LE PEIGNE LITURGIQUE DE SAINT LOUP
Parmi les curiosités archéologiques réunies au Petit Palais pendant l'Exposition universelle de Paris, en 1900, se tl'ouve un objet dont on a souvent l'ail mention dans les recueils spéciaux, mais dont, à nui connaissance, on n"a pas essayé d'interpréter la décoration : c'est le jjeigne liturgique dit de saint Loup, bel ivoire travaillé qui figure dans le trésor de l'église métropolitaine de Sens. J'en donne, ci-contre, un fac-similé, d'après une photographie mise obligeamment à ma disposition et appartenant à hi Direction des monuments historiques de France (fig. 4ii).
Des peignes liturgiques.
L'emploi liturgique des peignes remonte vraisemblablement à l'antiquité gréco-romaine, bien qu'il n'y ait pas assumé le caractère d'un rite proprement dit. Chez les Chaldéens, les prêtres avaient la tête rasée. Il en était de même dans l'ancienne Egypte, sauf que, parfois, ils y portaient perruque. Chez les Juifs, ils gardaient la tête couverte. Le peigne, dans ces divers cas, n'était pas indispensable. Mais en Grèce, où, comme nous l'apprend Porphyre-, la propreté la plus minutieuse était exigée du sacrificateur, ils conservaient les cheveux longs et sacrifiaient la tête découverte; ce qui leur imposait de soigner régulièrement leur chevelure. L'idée qu'il fallait paraître devant la Divinité dans
1. Bull, de rAc.id. roy. de Belgique Classe des Ictlres, elc.), n"' 9-10, pp. 707- 735, 1900.