FORMATION DE LA DOGMATIQUE BOUDDHIQUE
M. Louis de la Vallée Poussin, professeur à l'Université de Gand, nie prie d'ollVir à l'Académie royale de Belgi(|ue un exemplaire du second mémoire qu'il consacre dans le Journal Asiatique de Paris à un point de la dogmatique du bouddhisme : la négation de lànie et la doctrine de lactc.
Dans un premier mémoire, dont j ai précédemment rendu compte à l'Académie-, l'auteur établissait comment les bouddhistes s'y étaient pris pour concilier le nairàtniya, la négation de la permanence du moi, avec le karman^ l'impérissabilité des fruits de l'acte, laquelle amène la reconstitution des éléments psychiques du défunt dans un nouveau corps. Cette conciliation a été réalisée par la théorie du sarntâna, c'est-à-dire par l'hypothèse que la filiation des états intellectuels qui constituent la notion du moi n'est pas interrompue par la mort, mais, au contraire, provoque la formation d'un individu nouveau — bien entendu avec le concours de la rencontre entre un père et une mère dans certaine condition physiologique. « Cette notion, concluait M. de la Vallée Poussin, fournit à la dogmatique bouddhicjue un moi continu, responsable, mais susceptible d'être interrompu. Quand elle est comprise et exprimée, le bouddhisme apparaît comme un système cohérent; l'esprit est satisfait. »
Le présent mémoire s'occupe d'un problème connexe qui n'est pas d'une moindre gravité pour l'intelligence et pour l'appréciation du bouddhisme. Dans le svstème du Grand Véhicule, la
1. Bull, de l'Acad. royale de Belgique (Classe des lettres, etc.), 1904, p. 374.