‹ Croyances, rites, institutionsChapitre 55 sur 132 · LK PEIGNE LITURGIQUE DE SAINT LOUP · texte numérisé non relu

LK PEIGNE LITURGIQUE DE SAINT LOUP

C'est bien là le signe par excellence de la « dame de Tarbre de vie, ))ou plutôt des héritières et des parentes de la « mère primordiale, » que les populations de la Mésopotamie et de l'Asie Mineure imploraient pour obtenir « le salut et la vie L »

En troisième lieu, le signe S s'observe sur des monuments funéraires, et l'on ne peut s'en étonner, quand on réfléchit (pie l'eau a toujours été mise en rapport avec les idées non seulement de fécondité et de vie terrestre, mais encore de renaissance et de vie future.

Le baptême, comme l'orage, est une régénération. Dans l'idéal chrétien des premiers siècles, l'image du bonheur posthume s'associe à l'idée d'eaux pures et rafraîchissantes. « Réfrigéra (pour refri- (jeris) cum spiritis, » dit une épitaphe des catacombes, précédée d'un chrisme où une des barres transversales prend la forme d'une spirale double ^ — Da refrigerium, — Ibi Deus refrigerit, — Anima du lois in refrigerio, — (( Rafraîchis-toi bien, » s-j p£©p',y£p'. sont, du reste, des formules qui abondent dans la naïve épigraphie de la Rome souterraine.

Il n'est donc pas étonnant que l'introduction de la religion nouvelle ait laissé au signe en S son ancienne valeur symbolique, surtout dans une région où il était aussi répandu qu'en Gaule. Y jouitil, comme le soutient Flouest, d'une faveur suffisante pour marcher de pair, pendant quelque temps, avec la croix du Christ^ ? C'est évidemment de l'exagération. Néanmoins, ce qui est certain, c'est qu'il se maintint sur des lampes, des bijoux, des pierres tombales, à côté d'images chrétiennes et même de symboles eucharistiques. Dans un médaillon en or, de style byzantin, trouvé à Konieh, l'ancien Iconium, il alterne douze fois avec les bustes nimbés de la Vierge et des Apôtres ; tandis qu'au sommet l'image du Christ se montre entre deux triscèles dont la parenté avec la double spirale ne peut être révoquée en doute *. Il est possible qu'à l'instar du triscèle et de la croix gammée, il ait fini par perdre sa signification spéciale, pour garder simplement un caractère de talisman et d'amulette ; mais ici, sur le peigne de saint Loup, — comme antérieurement sur l'urne funéraire de Gorneto

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