‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 9 sur 132 · PRÉFACE XVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XVII

cation des lois générales résn liant des observations faites snr le reste de riuimanilé. Mais, même alors, on peut se demander jusqu'à quel point l'incompatibilité est foncièrement irréductible : M. Tabbé Ilabert — au cours de la Préfacemanifeste mise en tète du premier volume paru dans sa collection de manuels relatifs à l'histoire des Religions, — après avoir afîirmé que « les lois psychologiques et sociales expliquent seules scientifiquement (c'est Tauteur qui souligne) la genèse et le développement des religions » (bien entendu, toutes réserves faites quant à la révélation mosaïque et chrétienne), ajoute cette déclaration qui mérite d'être intégralement reproduite : « L'étude des religions naturelles ne serait peut-être pas inutile pour nous aider à comprendre même le développement de la religion révélée. A priori, il semblerait peu vraisemblable que ses institutions n'aient aucune attache avec le milieu social dans lequel elle s'est développée et constituent un ordre de choses absolument étranger à lui. En fait, Dieu n a-t-il pas utilisé tel ou tel besoin, telle ou telle institution sociale, en lui infusant un esprit nouveau, une vie nouvelle? Xe se pourrait-il pas, par exemple, que le Christianisme, qui a eu longtemps à vivre au milieu des institutions du paganisme, leur ait fait des emprunts auxquels il aurait communiqué sa vie propre? Enfin, puisque, en lui. il est un côté humain, pourquoi ne trouverions-nous pas aussi dans son histoire l'application de certaines lois psychologiques et sociales observées ailleurs, mais lois recevant ici de Dieu une direction, une finalité qu'elles n'auraient jamais atteinte par elles-mêmes? »

Prenons — dirais-jeà mon tour, tout en me demandant si je ne force pas un peu la pensée de M. Ilabert — la question des emprunts faits au paganisme par le christianisme des premiers siècles. Qu'est-ce qui empêche dès lors croyants

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et non-croyants de recliercher, dans un esprit d'objectivité absolue, jusqu'à quel point les cbréliens liellénisants n'ont pas été amenés par leurs dispositions mentales à formuler dans leurs dogmes certaines conclusions auxquelles avait abouti de son côté la pbilosophie grecque et à s'approprier, en y attachant une signiiication nouvelle, cerlains rites em[)runl'''s aux mystères païens alors eu vogue? Seulejnent les non-croyants y verront exclusivement, pour employer une expression de M. lïabert, « l'action de causes et de lois que l'expérience et Tbistoire |)euvent vérifier. » et les croyants y verront, par surcroîl, une intervention spéciale de la Providence; ce (pii est leur droit. — Il serait intéressant de rapprocher cette solution de celle qu'avait proposée, il y a quelque trente ans, comme je l'expose plus loin (p. 68 du lome II), un grand rabbin de lîelgique, A. Astruc, en vue de résoudre, dans l'enseignement élémentaire de l'histoire, le conflit de la tra<lition religieuse et de la critique historique.

J'ai [)roposé d'attribuer respectivement aux trois grandes subdivisions de la science des Reli<aons les dénominations iVhiërog rapide pour l'histoire descriptive, àhiérolocjie pour l'histoire comparée et iVliiërosophie ])our la philosophie religieuse proprement dite^ Les trois volumes du présent recueil correspondent plus ou moins à cette classification, en ce sens que j'ai groupé, dans le premier, les travaux concernant des problèmes d'archéologie et d'histoire relatifs à des religions particulières et, dans le second, les travaux se rapportant à des questions générales de méthode ou d origines. Quaut au troisième j'y ai réuni, dans leur ordre

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