à la naissance des enfants et se montre alors sous l'apparence d'une vieille femme aux vêtements blancs. Parfois aussi, elle est vindicative et cruelle, à l'exemple de certaines fées de nos fictions françaises : elle se venge, en enlevant les enfants et en les entraînant au fond des eaux.

La fée Abonde ou Habonde, dont il est question dans le roman de la Rose ^ et dont parle Guillaume d'Auvergne *, rappelle la déesse Holda. Cette fée était ainsi appelée parce qu'elle répandait l'abondance dans les maisons. Holda, qui paraît être la même que la Fran Bcrchta ou Peratha, porte, de même que les fées, le nom de Dame Blanche \ On doit célébrer la fête de Holda, en lui ofl*rant du poisson et de la bouillie de gruau. Vient-on à oublier son repas, elle châtie le négligent. Holda s'appelle aussi la Werre, et les paysans du Yoigtland

1. Sic setzt sich m Thaïe am ^rasigcn llain Und spinnet gar fleiasig im Mondenscheiii Und luchelt gar frulich. thut Niemand ein f.oid L'nd hoisst In dor Gcgend dorl woil und broil Das spinnendo Friiulein von Schervon.

(\Vi(l irZiehnort, Preussens Volksi:igt'ii, Mœhrdier. und Legenden, II, n. 3.)

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