‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 18 sur 132 · Lettre à Schlieman, Ilios, p · texte numérisé non relu

Lettre à Schlieman, Ilios, p

5. Old Records of Ihe India 0/j[ice. Londres, 1891, p. .\i-.\ii.

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à la règle c[iii impose aux circumambulalions religieiist's la direction de gauche à droite.

Dans le rituel brahmanique, quand la fosse était prête pour le bûcher, le prêtre ofliciant en faisait trois lois le tour parla «•auche, en l'aspergeant d'eau avec une branche de sami, et en i-écitant des vers du Hi<'•-^'eda'.

De même encore, chez les anciens, Stace nous apprend, dans sa description des funérailles du fils de Lycurgue, que les guerriers faisaient trois fois le tour du bûcher par la gauche, avec les enseignes renversées en signe de deuil :

liislranlque ex more sinislro Orhe r()(juin''.

Néanmoins cette exception ne fait que confirmer la règle. Tout d'abord, nous trouvons que la marche par la gauche est suivie d'une giration en sens contraire. Ainsi dans le poème de Stace ([ue je viens de citer, les guerriers, sur Tordre de l'augure, refont leur évolution, cette fois par la droite, avitour du bûcher funéraire, et chez les brahmanes, ce renversement immédiat de la circumambulation est également prescrit par le Satapatha-Hràlimana dans les offrandes aux Pitris, c'est-à-dire aux ancêtres.

Suivant Stace, le but de cette nouvelle marche est d'effacer le deuil ainsi que les présages funestes. Inclus aholcre noviijuc fiincris auspiciiini... dcxtri cjijroK Plus explicite, le rituel brahmanique nous donne la clef du double rite : « Dans la première marche, » ajoute-t-il, « le sacrificateur s'en va chez ses ancêtres (c'est-à-dire dans le domaine de la mort) ; dans le second, il revient dans ce monde, qui est le sien\ » — C est ce retour syndjoli(|ue en ce monde que Stace appelle « abolir le deuil. »

1. PicriîT, Origines indo-européennes, 1" étlit., t. II, p. 515. — Comp., dans les églises catholiques ({ui suivent le rituel romain, la marche que le prêtre opère par la (/anche autour du catafalque pour l'encenser et l'asperger.

'2. Thébaide, W. vers 215-21G.

iî. Thébaide, vers -2[-22o.

4. Satapalha-Bràhmana (II, 1, 3, 3) danslc tome Xlldes Sacred Bocks oflheLast, p. 289.

16 AHCIIKOLOC.IK KT IIISTOIHK lîKl.U'.IKUSES

Les questions provoquent les questions et nous n'avons fait jusqu'ici que déplacer le problème.

Il reste à savoir pourquoi l'imitation de la marche du soleil est un rite de propitiation ; la circuniambulation en sens contraire, un mouvement nélaste, un signe de malheur et de mort.

M. AVilliam Sinqison estime (|ue le mouvement apparent du soleil dans son orbite circulaire symbolise la marche régulière de toute la mécani(|ue céleste, par extension les lois de la nature'. 11 s'appuie sur les conclusions tirées par M. Max MuUer du sens du mot sanscrit rilu (|ui. avant de devenir le synonyme de loi, d'ordre moral et religieux aussi bien que cosmique, a commencé par signifier le cours apparent du soleil. « Le Rita, » dit M. Max Muller, « a d'abord servi à désigner le mouvement établi du soleil et des corps célestes. La marche, le grand mouvement (piolidien, le chemin suivi cha(|ue jour par le soleil de son lever à son coucher, suivi aussi par l'aurore, par le jour et la nuit et par leurs divers représentants, un chemin que les puissances de la nuit et des ténèbres étaient impuissantes à jamais barrer, devait être bientôt regardé comme le bon mouvement, la bonne

œuvre, le droit chemin Enfin, le mot Rit a assuma la signifî-

de loi en général-. »

De même que le mot rita^ après avoir signifié simplement le cours du soleil, en est venu à exj^rimer les idées de loi, de vérité, de droiture, voire celle du « Pouvoir qui travaille pour la droiture » ainsi la rotation dans le sens du soleil en vint à figurer l'idée d'ordre cosmique, d'ordre divin, d'ordre moral. Nous aurions donc ici un rite symbolique d'imitation. L'histoire des religions nous apprend en elFet que partout l'homme s'efforce d'imiter les faits et gestes des ol3Jets de son adoration, soit pour leur plaire, soit pour s'assimiler à eux.

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