DE LA PART DES RACES LATINES DANS LA FORMATION
DE L'UNITARISME'
Des orif/ines du christianisme unitaire chez les Anglais, par G. Bonet- Maury, 1 vol. Paris, Fischbacher, 1881.
Les questions religieuses qui passionnaient nos ancêtres, il y a trois cents ans, nous paraissent aujourd'hui froides, puériles et profondément ennuyeuses. Qui parmi nous, en dehors de quelques théologiens, s'intéresse à ces problèmes de la grâce, de la double nature, de reflîcacité des œuvres, de la communication des idiomes, de la précession du Saint-Esprit, etc., pour lesquels ont coulé autrefois des flots d'encre et, hélas ! aussi des flots de sang? Mais qui peut dire si les hommes du vingt-troisième siècle s'intéresseront davantage à nos propres querelles religieuses, scientifiques et surtout politiques? Ce qui reste des controverses du xvi^ siècle — et puisse-t-il en rester autant des nôtres ! — c'est le souvenir des hommes qui risquèrent leur repos, leurs biens, leur liberté, leur vie, pour ce qu'ils regardaient comme la vérité et où nous devons au moins voir le chemin de la vérité. Les habitudes changent, les préoccupations se déplacent, les doctrines et même les cultes se succèdent ; mais, sous toutes ces variations, l'humanité cherchera toujours ce qui est permanent dans l'histoire : le choc des passions et des caractères, les luttes pour la liberté et la justice, le laborieux développement de la pensée et de la conscience, ^oilà pourquoi on ne se lassera jamais de relire les phases de cette fermentation religieuse que la papauté traita d'abord en querelle de moines, mais qui devait bientôt lui enlever une moitié