‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 48 sur 132 · LE PEIGNE LITL'HGIQLE DE SAINT LOUP · texte numérisé non relu

LE PEIGNE LITL'HGIQLE DE SAINT LOUP

Viollet-le-Duc, de son côté, suggère que les peignes liturgiques étaient surtout destinés à faciliter la l)esogne des ciseaux qui entretenaient la tonsure. Les écrivains qui font autorité en la matière n'ont aucune difficulté à établir que le but de ces ustensiles était, en premier ordre, de mettre l'ofïiciant dans un état convenable pour célébrer l'office. On trouve, à cet égard, dans le glossaire de Du Gange, un texte décisif. Le Pontifical romain, adopté à l'Eglise épiscopale de Mende, fait même mention d'un peignoir [tobalea), qu'on jetait sur les épaules de l'évèque pendant qu'on le peignait avant la messe-. L'usage, d'ailleurs, s'est maintenu dans l'Eglise orthodoxe grecque où, paraît-il, les peignes, après avoir servi, restent déposés sur l'auteP. Au sein de l'Eglise romaine, il disparut vers le xv^ siècle ; il n'y figure plus que dans l'ordination des évêques.

Les peignes ou démêloirs liturgiques sont, en général, doubles, c'est-à-dire formés de deux rangées de dents opposées, l'une plus fine et plus serrée. Quelques-uns, cependant, n'ont que la rangée de dents fines. Ces deux types — le peigne à deux fins et le peigne en forme d'étrdle — remontent fort haut dans l'histoire de la toilette, car on les trouve déjà simultanément en usage aux temps préhistoriques, et ce parallélisme se maintient à travers les âges, chez les Egyptiens, les Babyloniens, les Grecs, les Romains, les Gaulois et les Francs*. Dès l'époque mycénienne, — peut-être même auparavant, — l'espace libre entre les deux rangées de dents se couvre d'images et d'ornements, dont quelques-uns ont incontestablement une signification symbolique et même religieuse. Cette décoration s'est simplifiée, depuis que le peigne a cessé d'être un objet de luxe; mais la forme est restée à peu près immuable jusqu'à nos jours, là même où le celluloïd a remplacé l'ivoire, la corne, lécaille et le bois.

Les sujets qui décorent les peignes liturgiques sont générale-

1. Peclcn iiilcp niinistcria sacra reccnscLur, quod scilicet sacerdoles ac clorici, aiitequam iii ccclesiam procédèrent, crincs peclcrent. (ilossarium Lalinihitis, t. y, au mot Peclen.

2. DoM Claude Veut, cité par M. le chanoine Dubois, loc. cil., pp. lO'J-110.

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