‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 17 sur 132 · Indinn Life lielifjions nnd Social, p. 27 L · texte numérisé non relu

Indinn Life lielifjions nnd Social, p. 27 L

'.). Les él vmolofristcs ont rapproché le mot deisul ou densil (de dcus. dess. sud ou droite) non seulement du sanscrit dniishina, zend dnshina, litluianien ilesszinè, mais encore du latin derler et du ^tcc 03;.c'î. La pradakshina. en tant cjue rite, a S(jn équivalent exact dans le lutin dcrlralio et le grec s-'.oi'^-.a.

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retour sain ot sauf; tantôt un malade autour duquel le médecin, ou plutôt l'empirique, pratique la circumambulation avant de diagnosti({uer le mal et de prescrire le remède; tantôt une maison^ un bateau, un champ, autour descpiels on décrit processionnellement trois tours, dans la dernière nuit de décembre, avec un brandon allumé (Ui un charbon ardent à la main, pour leur assurer la bonne chance pendant l'année suivante.

Dans les îles Hébrides, des processions faisaient ainsi ré^^ulièrement le tour des cairns ou amas de cailloux, des pierres druidiques et des tumiili sous les([uels dorment des héros oubliés. Enfin, les cortèges nuptiaux (|ui conduisent la fiancée à l'époux faisaient trois fois de la sorte le tour de l'église ou de la maison.

En réalité, il y a peu de circonstances importantes de la vie où les Celtes de l'Ecosse ne circumambulaient quelque chose ou quelqu'un, et l'usage en remonte au plus lointain passé de la race, car il en est fait mention dans des traditions qui datent d'une époque antérieure à l'introduction du christianisme'.

Par contre, le mouvement en sens opposé, cartiiasul ou îcithersliins, vers la gauche, passe pour un puissant sortilège. C'est cette circumambulation à gauche qu'accomplissent les sorciers, quand ils veulent préparer des malétîces ou se rendre au sabbat, en s'accompagnant de prières formulées à rebours et de talismans fabriqués avec des os de morts. M. Jules Baissac, dans ses Grands Jours de la sorcellerie, rapporte le cas d'un Ecossais qui, accusé de sorcellerie au xvi^' siècle, avouait devant ses juges avoir assisté à un sabbat dans lequel on avait fait trois fois le tour de léo-lise irifhershins-.

^'oici deux anecdotes qui établissent combien cette superstition est encore vivace dans les couches populaires de la Grande-Bretagne. Il y a quelques années, on ouvrit à Inverness, dans l'Ecosse du Nord, un nouveau cimetière dont la voie principale tournait vers la droite, alors ([ue la fosse commune était située

i. J. Rhys, Cellic Healhendom dans les llihberl Lectures. Londres, i888, p. îiGT. C'est peut-être le cas de rappeler, dapi'ès Plutarque (Césnr, 27). Vcrcingôtorix, qui, avant de se rendre à (2ésar, fit trois lois le lour du siôge où se tenait son vainqueur.

i. Les Grands Jours delà sorcellerie. Paris, iSUO^p. -19.

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clans une pnrtio do l'encolnte où Ton se rendait, en coupant t'oiirl, parmi eheniin tournant à «j^auche. Cet îuiiénaj^ement })rovoqua luie telle agitation clans la classe pauvre, cpiOn dut l'aire passer indistinctement tous les corps par la voie principale, hien (pie ce lût souvent un détour considérable'.

Dans le comté anglais de Somerset, lorsfpie plusieurs enfants sont îimenés ensemble au baptême, on les rauf^e en cercle autour des fonts. In pasteur, nouveau venu, s'étant avisé de passer d'un enfant à 1 autre en se dirigeant vers la gauche, les parents réclamèrent en s'écriant que le baptême était nul et qu'il faudrait le recommencer-.

Ces circumambulations se retrouvent également, quoique devenues plus rares ])ar la disparition des vieux usages, chez les autres peuples européens, notamment dans les danses qu'en France, en Belgique, en Allemagne, on exécutait jadis autour des feux de la Saint- Jean \ Dans le Vieux Liège du 1'''' mai 189(), M. le professeur luig. Monseur, décrivant le véritable mystère qui se joue encore le l'''" mai de cha({ue année pour représenter le martyre de saint l^^vermar, dans le village de Russon près de Tongres, rapporte comment les ditïérents personnages, d'abord le saint avec ses compagnons qui chantent un cantique, puis Hacco et ses farouches guerriers au galop de leurs chevaux, font trois fois par la droite le tour de la chapelle devant laquelle va se jouer le drame.

Dans certaines parties de l'Allemagne du Sud, suivant Kuhn, la nouvelle mariée doit faire trois fois le tour du foyer ou de la crémaillière*. Cet usage, qui nous rappelle le rituel brahmanique et la coutume écossaise, peut également être mis en rapport avec la dcxt ratio dans les cérémonies nuptiales de l'ancienne Rome. Tandis que le /lamen clialis prononçait la formule de la prière, les mariés faisaient le tour de l'autel en se dirigeant vers la droite •'.

1. Miss GonnoN Cimmincp, From Ihe Hébrides lo Ihe Ilimahiy.is, t. I", p. 210. iJ. W. Simpson, p. ''29\.

3. Gri.mm, Teutonic Mylholocjy, trad. anglaise de Stallybrass. Londres. 1883, t. II, p. G03-G".0.

4. Weslph. Sngen, t. II, 37-38. cité par Pinin-, Origines indo-européennes, i" édit., t. II, p. 499.

b. MoMMSEN et Mauqiardt, Manuel des antiquités romaines, t. XIV, p. 01.

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Le même rite se retrouve dans les cérémonies funéraires. Le cortèii^e funèbre fait le tour de réalise, une fois en Brandehourg", trois fois en Frise, comme en Ecosse et en Irlande'. Or, déjà l'Odyssée nous montre Achille et les Myrmidons tournant trois fois avec leur char autour du corps de Patrocle en poussant des gémissements (XXIII, 13). Dans l'Enéide (XI, 188], c'est autour du bûcher même du héros ([ue s'accomplit cette triple circumambulation, identi([ue à celle des disciples du Bouddha autour du bûcher de leur Maître-.

Ici surgit naturellement la ([uestion : Pourquoi un sens propice est-il attaché à la rotation par la droite — un sens sinistre à la rotation par la gauche?

Tout simplement parce que, dans le premier cas, le mouvement suit le cours apparent du soleil, et que, dans le second, il va à rencontre de ce cours.

La signification solaire des rites giratoires apparaît nettement dans le folk-lore des Celtes et dans les textes des brahmanes, c est-à-dire là où ces rites ont conservé leur acception première.

En Ecosse, le mot deisul a été de tout temps rendu en anglosaxon par sunicise *< dans le sens du soleil. » Les vieilles traditions s'y servent indilféremment des deux termes, et l'on peut ajouter que le sens primitif de la circumambulation ne s'y est jamais perdu dans l'imagination populaire.

Dans les rituels brahmani({ues, la liaison est plus formelle encore.

Le Satapatha-Bràhmana, après avoir prescrit aux brahmanes qui célèbrent un sacrifice de faire trois fois le tour de l'autel en se dirigeant par la droite, leur enjoint de prononcer ces paroles :

1. Zeiliincf des Vereins fur Volkskunde, 3, 26'J, cité par M. E. Muuscur dans riutércssaiitc nulc sur la /)raf/a/i67i//i<i quil a publiée clans le Bullclin de Folldorc. t. II, t'asc. vii-vui. Liège, 1897, p. 377.

2. Tous ceux d'entre nous qui ont pris part aux funérailles dun parent ou d'un ami suivant les rites catholiques ont, eux aussi, participé à une circumambulation de ce genre dansle délilé deToflrande. — Pour les autres cas de circumambulation dans les rituels des églises chrétiennes, voy. Simpson, o/i. cil., chap. xni et appendices.

MlCIll-oLor.lK KT îllSKHnK HKI-HIIKISKS

Croix gammées.

« Je inavjince dans le sens du soleil '. » Do mémo, les Grihva- Siitn:s, ro^lomontant liintiation dos jounos brahmanes, recommandent an niju'tre de tourner d'abord autour de son élève, en disant : « Je m avance dans le sens du soleil, » puis de faire tourner rélève autour de lui. en ajoutant : <( Avance-toi selon le cours du soleil-. »

Il existe un symbole, ou plutôt un sijj^ne, cpii s'est répandu avec la valeur d'un talisman d'une part dans l'Inde et dans tout

rExtrème-Orient, d'autre part chez les Grecs, a b les Germains et les Celtes. C'est la croix

gammée. .1 ai montré dans un ouvrage antérieur comment elle a partout symbolisé à l'origine l'idée du mouvement solaire". Dans l'Inde, on la nomme svastika quand ses br;mches se recourbent de gauche à droite (lig. i a , et sa u v as tik a quixnd elles se dirigent en sens opposé ((ig. 4 h). Le premier de ces deux signes aune signification propice; le second, une signification néfaste. Max Muller dit cpie le svastiha (dérivé de su « bien » et as « être, » ; cf. le grec cjîtt'.xô figure le soleil printanier fou ascendant), et le sauvastiha le soleil automnal (ou déclinant); aussi le premier est-il 1? symbole naturel de la lumière, de la >ie, de la santé et de la richesse*. Suivant sir Charles Bird- Avood, le svastiha représente le soleil diurne, le principe actif, le jour, l'été, la lumière, la vie et la gloire; le sauvastika, le soleil souterrain ou nocturne, la nuit, l'hiver, l'obscurité, la mort et la destruction^. Sous ce rapport, le svastika est bien le symbole de la pradaksJiina, le sauvaslika celui de la prasavya.

Nous trouvons chez les brahmanes, c'est-à-dire là où la signification du rite s'est le mieux conservée, une exception apparente

i. II, G B, lo cl I. 9 C, 17, dans le tome XII des Sacred Books of the Easl, p. 442 et 272.

2. II, 4, 14, dans le lome XXIX du même recueil, p. 401: conf. t. XXX, p. GG.

3. GouLKT h'Alviulla, Migration des symboles.V avis, 189!.. chap. u.

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