‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 41 sur 132 · Lenobmant, Gazette archéologique, 1876, p · texte numérisé non relu

Lenobmant, Gazette archéologique, 1876, p

Chez les Gaulois, le T devint l'image du marteau de Thor' qui passait non seulement pour un engin foudroyant, mais encore, à l'instar de l'orage, pour un instrument de vie et de fécondité. Il est à remarquer que, chez les Egyptiens eux-mêmes, le

maillet à deux têtes *j est devenu dans les hiéroglyphes une

croix latine "f avec la signification de broyeur, vengeur'.

Les chrétiens, de leur côté, ont rapproché la clef de vie de leur c/irisme, et on a trouvé en Egypte toute une série de signes qui marquent le passage de la croix ansée ou potencée au monogramme du Christ (fig. 38).

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Fiff. 38-.

La croix ansée, ou un signe approchant, s'est aussi rencontrée dans rinde (fig. 39) et en Amérique, où on l'a trouvée gravée

Fig. 39*.

sur des monuments dans les ruines de Palenqué, ainsi que sur de nombreuses poteries recueillies dans les mouncls. — Toutefois nous ignorons absolument la signification symbolique qu'elle comportait dans cette partie du Nouveau Monde. Sur un manuscrit maya, deux personnages .semblent en adorât on devant un arbre qui alFecte la forme T- -^ ^^ jonction des branches, de

]. P. DicciiAUMn. Mi/lhnloyle de lu Grèce nnliqiie, fig. 145.

■2. Li-tho.nm:, La croi.T ansée a-l-elle élé employée pour exprimer le monogramme du Christ? clans les Mémoires de i Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. XVI, pi. I, fig. 47, 48, 49.

3. De IIari.ez. Le culte de la. croix avant le christianisme clans \sl Science catholique du Jo février 1890, p. 1G3.

4. Sur un lingot d'argent. Edw. B. Thom.\s, dans la Xumismatic Chronwle vol. IV new ser. pi. XI).

7^ ARClIKOLOGli: KT llISIOinK llKl.Klli: ISK S

même que sur la croix de Palenqué, se trouve perché un perroquet (le dieu Quetzacoatl ?) (fig. 40).

Croix gammée ou gammadion. — La croix flammée a été

Fig. 40'.

ainsi appelée parce qu'elle peut se décomposer en quatre gammas, soudés à ang^le droit par le pied ((12^. 41).

Malgré sa complication apparente, c'est, après la croix équilatérale, la forme de croix qui a été la plus répandue dans toute

Fig. 41.

Fantiquité. On l'a rencontrée sur les objets en terre cuite d'IIissarlik à partir de la seconde cité ou cité brûlée. Dans la Grèce propre et les îles de FArchipel, elle apparaît d'abord sur les poteries à décor géométrique qui forment la seconde période de la céramique grecque. Elle abonde sur les vases archaïques de Chypre, de Rhodes et d'Athènes. Sur un vase d'Athènes, elle apparaît, dans une scène de funérailles, trois fois répétée devant le char funèbre. Sur un vase de Théra, elle accompagne Fimage de FArtémis persique. Ailleurs elle décore la vulva d'une déesse asiatique. Sur un vase actuellement à Vienne, elle orne la poitrine

1. Third Reporl of Ihe Bureau of Ethnology. Washington, 1882. p. 3i.

AlICIIKOLDr.IK 1)K LA CIîDIX 73

d'un Apollon debout sur son quadrige ' . — Klle devint un symbole favori dans le monnayage et passa avec les autres symboles monétaires des Grecs dans la numismatique de tous les peuples méditerranéens.

On trouve cette croix gravée sur les urnes funéraires en forme de cabane, exhumées des terramares dans le nord de l'Italie. Elle apparaît également sur les bijoux et les armes des peuplades non seulement gauloises, mais encore germaines et Scandinaves-. Associée à la rouelle et au foudre, elle orne des autels votifs de Fépoque gallo-romaine, depuis l'Aquitaine jusqu'à la Grande-Bretagne. — Au Caucase, on Fa observée sur des armes et des bijoux qui remontent à Tâgedu bronze. En Lycaonie elle décore, sur un monument hettéen, la bordure de la robe d'un personnage qui offre un sacrifice^.

Dans rinde, où elle porte le nom de swastika (de : su bien et asii^ « il est » ) quand les branches se recourbent vers la droite

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p-j^j et de sauvastika, quand elles se recourbent dans l'autre

sens j — 1 1— j] , elle se rencontre déjà sur les lingots d'argent en

forme de dominos qui ont précédé l'usage de la monnaie, ensuite sur les monnaies elle-mèmes. Les Bouddhistes en firent grand usagre. On la trouve notamment, avec d'autres svmboles, sur la représentation classique des Bouddhapada, ou empreinte des pieds du Bouddha^ parmi les bas-reliefs du célèbre 5/0 ///)a d'Amaravati. Elle passa, sans doute avec le bouddhisme dans l'iconographie de la Chine et du Japon, où elle occupe une place proéminente sur le piédestal des statues bouddhiques ; même parfois elle orne la poitrine du Bouddha et des Bodhisattvas.

1. Cf. GoDLKT dAi.viella, Lii Migration des Symboles, Paris, iSOI. p\. I. — M. Alexandre Bertrand avait t^ardé quelques doutes sur ce vase, daprès la description que j'en avais donnée: mais il en a depuis reconnu lauthenticitr-. Alex. Bertrand, !m Religion des Gaulois, p. 171, note.

:2. On lui a donné dans le nord le nom de fylfot << beaucoup de pieds; » mais l'assimilation des deux symboles est assez incertaine.

3. Perrot et Chipiez, L'Art dans Vantiquité, t. l^'. fifi', 334.

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