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1'. Origin nnd growthof Beligion as illustrated by Ihe Religions of Indi:i, clans les Ilihhert Lectures de 1878, p. 239 et suiv. (p. 2[\) tic la traduction française de J. Darmesteter. Paris, 1879).
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C'est le mobile ([iii apparaît déjà, bien que, tout instinctif encore, chez la vieille Samoyède dont Castren reproduit cette prière au soleil : « 0 Filiambertje, je me lève quand tu te lèves, je me couche quand tu te couches'. » C'est le même sentiment qui se révèle, raisonné, chez Platon et Cicéron, le premier quand il compare aux mouvements normaux et rationnels de l'àme humaine les révolutions circulaires du ciel et des corps célestes-; le second quand il écrit : « Les dieux ont mis dans riiomme une âme immortelle afin (ju'il y ait des êtres terrestres pour imiter l'ordre céleste par la régularité et la constance de la vie\ » C'est encore la même idée qui fait enseigner par la philosophie chinoise que l'homme doit se conduire par des règles lixes, afin d'imiter les procédés par lesquels le Ciel, dieu suprême, règle le mouvement des astres.
Cependant il faut noter que. d'après les présomptions étymologiques de M. Max MuUer, la croyance à l'existence d'un ordre universel est postérieure à la dispersion de la famille indo-européenne*. Si donc les rites solaires dont nous nous occupons ici existaient déjà avec leur portée propice dans ce qu'on peut appeler la période de l'unité aryenne, ils devaient être autre chose qu'un symbole du règne de la Loi.
Pour ma part, je serais tenté d'attribuer leur origine à une notion plus primitive : la croyance que l'homme peut agir par des procédés magiques sur la production des phénomènes naturels, en particulier sur le rayonnement et même sur le cours du soleil.
Plaçons-nous un instant dans l'état d'àme du sauvage. Il croit que tout ce qui l'entoure, le soleil, la lune, le feu, le vent, les nuages sont des êtres surhumains et mystérieux soumis à toutes les passions et à toutes les faiblesses de l'humanité. Lorsque, au soir, il voit le soleil descendre sur l'horizon, il n'est jamais sûr qu'après la nuit, l'astre voudra ou pourra reprendre le même cours. A plus forte raison, lorsque, aux a})proclies de l'hiver, il voit le soleil s élever chaque jour moins haut, en même temps que toute
1. Cité par GiuARit, Mythologie comparée. Paris, 1S78, p. 160.
:2. Les Lois, X.