XIV PRÉFACE
les peuples, paraissent en donner Timap^e la plus fidèle, même dans le domaine des croyances relii^ienses'. Bien plus, voici deux professeurs du grand séminaire de Meaux, MM. les abbés A. Bros el Ci. lïabert, qui, le premier dans une œuvre des plus impartiales et des plus solides, La Religion des peuples non civilisés (Paris, 1907); le second dans une préface écrite pour ce volume; tous deux, en collaboration, dans un article ultérieur des Annales de la philosophie chrétienne (août 1909), soutiennent à leur tour — toutes réserves faites en ce qui concerne la religion juive — que les traces de la croyance à un Dieu suprême, relevées chez des non-civilisés, ne représentent nullement le legs d'un monothéisme antérieur ; que les peuples civilisés ont passé par une mentalité religieuse assez voisine de celle observée partout chez les noncivilisés et que, selon toute apparence, les religions dont les commencements ont devancé Thistoire. ont débuté par une forme de culte analogue à Tanimisme.
Sans doute la plupart des écrivains orthodoxes persistent à croire qu'on peut retrouver parmi les croyances des non civilisés les traces plus ou moins obscurcies d'une Révélalion primitive. Mais un nombre croissant partage Topinion de M. Tabbé Prat, également admise naguère par feu Mgr de Mariez, que cette Révélation primitive a pu être oblitérée au point de n'avoir laissé aucune trace visible en dehors du peuple élu-. Le Père Lagrange, décrivant les croyances des peuples israélites voisins des Hébreux, déclare
1. A. Lr UoY. Ueligion des primitifs, Paris, 1909. pp. 4:2-18. — P. \\'. Schmidt. Oricfine de l'Idée de Dieu dans Anlliiopos. t. III, 19U8. — II. Pinaiu), op. cil.. l'JÛ9. — P.viL PiEiTr-H. Inlrodiiclion à l histoire comparée des Religions, Luxembourg-, 1910. — J. BuicoiT. Oii en est Utistoire des Religions ? dans la Revue du Clergé franç.iis, 1910. etc.
2. R. P. Pr.\t. Science de la Religion et Science du langage. Paris, p. 26