Id., \W.], \\° 3, p. ItI
DOGMATIQUE 130UDDIIIQUE 331
théorie du samtàna aboutit au pur agnosticisme. Le nirvana^ le néant absolu, n'est pas considéré comme à venir, mais comme existant actuellement, comme éternellement accompli. Dès lors, il semble que l'unique conclusion, c'est le quiétisme absolu, la négation universelle et l'abstention intégrale, puisque d'une part il n'y a rien et que, d'autre part, tout ce qui paraît exister est formellement déterminé par des états antérieurs. Gomment se fait-il pourtant que le bouddhisme ait rétabli ou maintenu l;i distinction du bien et du mal, fait une part à l'initiative de l'individu, recommandé la vertu, admis la solidarité, prescrit la charité, institué le culte du Bouddha et même, dans ses écoles septentrionales, accueilli toute une série de dévotions qui vont d'une conception polythéiste plus ou moins épurée aux pratiques les plus grossières des religions polydémonistes et magiques? C'est là un problème d'un haut intérêt dans 1 histoire des Religions.
Le bouddhisme, religion essentiellement rationaliste, sinon rationnelle, n'a pas, à l'instar d'autres cultes, la ressource de recourir à une révélation surnaturelle qui le force d'accepter un mystère sans chercher à l'éclaircir : u Tout ce qui est bien dit, porte un texte, est parole du Bouddha. »
M. de la Vallée Poussin semble un moment assez disposé à plaider les circonstances atténuantes, en faisant valoir avec raison que les systèmes religieux ne se laissent pas toujours conformer aux règles d'une logique rigoureuse. — Mais, encore une fois, la dogmatique du bouddhisme n'a pas le droit d'être incohérente. Il faut que, sous peine de perdre ses titres à la créance des fidèles, elle trouve moyen de justifier par le raisonnement ses apparentes anomalies. M. de la Vallée Poussin fait donc intervenir ici la distinction, déjà esquissée dans les livres du bouddhisme méridional, entre la vérité absolue et la vérité apparente. La vérité absolue consiste dans la théorie de la vacuité; la vérité relative ou apparente, dans l'ensemble des conditions qui, en fait, s'imposent au développement de la pensée. Ces conditions ne représentent cpie des apparences, mais des apparences qui sont, pour nous, comme si elles existaient réellement.
Toutes les écoles bouddhicpies admettent que la possession de la science supérieure^ la conscience du vide universel, ne sullit