Revue de l'Histoire des Religions, t. LIV
2. The Cuit of the heavenly twins, 160 pp., in-8. Cambridge Univ. Press,
2î»8 ARCHÉOLOGIE ET HISTOIRE RELIGIEUSES
o'ines du culte accordé aux Célestes Jumeaux, jusque u dans un temps où nul ne songeait encore à l'astronomie chaldéenne. »
J'estime qu'il y a lieu d'examiner séparément la façon dont l'auteur a traité ces deux parties de son sujet.
Si répandu et si populaire qu'ait été le culte des Dioscures, on ne peut se défendre d'une certaine méfiance, quand on \oit l'auteur retrouver ses Heavenly Twins :
I" Dans toutes les paires d'êtres surhumains auxquels la mythologie classique attribue des noms assf)nants; Phœbus et Phœbè, Philaios et Philakè, llékergoset Ilékergè, Héraclès et Iphiclès, Cautes et Cautopatès, Axiéros, Axiokersos et Axiokersa, Picumnus et Pilumnus, etc. ;
2° Dans presque tous les couples de héros qui passent pour avoir ensemble fondé ou secouru des cités : Romulus et Rémusà Rome, Ililaira et Phœbè à Sparte, Ilyperochè et Laodikè à Délos, etc. ;
,']° Dans les membres de certaines dyades et même triades sémitiques : Monim et Azis à Edesse, les Cabires en Phénicie et à Samothrace, etc. ;
4° Dans les personnages mythiques de la Bible qui sont donnés pour frères ou qui jouent un rôle collectif offrant quekjue analogie, même lointaine, avec les exploits des Dioscures : Abel et Caïn; Jabal, Jubal et Tubal; les trois anges qui visitèrent Abraham et ceux qui avertirent Lot. « Essaû et Jacob étaient une paire de Dioscures; »
5" Dans de nombreux saints, « la plupart mythiques, » qui auraient été fabriqués pour remplacer les divins jumeaux du paganisme : SS. Cosmas et" Damien ; Protais et Gervais ; Florus et Laurus, Acius et Aceolus; Cantius, Gantianus et Gantianella; Grispin et Grispinien ; ^'italis et Agricola, etc., etc. ^
1. Je ne trouve pas, sur cette liste, les noms des « saint Praxitèle et saint Phidias » qu'on g-rava au moyen-âire sur deux statues colossales des Dioscures conservées au Quirinal (Journal des Savants, 1888, p. I(i3) ni ceux de saint ^^'itt^red et suint Cuthbert, « ces Dioscures chrétiens, » suivant l'expression de Montalembcrt (;l/o//ies d'Occident, IV, p. 371), qu'on vit un jour accourir à toute bride pour secourir les malheureux habitants d'Hexham, menacés par le roi d'Ecosse Malcolm. M. Ilarris ne parle pas non plus des sarcophages chrétiens où Ton a emprunté l'imaji-e des Dioscures pour symboliser la succession de la vie et de la mort. — Peut-être s'en est-il occupé dans son volume précédent.