‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 40 sur 132 · IndianAntiquary, 1880, p · texte numérisé non relu

IndianAntiquary, 1880, p

3. Ipsn species crucis, qiiid est nisi forma qiiadrata mundi ? (Sanct. Hieuos. Comment, in Marcum).

eu supprimant la branche supérieure de la croix latine T, t^^st appelée aussi le Tau, parce qu'elle reproduit la forme du Tau ojrec. La vertu magique, qui jusqu'à nos jours a été attribuée à ce signe, a incontestablement son origine première dans la vénération que les Egyptiens accordaient à l'image de la croix ansée ou clef de vie, représentée par une croix potencée, surmontée d'une anse ou d'un anneau (lig. 3o).

Cette croix, qui se rencontre sur les plus anciens monuments do la monarchie égyptienne, se montre fréquemment dans la

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main des dieux, des prêtres et des rois. Les archéologues ont soutenu tour à tour qu'elle représentait un nilomètre (Plucke) ; une clef d'écluse (Zoega); un vase sur un autel (Ungarelli) ; une dégénérescence du globe ailé (Lajard) ; un phallus (Jablonski) ; le pagne dont les Egyptiens s'entouraient les reins (Sayce), etc. — Dans les peintures des tombes, elle paraît servir aux divinités pour éveiller les défunts à une vie nouvelle.

L'inscription suivante se lit sur un bas-relief de la XIP dynastie, où l'on voit la déesse Anuke-t présentant l'extrémité de la croix ansée aux narines du roi Untertesen III : «. Je te donne la vie, la stabilité, la pureté, comme Ra éternellement. » D'ailleurs, l'idéogramme que la croix ansée forme dans l'écriture hiéroglyphique (prononcé: anch) signifle : vie, vivant'. Quel ([ue soit l'objet matériel dont la croix ansée est Limage, sa signification abstraite n'est pas douteuse : elle est un symbole de la vie, du germe vital, et c'est avec raison qu'on l'a appelée une clef de vie.

D'Egypte, la clef de vie, devenue un signe magique et propitiatoire, s'est répandue chez les Phéniciens, puis dans tout le monde sémitique où l'on a constaté sa présence sur des bas-reliefs,

\. En. CoEMANs, Manuel de langue égyptienne, Gand, 1887. 1'* part., p. 46.

ARCHEOLOGIE ET IIISTOIHE RELIGIEUSES

des tombeaux, des poteries, des bijoux, des nionuaies, depuis la Sardaigne juscju'à la Susiane, en passant par le littoral de l'Afrique, Chypre, la Palestine, la Phrygic et la Mésopotamie.

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Sur des monuments d'origine phénicienne ou hettéenne, des rois ou des prêtres la tiennent en main comme chez les Egyptiens ; elle V est aussi associée à l'arbre de vie et à la fleur de lotus. Son extrême importance symbolique a amené les peuples qui

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l'ont empruntée des Egyptiens à la combiner avec leurs propres emblèmes qui offraient une forme analogue ou éveillaient une idée voisine. Ainsi les Phéniciens en ont tiré un signe mixte, où la croix ansée se greffe sur le cône représentatif de la déesse Tanit « Celle qui donne la vie » (fig. 3G).

Les Grecs l'ont anthropomorphisée pour l'amener à reproduire les traits de leurs déesses de la vie, Aphrodite, Harmonia, l'Artémis d'Ephèse, etc. 'fig. .'H;.

i. a) Sur une monnaie de Paphos, Corpus inscripl. semitic. vol. 1. fasc. 1. p. 0. — h) sur une monnaie de Cartilage, BArici..A.Y V. IIead. Coins in the British Museiun, pi. XXXV, n° 3S. — c et d) sur des intailles de Sardaigne. J. Mexa.nt, Pierres gravées de la Haute-Asie, vol. II, pp. 25G et 258.

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