A'oir Chalo.n, loc. cit., p
4. Le Musée du Cinquantenaire à Bruxelles renferme quelques intcresssants spécimens de peignes recueillis en Egypte, dans la nécropole préhistorique de Negada et dans les tombes franqucs de Belgique.
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ment — quoique pas invariablement — empruntés à l'art religieux : ce sont, par exemple, sur un peigne du Musée de Cologne, un épisode dt^ la crucifixion: sur le peigne de Malonne, un personnage velu à la mode sassanide entre deux tiges de haoma : sur un peigne trouvé à Mettet, près de Nancy, David et Goliath; sur un peigne du Musée de Cluny, l'Annoncialion ; ailleurs encore. l'Adorai ion des Mages, etc. Sur un peigne copte que
Fig. 4}. — Cylindre chaldicn archaïque.
(J. Menant, Catalogue do In collection de Clercq. t. I. pi. II. Wg:. 15.)
M. Forrer a découvert en Egypte, à Achmim-Panopolis, et qu'il croit du v^ sièle après J.-C, Daniel est représenté debout entre deux lions ^
Le peigne de Sens.
La décoration du peigne de Sens est plus complexe. Mais il .suffit d'un coup d'œil pour y reconnaître, à la place d'honneur, notre vieille connaissance : l'arbre sacré de la Mésopotamie entre deux lions affrontés (iig. 44).
Je ne crois pas devoir revenir sur la question de filiation, après la communication que j'ai eu l'honneur de faire à l'Académie royale de Belgique, il y a une dizaine d'années, concernant les Arbres paradisiaques des Sémites et des Aryas-. J'y ai montré comment ce thème symbolique avait passé des Chaldéens, d'une part, aux
1. Die Fruhchrisllichen Altert humer ans dem Graberfelde von Achmim-Panopolis. Strasbourg, 1S93, pi. XII, fig. 1.
2. Lecture faite à la séance publique de la Classe des lettres, le 7 mai 1890. Bull. Je l'Acad. roy. de Belgique. 3» scr., t. XIX, p. 633.
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Perses, aux Hindous, aux Arabes; d'autre part, aux Phéniciens, aux Grecs, aux Latins et aux Gaulois. Dans sa minoration vers l'Occident, sa forme primiliw s'altéra de plus en plus, jusqu'au jour où une nouvelle infiltration d'art oriental lui restitua, en l'Airope. sa physionomie originaire et, en quelque sorte, canonique. A la suite de Charles Lenormant, j'avais attribué cette infiltration aux étoffes et bijoux, que les croisades — peut-être
Fig-. i'ô. — Bas-relief de Cividale'.
même, plutôt, les relations commerciales avec le Levant — avaient répandus dans toute l'Europe chrétienne. Une étude plus développée des sources vint quelque peu modifier mon opinion, et dans une JVote complémentaire sur le thème symbolique de l arbre sacré, lue à l'Académie en J 892-, je conclus que ce retour à la tradition chaldéenne était l'œuvre d'artistes byzantins qui, après avoir eux-mêmes puisé leurs inspirations dans la Perse du temps, vinrent, du vu'' au ix^ siècle, donner une impulsion nouvelle aux arts décoratifs de l'Occident. C'est ce courant que M. Albert Marignan, dans une récente étude publiée par la Bévue de Belgique, qualifie de gréco-oriental, en opposition avec le courant gréco-occidental directement issu de l'art galloromain ' .
L'arbre sacré du peigne de Sens conflrme absolument cette thèse. 11 se dresse sous une arcade décorée de rinceaux qui ont
1. R. Cattaneo, L'arcliifecliire en Italie, trad. de M. Le Monnier. Venise, 1891, fig. 30. Ce bas-iclier est daté pur rinscription du Baptistère : IIoc Tibi Restituit Sicuald Baplistn Joliannes. Le patriarche Siguald occupa le siège d'Aquilée de 7Gi à 7G6.
2. Bull, de VAcnd. roi]. BeUfique. 3* sér., t. XXH'. pp. 300 et suiv.