CHAPITRE II
ÉLÉMENTS DE l'hISTOIRE BIBLIQUE INTRODUITS DANS LES LÉGENDES, PAR SUITE DE l'aSSIMILATION DE LA VIE DU SAINT A CELLE DE JÉSUS-CHRIST
Ne pas borner renseignement de la morale à un simple énoncé de préceptes, aux leçons théoriques et froides de la sagesse antique, mais apprendre à Thomme ses devoirs d'ime manière plus efficace et plus pratique : tel est le but que s'est proposé et qu'a atteint le christianisme. Ce qui caractérise cette religion, c'est la conception d'un type moral, d'un être parfait, d'un modèle divin, qu'elle propose à l'humanité, comme un perpétuel exemple, comme un guide toujours infaillible. Ce type, c'est Jésus-Christ. Sa vie, c'est-à-dire l'Evangile, en dit plus à l'àme pieuse que tous les conseils sentencieux du Portique ou de l'Académie ; c'est une morale vivante, dans laquelle chacun trouve des sujets de méditation, des règles de conduite appropriées à sa situation, à sa condition, à ses lumières. Ressembler à Dieu, ou plutôt aspirer sans cesse à l'imitation de ses perfections : voilà donc le précepte par excellence, sur lequel repose toute la morale chrétienne. Mais, défini de la sorte, ce principe ne suffirait pas pour faire connaître quel est le caractère spécifique du dogme chrétien. Arrivera la vertu, en cherchant à développer les analogies avec la divinité, dont
nous renfermons le germe en nous-mêmes, c'est ce que Platon avait déjà enseigné*. Mais, en énonçant cette vérité, le philosophe, pénétré delà distance infinie qui nous sépare de l'auteur de toutes choses, avait en même temps constaté notre impuissance à nous approcher, même de bien loin, de ce but, vers lequel devaient se diriger nos efforts*. Ensuite, ce n'était que vaguement que Platon avait défini cette ressemblance. L'homme se trouve dans une condition bornée et relative qui ne lui rend pas seulement impossible une analogie véritable avec l'Être Suprême, mais qui fait que, dans l'idée même qu'il doit se former de celui-ci, il y a une foule de modalités propres à Dieu, qui ne rencontrent en lui, homme, aucun rapport, aucune similitude. Énoncer donc simplement que l'humanité a été conçue d'après le type divin, ainsi qu'on le lit dans la Genèse et dans Platon, et ajouter, comme ce dernier, que c'est sur ce type qu'elle doit régler sa conduite et ses actions ; que c'est sur la nature de Dieu que celle de l'homme doit s'informer et s'ennoblir : c'était décourager ce dernier, par l'immensité du but, sans rien diminuer de la faiblesse de ses moyens. Le christianisme a f senti ce qui manquait à ce grand précepte moral de la ressemblance divine pour le rendre efficace et le compléter. Sans doute, a-t-il pensé, la divinité, seul être parfait, doit être seule proposée au monde comme modèle ; mais, pour que la comparaison soit possible, pour que l'homme puisse réellement se modeler sur Dieu, il faut que Dieu, que cette perfection qu'il renferme et
1. Une idée sublime reposait, inconnue dans les traditions du vieil Orient, où elle se rattachait à des traditions primitives. Cette idée, qui consistait à faire de Dieu môme le type de l'homme et de ses facullés, fut étendue, dans les doctrines platoniciennes, de l'intelligence aux sentiments. Dans de si sublimes théories, Dieu même, source et modèle de toutes les perfections, devient aussi la source merveilleuse, le modèle incompréhensible du dévouement. (Ballanche, Eitaisur les ImUtutions socialei^ ch. ii, p. 58. Paris, 1838, in-12.)
3. Aïo xai ::eipaaOat yj^ri èvOcvÔs exEÎae çeuyeiv oti li/ tara çp'j*pi 6{JL0tb>ai; Oeoj, xatà lo Ôuvaiôv ô(jLOiwaiç 8à Bixatwv xai oawv [xeTa ^pov?Ja£coç "^éyia^ixi, {Theœte, 176, a.) — TeXoç tw ^tXoaoçouvTi f) npoç 0£ov ô[Jioi(jjaiç xaTot t6 Suvarov. Uo Apologie de Justin-Martyr; §21. Comp. C. Grahïus, SpicilegiumPatrum eihœreticoruniy t. 11, p. 197, Oxoniœ, 1700.
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qa^3 définit dans son essence, soit placée, soit enseignée au point de vue relatif et borné d'ici-bas : en on mot, c'est Dieu sans doute que nous devons apprendre à connaître, à imiter, mais Dieu dans les conditions de Thumanité, Dieu homme, c'est-à-dire Jésus-Christ. Voilà comment Fimitation de Jésus- Chiist est, dans le christianisme, la pierre angulaire de la morale ; voilà pourquoi elle nous est enseignée par tous les docteurs de l'Église : «Imitez Dieu, imitez le Christ^», ce grand précepte a retenti de tous les temps, dans la chaire apostolique, depuis saint Paul', qui le prêcha le premier aux Éphésiens : «Conformons donc notre vie à celle du Sauveur', que notre âme s^eilorce d'atteindre sa beauté, beauté morale et intellectuelle^; la ressemblance avec le fils de Dieu est le signe certain du salut, le gage d'une future élection'^ ; car celui qui l'imite Taime*»; tel est le langage des docteurs chrétiens. Un livre, un livre tout entier, que tout le monde admire, V Imitation ile Jésus-Christ, est destiné à développer ce dogme^ canonique par excellence, de la loi nouvelle.
Nourris de ces enseignements, les esprits durent naturellement faire consister les différents degrés de perfection en une conformité plus ou moins grande avec l'Évangile. Et au
t. A£'âv'j9iv OTi £vî xflti ouTfo Tov /ptiTOV [X'.jJLTjaaaOa: 6 YaoTfjVj Ç/payiSa \li[l.r^- «iaîvoç Ti;v ot3n;xpi6fi> {iivr,v, lo àpy^rj:îov satfXTÎaaio. (Saint Jean Chrysostômo, M EfHtt. I adCor, homilia, XIII, 8).
1 Comp. Clément Romain, Epistoln I, p. 9. «Christianus vis cssc? Iniitare Christom in omnibus b, et il dit ensuite : a Qui igiturChristo similes sunt omnino illi »untsimiles. Qui enim Christum vere induorunt similitudinemcjus cfTormarunt în mente sua, in omni vita sua et in omni conversatione sua et in verbis et in tactis, in patientia, in virtutc, in cognitione. in castitate, in longnnimitate, in corde puro, in flde, in spe, in amore perfccto et plcno erga Deiim. n
3. a Conformemur ei qui vitam suam in terris regulam nobis posait Christian^ conser\-ationis. » (Yvesde Chartres, Sermo de Assumpiione h. Virginis.—ii linilalores mei estotc, sicut et ego Christi. n (I Ep. ad Cor. II). Cf. S. Grégoire in EzechieU îib. l,hom. 2.)
^« « Necesse est ut anima, quse Christi sponsa fleri desiderat, pulchritudinis Christi, quoad ejus fleri potest, similis flat. n (S. Grégoire do Nysse, De tcopo chriiliani, 12.)
^' « Spéciale et certum signum est vitœ alternai consequendan, conflgurari Christoquospraedestinavit conformes fleri imaginis fliii sui. »(S.Thomasd'Aquin, àEputotam II ad Cor.. lect. 5.
S- A^aTniaa; oà, (xtjxr^tTjî e-jt) ajTOj tt); ypr^aioTTjTo;. {Epistola ad Diogneiumi, P Î39;cd. cong. S. Maur.)
moyen Age, alors qu'une confusion générale s'opérait entre le sens littéral et le sens fig^é de la plupart des préceptes anciens \ cette conformité avec la vie de Jésus -Christ ne s'entendit plus seulement des actions morales; on voulut que cette analogie portât dans les faits mêmes de la vie terrestre, et principalement dans les miracles', témoignages les plus certains, les moins équivoques, dans les idées d'alors', de la protection du ciel, d'une faveur spéciale du Très-Haut. Un saint dut nécessairement, dans l'opinion populaire, être une copie plus ou moins fidèle du Sauveur*. Dès lors, cette ressemblance plus ou moins frappante des circonstances merveilleuses de la vie de ce saint, avec celles du Nouveau', et nous verrons même de l'Ancien Testament, fut, en grande partie, la mesure des mérites et de la sainteté dç ce personnage. Nos pieux ancêtres s'avisaient d'un expédient fort simple
1. Voyez, sur le développement de cette tendance des esprits à tout rapporter au sens matériel et positif, la seconde partie de ce livre.
2. Ces miracles eux-mêmes, c'est au nom du Christ qu'ils se font. Le thaumaturge n'était alors que le chrétien, armé de la puissance de Jésus et travaillant pour sa gloire. Un miracle était donc une preuve décisive que le Fils de l'Homme avait délégué son pouvoir à celui qui l'opérait; c'est ce que nous confirment ces paroles de saint Augustin : « Miracula enim et nondum natus de Maria fecit. Quis enim unquam fecit, nisi ipse dequo dictum est, qui facit mirabilia magna solus? In ipsius enim virtute et autea qui fecerunl, polucrunt aliquid facere: in virtute Christi Elias mortuum suscitavit. Nisi forte, major est Petrus quam Christus, quia Christus voce suscitavit apgrotantem, Petrus autem cum transiret, umbra Ipsius tangendi proferebantur œgroti. Potentior ergo Petrus quam Christus? Quis hoc dementissimus dixerit? Quare ergo tanla potentia in Petro? Quia Christus in Peiro. » {In Ptalmum XC, teimo 1,1.)
3. On sait que les miracles, et notamment les miracles opérés au tombeau d'une personne pieuse, étaient une de^ conditions do canonisation, témoin cette phrase habituelle des bulles des pontifes, qui annonçaient la mise dans le calendrier d'un nouveau snint : « Quatenus de virtute morum et vcritate signoruro, openbus videlicet et miraculis inquiratis sollicite veritatcm. » (Raynaldl, Annaût ecclesiastici, t. I, p. 589 ctpassim.)
4. Ainsi dans la vie do saint Ignace de Loyola, nous voyons le capitaine du navire vénitien, sur lequel le prôtre, fondateur delà compagnie de Jésus, s'était embarqué pour la Terre-Sainte, lui dire : « Pourquoi faites-vous cette traversée sur mon bord ? Un saint n'a pas besoin de ces moyens matériels et vulgaires. Il marche sur les eaux et imite le Christ. » (Voyez un excellent article do la Revue Britannique sur Ignace de Loyola, extrait de la Foreign Review, octobre 1831, p. 277.)
5. Omnia enira,quœ transacta sunt Domino auctorc, prœdicta sunt secundum Evangelium suum, in que quid sequi debeamus ostendit a^mulos nos ergo sibi esse voluit. » (Rpistola ccclesiœ Smyrnemi de Martyrio sancti PolyccLrpi^ apud Ruinart. Acta sincera. p. 31.)
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pour sanctionner Texistence des autres traditions profondément gravées dans la mémoire des peuples ; c^était de leur fabriquer une origine qui les liait aux intérêts de la vraie religion. Une fraude pieuse, dans ces temps-là, était une invention destinée à remplir quelque lacune historique ou religieuse. Ainsi, Ton ignorait Torigine de la fiole qui servait à Fonction de nos rois. Un clerc rêva, se persuada, puis affîrma qae Qovis Tavait reçue en présent du Saint-Esprit. On ignorait pourquoi Gharlemagne avait entrepris l'expédition d'Espagne. Un clerc, dans sa sagesse, établit un rapport entre les pèlerinages à Saint-Jacques de Gompostelle et la marche du grand empereur ; il jugea que Tarchevêque Turpin, tant vanté par les chanteurs populaires, n*avait pas dû se joindre sans un motif religieux aux barons français ; il imagina donc, puis il composa le récit de Texpédition tel que Turpin Tavait rédigé. Ainsi fut faite la relation pseudonyme qui porte le nom de l'archevêque de Reims ^
Représentons-nous maintenant, ce qui avait presque toujours lieu à cette époque, un moine composant la vie d'un saint. Quels matériaux possédait-il pour le guider dans l'accomplissement de sa tâche pieuse? Sa mémoire lui tenait lieu le plus souvent de tout. C'étaient des traditions recueillies dans la contrée où le saint avait prêché la foi, donné le modèle de toutes les vertus, exercé ses innombrables bienfaits, qu'il ramassait sans ordre et comme au hasard ; et si parfois quelques monuments plus authentiques, quelques pièces écrites venaient l'aider dans sa rédaction, quel moyen de critique, quel contrôle possible pouvait-il exercer, lui crédule et enthousiaste, sur des témoignages enthousiastes et crédules? En présence d'une si triste pénurie de faits certains, de souvenirs toujours incomplets, souvent effacés', que fai-
1. Paulin Paris, Les Maniucrits français de la Bibliothèque du Roi, i. I, p. 162.
i. Une de-î preuves de l'ignorance ordinaire, où se irouvaient les liagiographes. de la vie des saints qu'ils écrivaient, c'est rincertitudc qui règne fréquemment sur répoque, le jour de leur mort. Aussi le jour commémorât] f d'un grand nombre de saints varie-t-il suivant les églises. On se déterminait souvent pour
sait le moiue désireux de raconter, dans ses moindres détails, la vie d'un saint favori, que pouvait-il faire? Plein d'admiration pour ce saint, auquel il s'efforçait de faire prendre un rang honorable parmi ceux qui Favaient précédé dans la béatification, et au culte duquel il voulait attirer le plus de dévots possibles, il se le représentait comme une copie de son divin maître, copie d'autant plus fidèle que son enthousiasme était plus vif ou son ignorance de l'histoire du saint plus grande.
En partie dupe d'une illusion, il revêtait des couleurs du récit évangélique les faits qui, transmis par la tradition, lui offraient avec celui-ci un rapport plus ou moins vague. Telle devait être la manière dont s'écrivait la vie d'un saint, dans ces temps d'ignorance profonde et de ténébreuse piété*. Comment pourrait-on contester que c'était en grande partie des faits apocryphes, des miracles controuvés qui constituaient le fond des légendes sacrées, lorsque, à présent encore, au grand jour de la publicité et de la critique, mille détails mensongers, colportés de siècle en siècle, viennent charger la biographie des hommes pour lesquels les masses se prennent d'admiration et d'enthousiasme ? Comment nier cette influence de la croyance, cette puissance de la foi qui nous fait voir ce que nous voulons voir, ou nous fait croire l'avoir vu, quand, dans les mystifications du somnambulisme, tant d'esprits
ce choix par la ressemblance des noms. Deux saints étaient-ils homonymes, on assignait à leur fête le môme jour, ou on les honorait ensemble à quelques jours d'intervalle. C'est ainsi que nous trouvons trois sainte Euphrasie, célébrées le 13 mars, trois saint Aimé, le 13 septembre, deux saint Siméon, le 26 juillet, deux saint Victor, le 30 juillet, deux saint Tryphon et deux saint Cyrion, le 3 juillet, deux saint Raymond, lo 9 mal, etc., etc.
1. On objectera peut-ôtre contre notre opinion l'autorité imposante du témoignage, mais ne se l'exagère-t-on pas beaucoup? L'enthousiasme d'un seul ne se communique-t-il pas à la foule, qu'il transforme aussitôt en une inflnité de témoins, dont le témoignage n'a au fond ni force, ni valeur? D'ailleurs, les preuves testimoniales ne font pas faute pour attester toutes les fables monstrueuses de la vif des saints, et cependant quel esprit raisonnable pourrait aujourd'hui les admettre? Nous renverrons le lecteur, qui voudra se convaincre de l'exactitude de nos paroles, à un petit livre intitulé : Vie de SainlOvùie, martyr, par le P. Médard, in-12, 16G7; il y verra quelles absurdités peuvent être attestées par lôs preuves les plus auih(>ntiques.
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crédules ou prévenus se sont persuadé assister à des prodiges du fluide magnétique, qui n'avaient d'existence que dans leur imagination et dont ils avaient puisé Tidée dans des livres, oeuvres elles-mêmes de la crédulité et du charlatanisme ?
Mais nous n'avons parlé que de la première rédaction de la vie du saint, de celui qui avait été témoin oculaire ou qui avait recueilli les traditions de semblables témoins. Venaient ensuite les remaniements, les récits ajoutés après coup, les fraudes pieuses si communes au moyen âge^ pour faire renaître la foi à un pèlerinage abandonné, pour entretenir la dévotion au nouveau patron d'une église. C'est alors que prenait naissance la légende proprement dite, et que s'ajoutaient de nouveaux traits de ressemblance entre le saint et le Christs Voilà ce qui explique, d'après nous, les analogies sans nombre présentées par les légendes, avec la vie de Jésus- Qirist. L'imitation de celle-ci se trahit par la reproduction des détails, des paroles évangéliques elles-mêmes*. Il est d'ailleurs difficile d'assigner à ce fait curieux d'autre cause que celle que nous allons développer'. Tout en appliquant néan-
1. Déjà, dans saint Jérôme, il est parlé de faux actes do sainte Thérèse, composés par un prêtre d'Asie et dont faisait mention Tertullien (S. Jcrômo, de Saiptoribus eccUêiaticiSy in Luc, 17, 1); et les Vaudois rejetaient, comme apocryphes, les légendes qui avaient cours de leur temps a legendas sanctorum non credunt ». (Reinerius, Liber contra Valdenses hcereticos, c. v.)
2. Ce qui ajoute à la vraisemblance de notre explication, c'est le but même dans letiuel étaient écrites la plupart des vies de saints. De même que Jésus était le modèle des Chrétiens de toutes les conditions, chaque saint était comme un modèle inférieur, propre à l'homme, dans telle ou telle condition. C'était également le sens du patron des corporations, des états, des individus, rog'irdcs, non pas seulement comme des protecteurs naturels, mats comme des modèles à suivre, des types de la perfection que l'homme pouvait atteindre dans la condition même du saint. Il était naturel alors que Ton rapprochât le plus possible ce modèle individuel et particulier du modèle p<ir excellence qui les embrassait tous. Il existe certaines vies de saints, dans letiqueliesco désir d'oiïrir aux Chrétiens d'un état donné, un guide, un exemple à suivre, est plus particulièrement sensible. Voyez à ce sujet Le Miroir de saint Joseph, patron des chanoines, à la suite de La sainte hiérarchie de 1^ Église et de la Vie de saint Adernld, archidiacre et chanoine de Troyes, par le R. P. Est. Binet. On reconnaît facilement dans cette vie de saint Joseph que tout est rapporté, disposé, altéré, de manièro h transformer en chanoine l'époux do la Vierge, et à ce <|ue ses moindres actes puissent trouver une application dans la vie canonique,
3. Il y a au reste une foule de miracles, dans les légendes, que l'on ne doit pas même chercher à expliquer, attendu qu'ils sont tout simplement supposes. Par exemple, dans les prodiges que l'on admettait a\oir dû nécessairement être
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moins notre règle exégétique, nous nous défendons par avance, et que ceci soit dit des trois parties dont ce chapitre se compose, de toute interprétation forcée qui donnerait à notre façon de penser le caractère d'un système absolu, et nous laisserons le lecteur libre de discerner, dans les faits que nous n'examinerons pas, la possibilité d'adapter ce genre d'explication à leur critique rationnelle ^ .