De Coronn, cha]). m
qu'à en marquer les bestiaux p<jur les protéger de la peste. ' « La croix, écrit un archéolog'ue catholique, P. Didron, est plus (ju'une ligure du Christ ; elle est, en iconographie, le Christ lui-même ou son symbole. Aussi lui a-t-on créé une légende comme à un être vivant ; aussi en a-t-on fait le héros d'une épopée, qui est en germe dans les apocryphes, ({ui se déroule dans la légende dorée, qui se détaille et se complète dans les œuvres de la sculpture et de la peinture depuis le xiv^ jusqu'au xvi^ siècle -. » 11 y a là une allusion au célèbre poème mystique de Jacques de \ oragine (xiii*^ siècle). Le célèbre mystique de Voraggio y raconte comment, après la mort d'Adam, Seth planta sur sa tombe un rameau détaché de l'arbre de vie. Le rejeton ayant grandi, Moïse y cueillit sa baguette magique. Salomon y prit les bois de son temple. Enfin les bourreaux de Jésus v taillèrent l'instrument de la cruciiixion. Cette croix, enfouie sur le Golgotha, fut déterrée au temps de l'Impératrice Hélène, et l'Eglise en commémora la découverte en instituant, le 3 mai, la fête annuelle de l'Invention de la Croix. Enlevée par Chosroës, elle fut miraculeusement récupérée par Heraclius quatorze ans plus tard ; ce que l'Eglise consacra par l'institution d'une nouvelle fête annuelle, au 14 mai : V Exaltation de la Croix. Perdue de nouveem après l'invasion musulmane, elle reparaîtra finalement dans le ciel à la fin du monde.
La sainte Croix eut ses églises spéciales, comme elle avait ses fêtes ; de nombreuses villes furent même nommées en son honneur. Aussi les auteurs catholiques reconnaissent-ils qu'elle est devenue l'objet d'un véritable culte. « On a rendu à la croix, écrit encore Didron, un culte semblable sinon égal à celui du Christ ; on adore ce bois sacré presque à l'égal de Dieu lui-même. >• De nombreuses églises possèdent parmi leurs reliques miraculeuses des prétendus fragments de la croix. Une légende, pour en expliquer le nombre, rapporte que ces fragments avaient le privilège miraculeux non seulement de guérir les maladies, mais encore de se reproduire et de se multiplier indéfiniment !
Particularité assez étrange, les premiers chrétiens, malgré l'importance qu'ils attachaient à la croix, s'abstenaient de la rej)ro-