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point pour altoindro la délivrance finale". Aussi longtemps qu'on se contente de dire : « Je suis vide, » on fait encore intervenir le moi; on admet l'existence d'un sujet qui se dit illusionné. A coté lie la science parfaite (pii prouve dialectiquement l'inexistence dos phénomènes eux-mêmes, il v a place pour la science inférieure ([ui établit non pas la nature réelle des phénomènes, mais leur évolution logique; en d'autres termes, qui nous fait connaître comment est organisé le monde de l'apparence et quelle est la méthode pour mettre lin à l'illusion. Or cette méthode pralicpie, inférieure, mais nécessaire, tend à réintroduire les idées d'activité charitable, voire de liberté et de solidarité, de culte et de providence. Elle place, en elï'et, les mérites à coté de la science comme moyen d'abolir les actes de conscience et de personnalité qui forment la dernière allirmation de la croyance au moi.
La méditation sur le non-étre n'est ([ue la première étape du salut, en tant qu'elle amène à répudier les deux afiîrmations contradictoires de raiïîrmation et do la négation, quel qu'en soit 1 objet, et, en première ligne, du moi. Les extases inconscientes auxquelles elle conduit sont pour ainsi dire à la portée de tout le monde. Il n'en persiste pas moins une masse d'actes anciens « dont les fruits doivent être mangés, >» c'est-à-dire détruits. Le Madhvamaka ou « Chemin du milieu » a le mérite d'avoir placé l'axe de la vie religieuse non pas dans la recherche des états mystiques familiers à tous les yogis, mais dans la discipline du caractère.
Cette discipline consistera d'une façon générale à éviter le mal et à faire le bien. Sans doute, au point de vue de la science supérieure, il n y a ni bien ni mal; mais, dans la vie apparente, le mal, c'est tout acte accompli en vue d'une jouissance. — La suppression de tout désir et de toute haine ne constitue encore qu'une morale négative. Aussi le principal mérite consiste-t-il dans le don [dàna) et dans la compassion ou chîu'ité [karunâ). En effet, le vrai moyen de supprimer l'acte et la volonté égoïstes, n'est-ce point de pratiquer le contraire? « Comme je traitais jadis le prochain, dit une stance du Bodhicaryàvatâra, je traite-
i. Les bouddhisles considèrent la science tour à tour comme frnil et comme cause. En tant que fruit, elle est identique au nirvana. En tant que cause (ou moyen) elle n'est quune vue de l'esprit, provisoire et en soi insullisante.