Revue de Belgique, 15 novembre
C'est aux frères Rossi (|uo revient riionneur non seulement d'avoir donné à Texploration des catacombes une impulsion sérieuse, mais encore d'y avoir introduit la seule méthode capable d'utiliser pour la science les résultats des fouilles. Rompant avec les procédés arbitraires de leurs j^rédécesseurs, ils avaient compris, dès la première moitié du xix'^ siècle, que, pour tirer parti des documents historiques oiferts par la Rome souterraine, il fallait les étudier sur place et commencer par l'étude des cimetières euxmêmes. Ils s'applicpièrent donc à décrire les diverses cryptes dans l'état où elles se trouvaient, à établir respectivement les rapports chronologiques de leurs étages et de leurs galeries, à rechercher la façon dont elles s'étaient formées et le but auquel elles répondaient ; puis ils tentèrent une restauration idéale des lieux, à l'aide des renseignements trouvés dans l'étude des inscriptions, des détails architecloniques, du style des fresques et de la nature de leurs sujets — sans négliger les données parallèles de l'histoire ou de la tradition.
Le résultat de ces travaux se trouve consigné dans l'important ouvrage Roma sottcrranea qui, publié par M. J.-B. de Rossi, de 1864 à 1867, a été pour l'archéologie contemporaine une véritable révélation et a, en quelque sorte, fondé la science des catacombes. Toutefois, si cet ouvrage offre jusqu'ici un guide complet pour les questions de fait, il laisse ouvert ce que M. de Rossi appelait lui-même « l'immense champ des synthèses partielles. »
C'est une de ces synthèses — et non la moins importante, (( la synthèse chronologi(|ue, » qu'entreprend M. Théophile RoUer dans son bel ouvrage : les Catacombes de Rome, histoire de lart et des croyances religieuses pendant les premiers siècles du christianisme^ . Ces deux gros volumes in-4, imprimés avec luxe par la maison D. Jouaust, de Paris, ne renferment pas moins de 100 planches qui reproduisent par l'héliogravure les principaux monuments — inscriptions, sculptures, peintures — fournis à l'auteur par les catacombes, ainsi que par les collections d'antiquités chrétiennes. Nous en avons lu consciencieusement les
1. Les Catacombes de Rome, histoire de l'art et des croyances relij^ieuses pendant les premiers siècles du christianisme, par Th. Rom.i-h, 2 vol., Paris, V- A. Morel et 0% 1879 et 1881.