‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 29 sur 132 · Ezéchiel, chap. x · texte numérisé non relu

Ezéchiel, chap. x

5. En. Rfiss. La Bible. Paris, ISTC. t. II : Les Prophètes, p. 15. noie.

38 ARCIIKOLOGIE ET IIISTOIHE RELIGIEUSES

tournant sur leur axe vertical avec rapidité '. » — MjiIs c'est absolument la structure des moulins à prières thibétains !

Le même archéologue explique le glaive de llamme tournoyant, (jue l'Eternel avait placé, avec deux Keroubim, à l'entrée de l'Eden, comme une image empruntée à certaines armes de jet, en forme de disque, qui auraient été en usage dans l'Asie antérieure depuis les temps chaldéens. Il cite à ce propos un passage significatif d'un hymne gravé sur une tablette cunéiforme du British Muséum . C'est le chant de guerre d'un dieu qui se prépare à la victoire :

{{ De ma main droite, je tiens mon disque de feu ; de ma main gauche, je tiens mon disque de carnage.

« Le soleil aux cinquante faces, l'arme élevée de ma divinité, je le tiens.

« Le vaillant qui brise les montagnes, le soleil, dont l'action ne cesse pas, je le tiens.

(( L'arme qui remplit le pays de la terreur de sa force immense, dans ma main droite puissamment, le projectile d'or et d'onyx, je le tiens-. »

Lenormant ajoute que ce disque de feu et ce disque de carnarge contiennent, comme les roues d'Ezéchiel,un esprit qui les fait mouvoir, et, comme le glaive tournoyant de la Genèse, une vie propre qui les anime ; en effet, dans d'autres textes cunéiformes, ils sont invoqués à titre de dieux personnels et placés à côté de Samas, le soleil, ainsi que de son épouse GouP.

Il résulte des expressions employées dans le texte cunéiforme que Farme du dieu symbolise, ici le soleil — plutôt que la foudre, comme l'ont supposé certains commentateurs . — Le même symbolisme s'est développé dans l'Inde où une arme de jet analogue, le tchahra, ou disque en métal à rebord tranchant, est devenu l'attribut par excellence du dieu solaire \ ichnou. Voici un passage du célèbre poème en l'honneur de ce dieu, le Harivamça, qui semble presque une paraphrase du texte cunéiforme cité plus haut :

« Le dieu brandit le superbe Soudarçana, brillant comme les

1. Les Origines de Vhis'oire. 2« éd., Paris, 1880, t. 1, p. 132.

2. Cuneiform Inscriptions of Western Asia., t. II, pi. XIX, II.

3. F. Lenormant, Origines de l'histoire, pp. 135-136, 2« éd., 1880.

LES ROUES LITURGIQUES DE L'ANCIENNE EGYPTE

rayons du soleil^ aux mille rayons, destructeur des ennemis, semblable à un feu flamboyant, terrible.

« Incomparable dans le choc, bordé par un cercle tranchant comme un rasoir, orné de couronnes et de guirlandes, se mouvant à volonté, changeant de forme à volonté, etc.*. »

D'après M. Gaidoz, à qui nous empruntons cette citation-, la Nrisimha Tàpanîya-Oupanishad décrit le Ichakra de Viclmou sous la forme dun cercle magique avec sept, huit, douze, seize et trentedeux rayons. On voit ici la transition anDharniatchakra, la pacifique roue de la Loi, « faite de mille rais, lançant mille rayons, »

Fig. IG. — Le Dharmatchakr.T.

(Bas-relief de Biiddha Gaya, m" siècle av. J.-C.»)

dont le mouvement est symbolisé par les cylindres à prières et les roues liturgiques du bouddhisme.

Y a-t-il eu emprunt entre la Ghaldée et l'Inde? — Le problème est moins de découvrir qui, le premier, a inventé Larme du disque aiguisé que de s'assurer qui, le premier, en a fait une image du soleil. La culture mésopotamienne est d'un âge trop reculé pour que nous puissions la croire tributaire de LInde, et ainsi, par

1. Il est à remarquer que, au cours de la luLLe d'Osiris et d'IIorus contre Set. — telle qu'elle est racontée dans les inscriptions du temple d'Edfou, publiées par M. Ernest Naville, — quand les dieux solaires veulent mettre leurs adversaires en déroute, ils assument la forme du disque ailé. Rien qu'à lentrcvoir, les ennemis tombent morts de peur. {Revue de l'histoire des religions, t. IX, pp. 33:2-336.)

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