‹ Croyances et légendes du moyen âge;Chapitre 8 sur 251 · M. Gabriel Monod · texte numérisé non relu

M. Gabriel Monod

XVI ALFRED MAURY

résigner ses fonctions de chargé de cours au collège de France, il se fît remplacer en novembre 1860 par Tun de ses plus jeunes confrères de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Alfred Maury, naguère son collaborateur pour Fachèvement du commentaire joint à la traduction française de la Symbolique^ de Creuzer, et dont il avait pu apprécier la rare érudition et Télévation de caractère. Le nouveau venu répondit à la conflance du mattre qui se retira définitivement en 1862 avec le titre de professeur honoraire, lui abandonnant celui de charge de cours. Il professa ainsi durant deux années pleines au Collège. Enfin, régulièrement présenté par rassemblée des professeurs d*abord, par T Académie des Sciences morales et politiques ensuite, et recueillant en cette occasion le suffrage même de Michelet, Alfred Maury fut nommé professeur titulaire le 23 novembre 1862 .

Alfred Maury, que la mort a ravi le 12 février dernier, après vingt-neuf années d'enseignement effectif, clôt la liste des titulaires de la chaire d'histoire et de morale du Collège de France. Cet éminent savant qui, à l'érudition la plus étendue, savait allier une réelle modestie et une bienveillance qui n'avait rien de banal, a été pour moi, pendant un quart de siècle, un maître, un patron, un ami. Ma reconnaissance personnelle peut s'exprimer d*un seul mot : je lui dois tout. Qu'il me soit donc permis, messieurs, de consacrer à cet homme d'élite la seconde partie de ma première leçon.

Alfred Maury naquit à Meaux, le 23 mars 1817, dans une maison de la rue du Grand-Cerf, située en face de Tancienne église Saint-Christophe. Sa famille paternelle, originaire des Cévennes, avait professé durant un certain temps la religion réformée et s^était ensuite établie à Avignon ; une tradition subsistant à cet égard chez les parents du cardinal Maury, dont Avignon fut la patrie, comme chez ceux de mon regretté prédécesseur, il y a tout lieu de croire qu'ils étaient issus Tun et l'autre d'une même souche, à laquelle se rattachait vraisemblablement aussi le commodore F. Maury, célèbre hydrographe américain. Toutefois les ascendants directs du savant dont

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