PRÉFACE XIX
chronologique, les essais ayant trait au rôle actuel et futur (les religions, en écartant ceux qui présentaient Iroj) un caractère de polémique.
Il y a un quart de siècle, j'écrivais dans la I^réface de mon premier ouvrage relatif à 1 histoire religieuse : « Quand on est intimement mêlé dans son pays à la lutte des factions politiques, il y a une certaine jouissance à se transporter dans une atmosphère plus calme et plus sereine où 1 on puisse s'exprimer sans les arrière-pensées ni les partis pris des polémiques électorales et parlementaires'. » — Ce sentiment est, plus que jamais, le mien : s'il est une notion qui s'est alYermie au cours de ma carrière, c'est qu'il est à la fois possihle et nécessaire de tracer une ligne de démarcation entre les travaux de propagande où Ton s'efforce avant tout d'entrainer des convictions et les travaux de science où l'on se propose simplement de chercher la vérité.
S'ensuit-il qu'il y ait lieu d'écarter les applications de la science des Religions aux conditions des sociétés contemporaines? Ce serait fermer à l'investigateur précisément le champ où les Religions tendent de plus en plus à porter leur activité, celui de la sociologie. Sans doute, ici, le terrain est glissant; la cloison n'est jamais si étanche qu'elle ne laisse fdtrer nos sympathies et nos aspirations. R en est ainsi chaque fois qu'on quitte le domaine de l'histoire pour celui de la philosophie. M. II. Pinard^ après avoir expliqué ses raison's d'adhérer à ma terminologie (hiérographie, hiérologie, hiérosophie), fait ohserver que rinfluence du facteur personnel, presque nulle au premier stade, est plus grande au second et considérahle au dernier : « Ce n'est pas,