DE ROME
En même temps que rexhumation de Pompéi faisait sortir des cendres du Vésuve certains côtés intimes de la vie antique, l'exploration des catacombes évoquait, du sous-sol de la Rome papale, un tableau de la chrétienté primitive, de ses usages, de ses arts et de ses croyances. Le rare voyageur qui, il y a un demi-siècle, parcourait rapidement, un rat de cave à la main, les couloirs souterrains avoisinant le caveau de sainte Cécile, sous la conduite d'un custode plus ou moins prolixe, pouvait bien, avec quelques réminiscences de Chateaubriand ou de Delille, se représenter soit une des scènes les plus émouvantes des Martyrs, soit les angoisses classiques du « jeune amant des arts, » égaré
Sous ces voûtes nombreuses Qui croissent en tous sens leurs routes ténébreuses.
Ou bien, si le visiteur avait une tournure d'esprit plus religieuse que littéraire, il pouvait se retracer, avec une sainte émotion, les sanglants épisodes du martyrologe romain et se faire subrepticement endosser à prix d'or, par son guide sans scrupules, quelque phalange d'un confesseur de la foi ou, mieux encore, un de ces petits vases à parfums qu'on a pris longtemps pour des ampoules placées près des tombes pour conserver le sang des victimes. Mais combien il était loin de soupçonner les véritables trésors que ce mystérieux labyrinthe devait bientôt fournir à l'histoire de l'art, ainsi qu'à l'histoire du christianisme !