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II. G.viix»/,, o/j. cil., p

LES HOUKS IJTUHGIOUKS l)i: L A\(;[i:\\K K(,V1>TI-: 31

découvert les principaux autels gallo-romains portant l'image gravée d'une roue.

Reste à examiner comment ce rite s'est introduit d;ins TEgypte anti([ue.

Les Egyptiens, comme en témoigne leur écriture hiéroglyphique, ont fait du cercle un symbole du soleil. Toutefois, chez eux, cette image s'est développée, non dans le sens de la roue, comme parmi lesIndo-Européens, mais sous la forme ornitliomorphe ({ue présente le globe ailé. Jusqu'ici on n'a trouvé, dans les textes ou les monuments ligures, antérieurs aux Ptolémées, aucune trace de roues suspendues dans les temples ou utilisées par le culte. D'un autre coté, il ne faut pas perdre de vue qu'à l'épocjue où apparaît l'usage décrit par Héron, l'Egypte, soumise aune dynastie d'origine hellénique, commençait à se départir de son antique isolement pour s'ouvrir aux idées, aux symboles et aux rites de l'étranger. Il est, du reste, probable (pie les temples dont Héron nous décrit le mobilier appartenaient, non aux vieux cultes égyptiens, mais à la religion alexandrine, cette foi composite dont les dieux, déjà habillés à la grecque, les Sérapis, les llarpocrate, les Isis même, allaient bientôt pénétrer en Occident'.

Le rite en question n'a pu venir de la Grèce, puis([ue, au contraire, d'après les auteurs classi(pies, c'est à l'Egypte que les Grecs en sont redevables, et ainsi nous sommes naturellement amenés à nous tourner vers le seul pays où nous savons de source certaine qu il était depuis longtemps connu et prati([ué : l'Inde, qui, lors du troisième siècle avant notre ère venait précisément d entrer en contact avec le bassin de la Méditerranée, à la suite de l'inAasion grec([ue et de l'expansion bouddhique.

Dans sa lettre à M. ^^^ Sinq)son, M. Elinders Pétrie apporte un fait nouveau (pii n est pas sans importance pour établir l'existence, en Egypte, d un courant religieux parti de ITnde. Il annonce avoir récemment découvert une tombe de l'Age ptolémaïque, où ne se montre aucune image de divinités égyp-

1. Cf. G. Lafaye, Histoire du cuUedes diuinités d'Àle.v:indriefwrsde VEyypte. Paris, 1884, pp. 15 et suiv.

32 Aia.ni-oi.oc.iK i:r uistoihk in:i.ir.iKrsKs

tiennes, mais où figure un cercle à (juatre rais ^ , siiinionlé d'un triclenl *f . ("es deux images ont été de tout leni])s associées dans les cultes naturalistes de l'Inde. Le bouddhisme les superposa l'une à l'autre, pour en faire un de ses symboles favoris, le friçùhi, qui peut se définir, dans sa forme la plus fréquente : un omicron radié, surmonté d'un oméga fleuri, mais (pii se ramène j)artout au disque (ou à la loue) et au trident, comme éléments constitutifs'.

Aurait-on donc ici. connue le sugg-ère M. Flinders Pétrie, le

Fifc- II. — Triçùlas bouddhiques.

tombeau d'un de ces missionnaires bouddhistes (|ue les Edits d'Açoka nous apprennent avoir été envoyés de l'Inde dans les Etats de Ptolémée Philadelphe? L'hypothèse n'a rien d'invraisemblable, bien cpi il convienne de l'élargir, en admettant que cette tombe a pu renfermer les restes de (pielque Egyptien converti au bouddhisme. J'ai exposé, dans un autre travail, les indices qui, tout au moins pour le siècle suivant, tendent à établir la présence d'une église bouddhique à Alexandrie". Cette influence exotique a pu rester sans action sur la théologie oflicielle de l'Egypte ou même sur les spéculations des écoles philosophi(|ues contemporaines (h\Qn que la fjuestion soit controversée). Mais on sait combien les symboles et même les rites se propagent plus facilement que les doctrines. Déjà les bouddhistes hindous n'avaient plus conscience de la signification primitive des usages qu'ils avaient empruntés aux vieilles religions de leurs pays. Faudrait-il s étonner si, parmi les pratiques importées par des « sages » venus de l'Inde, les Gréco-Egyptiens d'Alexandrie eussent retenu un rite, à la fois simple et original, revêtu du prestige (|ui s'est toujours attaché aux pratiques magicpies de l'Orient?

I. (ioBLET ii'Ai.viEi.i.A. MigraHou des Symboles, p. 2U4 et suiv. i'. Id.. Ce que l'Inde doit à hi Grâce, p. iTG et suiv.

LES ROUES LITURGIQUES DE L'ANCIENNE EGYPTE 33

Ainsi, par une sorte de choc en retour, les roues litur<^i(|ues, inventées peut-être par les brahmanes, seraient venues se superposer aux traditions du symbolisme solaire, f{ue les Aryens de l'Occident avaient gardées de l'unité indo-européenne. Ce ne serait | as, d'ailleurs, le seul cas où une conception religieuse, développée dans la branche orientale de la race aryenne, se serait transmise au rameau occidental par l'entremise de populations appartenant à d'autres groupes ethniques. Dans un autre ordre de faits, n'avons-nous pas le culte de Mithra, — le grand dieu solaire des Indo-Perses, — qui a passé dans l'empire romain par l'intermédiaire de l'Asie Mineure, et qui a fleuri ensuite jusqu'aux extrémités de la Gaule, en y apportant des thèmes iconographiques encore discernables aujourd'hui dans les sculptures de nos cathédrales'?

Si disposé que je sois à adopter la solution de MM. \V. Simpson et Flinders Pétrie, il me reste cependant quelques scrupules, qui reposent sur une interprétation, je l'avoue, un peu hypothétique de certains monuments assyro-chaldéens.

Entre l'Inde et la Grèce, il y avait une troisième région dont l'Egypte, en sa dernière période, a rencontré, sinon subi, les influences iconographiques et symboliques. C'est la Mésopotamie, dont les cultes n'avaient pas disparu sans laisser de traces, après la conquête perse. Or les Chaldéens, dont l'art et la religion ont réagi de tout temps sur les religions de l'Asie Mineure, ont de bonne heure symbolisé le soleil sous la forme d'un disque ou d'un cercle radié.

Plus tard, ce symbole se combina avec le globe ornithomorphe de l'Egypte pour former ces rouelles ailées et cornues dans lesquelles les Assyriens inscrivirent l'image de leur grand dieu Assour-.

A la vérité, aucun texte cunéiforme ne nous parle de roues (ju'on faisait tourner ou même qu'on suspendait dans les temples. Toutefois, certains monuments offrent des représentations

i. H. Gaipoz. Pépin le Bref, Samsori et Mithra, dans Mélisine, mai-juin 189o. 2. Layard, Monuments of Sineveh, 1" série, pi. XXL

ARCHÉOLOGIE KT IIISKMRH RKLIGIEISES

ligurées qui pourraient bien faire allusion à un rite de ce

genre.

C'est d'abord une tablette de pierre, actuellement déposée au l^ritish Muséum, qui se rapporte à la restauration d'im temple du Soleil, dans la ville de Sippara, vers l'an 900 avant notre ère.

Fig. 12.

(PiciuioT et CiiiiMEz, L'Art dans iAntiqnitt',. l. II, fig. 71.)

Devant un dieu assis dans un édicule se trouve une table qui supporte un large disque radié. Deux personnages barbus, engagés à mi-corps dans la corniche de Tédicule, tiennent en main des cordes qui descendent jusqu'à la table, derrière le disque. Un autre personnage amène deux orants vers l'autel dont il saisit le pied.

Un second, monument que j'ai déjà eu l'occasion de reproduire et de commenter, à un autre point de vue, est un basrelief de Ninive qui représente un palmier accolé de deux génies et de deux rois'. Les deux génies brandissent un cône dont la pointe est dirigée vers un disque ailé qui plane sur la couronne de l'arbre ; les deux rois sont à genoux et

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